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Ligue des champions: le Bayern tenu en échec par la Juve

Lessivée pendant une heure sur son propre terrain par la force collective et le pressing du Bayern Munich, la Juventus Turin a fait preuve mardi d'un courage immense pour revenir de 2-0 à 2-2 et laisser indécis le 8e de finale de Ligue des champions entre les deux équipes. Le match retour n'est programmé que le 16 mars, mais il fait déjà saliver tant la première manche mardi à Turin a été riche, en suspense, en qualité, en ambiance, en innovations tactiques. Un grand spectacle. On pensait que cette Juventus, assise sur sa formidable série italienne de 15 victoires et un nul, pouvait vraiment embêter le Bayern, plus fort sans doute, mais pas toujours souverain à l'extérieur et handicapé par beaucoup d'absences derrière. C'est arrivé, mais il a fallu attendre une bonne heure et le but de Dybala (63e), servi par Mandzukic après une erreur de Kimmich, qui ramenait la Juve à 2-1. Les bianconeri ont alors eu des occasions, leur magnifique stade a poussé fort et le Bayern a enfin reculé. Neuer a dévié sans ciller une frappe de Cuadrado (67e), Pogba a frappé au-dessus (68e), puis Sturaro a trouvé la faille, au bout d'une belle action initiée par Mandzukic et relayée par Morata (75e). La Juve n'était donc pas morte. Seulement bien étourdie par la première heure infernale imposée par le Bayern. La première période a ainsi été un long calvaire passé en apnée pour les vice-champions d'Europe, compressés par l'extraordinaire bloc allemand. Confronté aux absences de Boateng, Badstuber et Javi Martinez en défense, Pep Guardiola a innové, faisant reculer Vidal au sein d'une défense à trois en assise d'un système tactique en perpétuel mouvement. On dira 3-3-4 ou 3-2-3-2, s'il faut dire quelque chose. Mais le Bayern était surtout très, très haut. Tellement haut que quand Vidal, Kimmich ou Alaba était en position de dernier défenseur, il était aussi souvent en bonne position pour frapper. Face à ce mur installé profondément dans son camp, chaque relance a alors été pour la Juventus un cauchemar, d'une infinie complexité, la plupart d'entre-elles se limitant de toutes façons à un dégagement, faute de mieux. La Juve a en plus eu le tort de remarquablement mal tirer les coups de pieds arrêtés, rares munitions face à une équipe privée de la  plupart de ses grands gabarits et haute comme trois pommes. Buffon a d'abord sauvé les meubles, en repoussant des tentatives de Vidal (4e) et Bernat (21e) et surtout en profitant d'un invraisemblable raté de Müller à trois mètres du but (14e). Mais juste avant la pause, il a dû céder. L'affaire a commencé à droite avec Robben, s'est poursuivie à gauche avec Douglas Costa pour finir plein centre et de près avec Müller (1-0, 43e). L'attaquant allemand marquait sur le coup un but tout à fait à son image: qui n'a l'air de rien mais qui n'a pas de prix. Très vite en seconde période, Robben a lui aussi marqué un but « à la Robben », avec cet enchaînement crochet-frappe enroulée qu'il réussissait déjà il y a 15 ans quand il débutait à Groningue (2-0, 55e). Le Bayern semblait alors déjà quasiment qualifié pour les quarts de finale. Mais la Juventus est un monstre d'orgueil et n'a rien cédé. Les Allemands sont toujours favoris, mais ils savant que pour aller plus loin, il faudra vraiment passer sur le corps des Turinois.
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