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Licenciements à Air Mauritius et Airmate : les administrateurs exemptés de l’obligation de négocier avec les syndicats

Le dialogue entre les administrateurs d’Air Mauritius et les syndicats semble définitivement rompu. Alors qu’un comité avait été créé au ministère du Travail dans une tentative de ramener ces derniers ainsi que Sattar Hajee Abdoula et Arvind Gokool à la table des négociations, voilà qu’il y a un revirement de situation. Le ministre Soodesh Callichurn est venu avec des réglementations sous l’article 72 A(1) de la Workers’ Rights Act 2019 portant sur la réduction de l’effectif. 

Intitulées les « Workers’ Rights (Exempt Employers) Regulations 2020, elles ont été Gazetted le vendredi 29 mai 2020. Le ministre est également venu avec des réglementations sous l’article 106(2) (d) de l’Employment Relations Act, qui ont, elles aussi, été Gazetted vendredi. 

Cela signifie que les employeurs, en l’occurrence Air Mauritius Limited et Airmate Limited, sont exemptés de l’obligation de négocier avec les syndicats avant de procéder à des licenciements. Ce sont les administrateurs de la compagnie nationale d’aviation qui avaient demandé au ministre de les exempter des procédures établies sous l’article 72(A) de la Workers’ RightsAct. 

Reaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs du secteur privé qui représente les employés d’Airmate et les ingénieurs d’Air Mauritius, fait ressortir qu’il n’a eu de cesse de dire, dès le départ, que cette clause de la loi servirait la cause de la compagnie nationale d’aviation. «C’est un Fast Track pour le licenciement. Aucun syndicat au monde ne peut être d’accord avec une telle décision. Car cela implique qu’une personne n’aura pas la liberté de se défendre sous l’article 11 de la Charte internationale des droits humains», souligne-t-il. Il martèle qu’un salarié doit avoir l’occasion de donner sa version des faits.
 
« Ce qui va se passer maintenant, c’est que l’employé ira directement devant le Redundancy Board», ajoute-t-il. Il précise que si l’employé n’est pas d’accord avec son licenciement, il devra alors se tourner vers la cour industrielle. Il dit espérer que le ministère mettra sur pied un Desk où les gens pourront exprimer leurs griefs. 

Jack Bizlall, conseiller de l’intersyndicale de la compagnie aérienne, confirme que les administrateurs n’ont désormais aucune obligation de négocier avec les syndicats dans la prise de décisions. Il explique qu’une lettre avait été envoyée au ministre afin d’entamer des discussions, sauf qu’entre-temps, une plainte a été déposée en Cour et tout s’est arrêté. 

 

 

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