Libération conditionelle : Pravind Jugnauth réclame l’identité des personnes avec lesquelles il ne peut interférer

Par Ledweena Ramasawmy-Mohun
Publié le: 28 janvier 2026 à 11:30
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Pravind Jugnauth en compagnie de l’ex-ministre Deepak Balgobin à sa sortie du tribunal de Pamplemousses.

Une des conditions de sa libération sous caution est qu’il ne peut pas interférer avec des témoins. L’ex-Premier ministre, Pravind Jugnauth, a, le mardi 27 janvier 2026, demandé à la Financial Crimes Commission de lui communiquer l’identité des personnes avec lesquelles il ne peut interférer. C’était au tribunal de Pamplemousses lors de sa comparution. 

Arrêté le 15 février 2025, Pravind Jugnauth, répond d’une accusation provisoire de blanchiment d’argent dans le sillage de la saisie de Rs 114 millions. La Financial Crimes Commission (FCC) l’accuse d’avoir dissimulé, par l’intermédiaire de Josian Laval Deelawon, une importante somme en espèces, en roupies mauriciennes et en devises étrangères, équivalant à Rs 114 millions. 

Lors de l’audience, Me Raouf Gulbul, avocat de l’ancien PM, a expliqué que lors des débats sur la demande de libération de l’ex-Premier ministre en février 2025, la FCC avait indiqué qu’elle est au courant de l’identité des témoins dans cette affaire et qu’elle enregistrera leurs dépositions. 

Me Raouf Gulbul a évoqué que sous la Bail Act et la Financial Crimes Commission (FCC) Act, le non-respect d’une condition de libération sous caution constitue un délit. Pour l’avocat, la FCC a l’obligation d’informer son client de l’identité des personnes avec lesquelles il ne peut interférer. D’autant plus qu’il est une personnalité publique. La position de la FCC est attendue le 26 février 2026. 

D’autre part, Devianee Ramchurn, adjointe mairesse de Vacoas/Phoenix, Josian Laval Deelawon, directeur de My Holiday Ltd, et Chandradeo Oomah, comptable chez My Holiday Ltd, ont aussi comparu dans cette affaire. Ils répondent d’une accusation provisoire de blanchiment d’argent. L’enquête se poursuit et ils doivent à nouveau comparaitre devant le tribunal le 16 juin 2026.

Me Raouf Gulbul : « Nou pa lé fer face à enn danzé ki dimé kapav expoz mo client à enn poursuite » 

À sa sortie du tribunal, Me Raouf Gulbul a expliqué les raisons de sa requête. « Pravind Jugnauth enn public figure, tou les zours dimoun pe vine zoine li, li zoine dimoune, ena enn danzé ki existé. Nou pa lé faire face avec enn danzé ki dimé kapav expoz mo client à enn poursuite (…) », a expliqué l’avocat. Il a maintenu que c’est le droit constitutionnel de Pravind Jugnauth en vertu de l’article 13 de connaitre l’identité des personnes impliquées dans cette affaire avec lesquelles il ne peut interférer. « Dan nu système de droit, li bizin kone ki li bizin fer, ki li bizin pa fer, kisanla li kapav zoine, bizin ena enn certitude lor la, c’est la loi », a évoqué Me Raouf Gulbul. 

Lors de l’intervention de son avocat, Pravind Jugnauth a lancé aux journalistes : « Si FCC interview ou dan mo case, b la nou pe kozé, ki arivé ? Pou ena problem, samem ki nou anvi évite sa problem là ». L’ancien Premier ministre s’est abstenu à faire de commentaire sur la politique suivant une question d’un journaliste : « La nou la cour, pe koz mo kays (…) »

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