L'Iran attaque Israël pour la première fois depuis la trêve au Moyen-Orient
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Defimedia.info
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L'Iran a tiré dimanche plusieurs missiles contre Israël, qui dit les avoir interceptés, rompant un cessez-le-feu déjà très fragilisé après 100 jours de guerre au Moyen-Orient.
Israël menace lundi de riposter à ces tirs présentés par Téhéran comme des représailles aux bombardements israéliens sur la banlieue de Beyrouth.
Mais le président américain Donald Trump a dit vouloir convaincre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avec qui il devait s'entretenir de manière imminente, de ne pas riposter pour ne pas mettre en péril toute signature d'un accord définitif avec Téhéran, d'après le média Axios.
"L'armée de l'air a jusqu'à présent intercepté l'ensemble des missiles tirés depuis l'Iran", selon un communiqué militaire israélien après deux vagues de missiles tirés en direction d'Israël.
Les sirènes d'alerte ont retenti dans de vastes pans du nord d'Israël, selon l'armée.
Les hostilités ont par ailleurs continué sur l'autre front du conflit, au Liban, d'où ont été tirés dimanche des projectiles vers Israël, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur, provoquant une riposte israélienne qui a frappé dimanche le sud de Beyrouth, faisant deux morts et 20 blessés.
Alors que les Etats-Unis s'efforcent de dissocier les deux fronts, pour l'Iran, ils sont de fait indissociables.
L'Iran a d'ailleurs averti dimanche que ses tirs de missiles sur Israël étaient un "avertissement" en représailles au bombardement israélien de la banlieue sud de Beyrouth, prévenant que toute nouvelle agression ferait l'objet d'une "riposte plus forte".
"Le régime terroriste iranien a commis une grave erreur en choisissant une nouvelle fois la voie du terrorisme", a répliqué le général de brigade Effie Defrin, le porte-parole de l'armée israélienne, lors d'une courte allocution télévisée.
Trump appelle Netanyahu
C'est la première fois que l'Iran tire des missiles contre Israël depuis le cessez-le-feu du 8 avril. Mais les négociations entre Washington et Téhéran n'ont depuis pas abouti et les deux pays se sont déjà attaqués mutuellement plusieurs fois ces derniers jours, sans issue en vue pour une guerre qui en 100 jours a embrasé le Moyen-Orient et fait vaciller l'économie mondiale.
"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il affirmé selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.
Israël a annoncé la fermeture de toutes les écoles dans le pays, tandis que l'Irak a fait état dimanche soir de la fermeture temporaire de son espace aérien, tout comme la Syrie partiellement.
L'Iran a également fermé dimanche soir jusqu'à nouvel ordre son espace aérien dans la partie ouest du pays. Les vols à l'aéroport Imam Khomeini de Téhéran, l'un des deux principaux de la capitale, ont été suspendus jusqu'à nouvel ordre, a rapporté dimanche soir l'agence iranienne Mehr.
Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".
"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.
Selon lui, M. Trump lui a dit n'être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.
"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a toutefois déclaré dimanche soir son porte-parole.
"Cibles légitimes"
Auparavant, l'Iran avait menacé de s'en prendre aux intérêts américains et israéliens au Moyen-Orient après cette frappe israélienne sur Beyrouth, éloignant un peu plus un éventuel accord pour mettre fin à cette guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines.
"Le blocus naval imposé à l'Iran et le feu vert donné aujourd'hui par les Etats-Unis au régime sioniste" font des intérêts américains et israéliens "dans la région des cibles légitimes", a averti sur X le négociateur en chef de l'Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Malgré ces développements, les tentatives de médiation se poursuivent.
Selon la télévision d'Etat, le ministre de l'Intérieur, Mohsin Naqvi est à Téhéran porteur d'une "lettre spéciale" adressée au guide suprême Mojtaba Khamenei qui contient "un message très important", a-t-il souligné sans en dévoiler le contenu.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est entretenu sur les "derniers développements" au Moyen-Orient avec ses homologues du Royaume-Uni, de Turquie ainsi que le médiateur pakistanais, selon son ministère.
A Téhéran, l'incertitude et le marasme économique pèsent sur les habitants.
"J'ai l'impression que cette situation va perdurer pour un moment - une sorte d'état suspendu, où les uns tirent des missiles, les autres lancent des drones, et je doute que tout cela aboutisse à une véritable stabilité", confie à l'AFP Farhad, chef cuisinier de 35 ans.
"Chirurgicales"
Dans ce contexte, Donald Trump a plaidé, à l'adresse de son allié israélien, pour des frappes plus "chirurgicales" contre le Hezbollah, tout en réitérant qu'il n'exige pas que le Liban fasse partie d'un accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran.
Les points d'achoppement restent nombreux en vue d'un possible compromis, que ce soit le Liban mais aussi le contrôle du détroit d'Ormuz, la question du programme nucléaire iranien et son stock d'uranium hautement enrichi ainsi que le sort des avoirs iraniens gelés à l'étranger sous l'effet des sanctions.
AFP