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L’Immigration serre la vis aux clandestins

Photo d'illustration

En général, les services de l’Immigration (Passport and Immigration Office) sont plutôt flexibles envers les clandestins. Ces derniers disposent d’un mois additionnel à l’expiration de leur permis de séjour pour se livrer aux autorités. Mais ils envisagent de renforcer la surveillance après les soupçons de complicité qui pèsent sur trois Malgaches dans le meurtre d’un habitant de Vallée-des Prêtres.

Trois clandestins malgaches sont provisoirement impliqués dans le meurtre du volailler Swaley Futta, survenu samedi dernier à Vallée-des-Prêtres. Ces derniers, qui vivent clandestinement dans le pays depuis plusieurs mois, travaillaient au noir dans une compagnie basée dans l’Ouest. Des démarches avaient été engagées par leur employeur pour qu’ils puissent bénéficier d’un permis de travail en bonne et due forme.

L’assassinat de Swaley Futta lève toutefois le voile sur les sans-papiers qui vivent à Maurice. Ces derniers seraient plus de 500. Ils sont principalement Bangladais, Indiens, Malgaches, Nigérians et Européens et parviennent à dérouter les autorités. Pour survivre, ils collectionnent des petits boulots et sont souvent rémunérés sur une base journalière.

Un délai d’un mois pour se rendre

Un officier du PIO explique, sous le couvert de l’anonymat, que le département ‘Visitors’ et les services de l’immigration de l’aéroport de Plaisance disposent d’un système permettant d’identifier les étrangers qui séjournent à Maurice après l’expiration de leurs permis et autres visas. Mais, dans la pratique, poursuit notre interlocuteur, les services de l’immigration sont plutôt flexibles concernant l’obligation aux clandestins de se rendre. « La traque des clandestins débute officiellement au lendemain de l’expiration des permis. Mais un mois additionnel est accordé aux sans-papiers. La majorité des ressortissants étrangers font fi de ce privilège. Ils préfèrent être des sans-papiers au lieu de se rendre aux autorités », explique notre interlocuteur.

Clandestins depuis une quinzaine d’années

Si certains étrangers vivent clandestinement à Maurice pendant plusieurs mois, d’autres y passent plusieurs années avant d’être rapatriés. Selon des renseignements, une trentaine de ressortissants étrangers vivent clandestinement à Maurice depuis une dizaine d’années. La traque des sans-papiers se fait, dans certains cas, avec le concours du service des renseignements de la police, mais généralement en sollicitant les employeurs et autres recruteurs. « Dans certains cas, nous menons des opérations visant à infiltrer l’entourage des clandestins », souligne notre source.

Le PIO, « la seule autorité compétente »

La cellule de communication du ministère de l’Emploi explique qu’il est du devoir des services de l’immigration de suivre le dossier des sans-papiers et d’initier les opérations nécessaires en vue de traquer les clandestins. « Le ministère tient un registre contenant le nombre de permis octroyés ainsi que l’identité des détenteurs. Mais la tâche du ministère prend fin lorsque le ‘Work Permit’ est délivré aux travailleurs étrangers. C’est tout ! Lorsqu’un étranger devient clandestin, il est du devoir du PIO d’assumer son rôle, car c’est la seule autorité compétente », fait-on ressortir au ministère du Travail.

L’assistant-surintendant de police Manoj Luchan, qui dirige le Passport and Imigration Office, fait, pour sa part, ressortir que des opérations sont en cours pour retracer les clandestins. « Les opérations sont effectuées sur une base quotidienne et par toutes les unités de la force policière sur ordre du Commissaire de police », explique le responsable du PIO. Ce dernier, qui n’a pas souhaité commenter les propos du ministère du Travail, soutient néanmoins que « le dossier de la clandestinité à Maurice est pris au sérieux par le PIO. »

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