L’Icac à l’œuvre : l’enquête sur les limousines de Sobrinho progresse

Alvaro Sobrinho

Les rumeurs veulent que le milliardaire angolais Alvaro Sobrinho aurait mis des limousines à la disposition des hautes personnalités du pays. Or, lors de son interrogatoire par l’Icac, le « Transport Officer » de Vango Property Ltd affirme qu’elles ont été utilisées uniquement par les directeurs de la compagnie.

Rechercher des preuves que les limousines d’Alvaro Sobrinho auraient été utilisées par de hautes personnalités du pays. C’est le tournant qu’a pris l’enquête de la Commission anti-corruption (Icac) sur l’un des volets de l’affaire Sobrinho. 

Tous les éléments recueillis à ce jour soutiennent le contraire. D’abord, le Transport Officer de Vango Property Ltd a affirmé aux enquêteurs que ces limousines n’ont été utilisées que par les directeurs de la compagnie. Lors de son interrogatoire, il a nié que ces voitures avaient été mises à la disposition des personnalités. Pour essayer de confirmer ses affirmations, l’Icac s’est rendue chez les concessionnaires pour avoir le nom de ceux qui sont venus confier les limousines pour la maintenance.

D’après les registres des vigiles de ces compagnies, ce sont toujours les chauffeurs de Vango Property qui étaient au volant de ces véhicules. Cependant, à l’Icac, on ne compte pas jeter l’éponge. Une nouvelle étape sera franchie à partir de la semaine prochaine, avec une vérification poussée au niveau de la force policière. Les enquêteurs chercheront à savoir si ces voitures ont été impliquées dans des accidents et le nom des personnes qui étaient au volant. De plus, ils entament des démarches pour établir si elles ont été prises en contravention, afin de connaître l’identité des personnes qui les auraient conduites.

Les autorités étrangères

Concernant le volet de blanchiment d’argent, l’Icac attend des données des autorités angolaises et portugaises sur le montant financier investi par Alvaro Sobrinho à Maurice. L’Icac veut établir si c’est de l’argent propre ou toxique. S’il s’avère être de l’argent sale, l’Icac fera une demande pour un Attachment Order en Cour suprême sur tous les biens acquis directement ou indirectement par le milliardaire angolais. Cette opération de saisie des biens donnerait un nouveau tournant à cette enquête. « Cette démarche sur le plan international démontre le professionnalisme avec lequel nous enquêtons dans cette affaire. Nous procédons par étape, avec une stratégie bien précise et non by trial and error », explique un enquêteur.

L’équipe d’enquêteurs travaillant sur le volet investissements épluche, depuis le début de la semaine, tous les documents qu’elle a reçus du Board of Investment. Le but est d’établir si toutes les procédures ont été suivies à la lettre, s’il n’y a pas eu d’irrégularités et particulièrement, si des faveurs n’ont pas été accordées à Alvaro Sobrinho et à ses compagnies. « D’ici la mi-semaine prochaine, nous déciderons de la marche à suivre sur le volet des investissements. Certes, nous convoquerons toutes les personnes liées à ce dossier d’une façon ou d’une autre », indique un enquêteur proche de ce dossier.

L’Icac ne prévoit aucune arrestation dans les semaines à venir, car l’enquête  est toujours dans la phase de recueillement d’informations.