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L’Iran confirme la mort de son chef sécuritaire Ali Larijani

Par Defimedia.info
Publié le: 18 mars 2026 à 04:20
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Ali Larijani
Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a confirmé l’assassinat d’Ali Larijani.

Dans une déclaration relayée par l’agence semi-officielle Mehr, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a confirmé l’assassinat d’Ali Larijani, après qu’Israël a affirmé plus tôt dans la journée l’avoir tué lors de frappes ciblées.

« Après une vie entière consacrée à l’élévation de l’Iran et de la Révolution islamique, il a finalement atteint son vœu le plus cher, répondu à l’appel de la vérité et accédé avec fierté au rang béni du martyre sur le front du service », indique le communiqué relayé par Mehr.

-    La mort de Larijani referme une possible voie de négociation

Ali Larijani n’était pas un responsable politique ordinaire.

Il fait partie de ces figures qui ont traversé toutes les strates du pouvoir iranien : combattant sur les fronts, chef de la télévision d’État, puis président du Parlement iranien. Il était à la fois très influent et proche du sommet de l’État.

Pour beaucoup, il incarnait l’un des éléments d’équilibre au sein de l’establishment iranien.

C’est pourquoi ces assassinats suscitent tant d’interrogations : ils éliminent des personnalités chevronnées, capables de jouer un rôle stabilisateur et, peut-être, d’ouvrir à l’avenir des perspectives de négociation.

De nombreux observateurs se demandent désormais si Israël ne cherche pas à remplacer la chaîne actuelle du pouvoir par une structure de commandement plus dure, potentiellement plus encline à prolonger la guerre.

-    Ali Larijani en bref

Pendant des décennies, Ali Larijani a incarné le visage calme et pragmatique du régime iranien. Il avait notamment écrit des ouvrages sur le philosophe allemand du XVIIIe siècle Immanuel Kant et participé à des négociations nucléaires avec l’Occident.

Né le 3 juin 1958 à Najaf, en Irak, dans une famille aisée originaire d’Amol, il appartenait à une dynastie si influente que le magazine Time l’avait qualifiée en 2009 de « Kennedy de l’Iran ».

Après la révolution de 1979, il rejoint le Corps des gardiens de la révolution islamique avant d’entrer au gouvernement. Il y occupera plusieurs fonctions majeures : ministre de la Culture, directeur de l’audiovisuel public, puis président du Parlement durant trois mandats consécutifs, jouant un rôle important dans l’orientation de la politique intérieure et étrangère du pays.

Malgré la ligne dure qu’il avait adoptée depuis sa reconduction, en 2025, au poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Larijani restait souvent perçu comme un pragmatique, voire comme l’un des hommes du système susceptibles d’accepter un compromis.

-    « Source d’éveil national »

Le Corps des gardiens de la révolution islamique a réagi à la confirmation de l’assassinat d’Ali Larijani.

Dans une déclaration publiée par l’agence Tasnim, il a présenté Larijani comme une « figure distinguée, un penseur et un homme politique révolutionnaire ». Le texte souligne également que « le sang pur de ce grand martyr, comme celui des autres chers martyrs, sera une source d’honneur, de force et d’éveil national ».

Le CGRI a ajouté qu’il « n’oubliera certainement pas la soif de sang manifestée à l’égard de ce grand martyr et des autres martyrs ».

-    Une élimination inscrite dans l’objectif israélien de changement de régime

Israël décrit cette opération comme l’une des frappes les plus importantes de la guerre.

Jusqu’à présent, deux des figures les plus puissantes du régime iranien ont été tuées. Cette séquence intervient après la mort du guide suprême Ali Khamenei dès le premier jour du conflit, le 28 février.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, affirme qu’il s’agit d’une campagne continue visant à décapiter la direction iranienne et à déstabiliser le régime.

Benjamin Netanyahu a, de son côté, diffusé une vidéo dans laquelle il présente Larijani comme le chef d’une « bande de gangsters » dirigeant l’Iran.

L’armée israélienne a également expliqué que la mort de Gholamreza Soleimani s’inscrivait en partie dans cette logique, en raison de son rôle présumé dans la répression des manifestants en Iran en janvier dernier. Selon elle, cette opération fait donc partie d’une campagne plus large destinée à affaiblir les centres de pouvoir iraniens.

Comme l’a aussi affirmé Netanyahu, l’objectif serait de donner aux Iraniens l’occasion de se soulever contre le régime.

Autrement dit, cette stratégie s’inscrit, selon les déclarations israéliennes, dans une logique assumée de changement de régime en Iran.

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