Législatives 2019

L’heure est au bilan : zoom sur les circonscriptions Nos. 1 et 2

circonscriptions Nos. 1 et 2

Les invités de l’émission spéciale dédiée aux législatives 2019 étaient Leevy Frivet, Jean Claude Barbier et Dorine Chukowry. Les potentiels candidats de la circonscription No. 1 ont répondu aux questions des auditeurs au micro de Mélanie Valère Cicéron. Dans la deuxième partie de l’émission, c’était au tour de Reza Uteem, Osman Mahomed et Zouberr Joomaye de débattre.

Circonscription No. 1 : Port-Louis/Grande-Rivière-Nord-Ouest

Nombre d’électeurs : 41 536

Jean-Claude Barbier : «Les gens habitent dans des maisons décentes»

Jean-Claude BarbierJean-Claude Barbier : « À Pointe-aux-Sables, nous avons toujours un gros problème de tout-à-l’égout. Idem à Pailles. J’ai travaillé pour qu’il y ait un ‘trunk pipe’ vers Montagne Jacquot. D’autres phases de travaux se poursuivent à Pailles pour que la localité soit connectée au système. J’ai été conseiller municipal et lord-maire. Pendant mon mandat, beaucoup de centres polyvalents ont vu le jour, de même que l’ouverture de la première piscine municipale de Maurice à Les  Salines et une autre à Plaine-Verte. Ce sont les deux seules piscines municipales de Maurice. En 1995, quand je suis arrivé dans cette circonscription, accompagné de James Burty David, il y avait deux ‘longères’, un à Camp-Firinga et un autre à côté de Résidences Richelieu. Nous avons procédé à leurs éliminations. À la place, les gens habitent aujourd’hui dans des maisons décentes, dans un environnement qui a été amélioré en termes de rues et d’éclairage. Il y a même un centre à Résidences La Lumière. Des travaux ont été effectués dans la cour de l’église Saint-Mathieu, du temple marathi à Camp-Benoit, de l’école du gouvernement de Richelieu et j’en passe. Au pont Jonction, la route  a été élargie, l’école maternelle de Camp-Chapelon et le centre polyvalent ont été aménagés. Je ne compte plus les routes et drains qui ont été améliorés. Ajoutons la foire de Pointe-aux-Sables et le boulodrome d’à côté. »


Leevy Frivet : «Les habitants ont payé le prix du désaccord»

Leevy Frivet: « Si vous voulez avoir une idée de la misère dans laquelle vivent des gens, vous n’avez qu’à vous rendre à Richelieu, à Résidences La Lumière, au Débarcadère, à Cassis, à Vallijee. La circonscription No. 1 est un endroit où la misère est palpable, visible, où rien n’a été fait. Je peux vous avancer, preuves à l’appui, qu’il y avait au moins 39 projets annoncés par ce gouvernement pour cette circonscription. L’ancien ministre Alain Wong gardait un œil sur ces projets, mais il y avait un clash entre lui et la Parliamentary Private Secretary (PPS) Marie Claire Monty. J’ai un courriel de Jessica Le Même-Bosquet. Il y a deux mois, elle m’avait téléphoné pour me demander de lui faire parvenir tous les projets bloqués dans la circonscription No. 1. Elle m’a avoué l’impuissance de son ministre face à la PPS Monty. Ces deux-là, je le rappelle, étaient au Parti mauricien social-démocrate (PMSD) avant de rejoindre le MSM. Ce sont les habitants de la circonscription No. 1 qui ont payé le prix du désaccord qui régnait entre eux.


Dorine Chukowry : «Les jeunes ont le soutien du gouvernement»

dorineDorine Chukowry : « Le bilan durant ces cinq dernières années est extraordinaire. Jamais dans la circonscription No. 1, le gouvernement n’a investi autant d’argent. Plus de Rs 1 milliard a été consacré à l’asphaltage des routes. Des terrains de jeu, un ‘bus terminal’ à Résidences Vallijee, une gare d’autobus à Pointe-aux-Sables ont été aménagés. Pour les jeunes, nous avons eu les Jeux des îles que Maurice a remportés pour la première fois. Ce n’est pas un hasard. C’est parce que les jeunes ont le soutien du gouvernement avec les allocations, la formation et l’encadrement nécessaires. »


Projets à venir

Leevy Frivet : J’ai grandi dans une cité et j’ai remarqué que quand il s’agit de développement sportif, de la mise sur pied d’infrastructures, on avance que cela combattra le fléau de la drogue, etc. Moi, je dis que si la personne ne se sent pas bien chez elle, toutes ces choses ne serviront à rien. Je dis aux gens qu’il faut d’abord trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent chez eux.

Les gens cherchent une maison. Nous promettons le zéro dépôt à ceux qui touchent moins de Rs 30 000 ou même Rs 20 000. Comment exiger d’une personne dans une situation précaire un dépôt de Rs 50 000 voire Rs 100 000 ? Nous promettons de construire des maisons pour lesquelles les acheteurs paieront une mensualité abordable. Il y aura de jolis appartements pour les jeunes à Rs 10 000 par mois, sans aucun dépôt.

La National Empowerment Foundation (NEF) n’a même pas construit 100 maisons durant les cinq dernières années.

Est-ce que les projets proposés par l’Alliance nationale correspondent aux attentes des habitants de la circonscription No. 1 ?

Jean-Claude Barbier : Une connexion au système de tout-à-l’égout, l’aménagement de petits terrains de foot synthétique ainsi que de jardins d’enfants. Il y a aussi l’élargissement de la route côtière à Pointe-aux-Sables. Un centre polyvalent aux Guibies. L’ouverture de la route qui passe par le centre Swami Vivekananda. Un terrain de foot à Camp-Benoit. Un centre de jeunesse à Richelieu.

Dorine Chukowry : La NEF construit des maisons au coût de Rs 1 million pour les proposer à Rs 200 000, remboursable sur une période de vingt ans, sinon plus. Les gens au bas de l’échelle ne sont pas négligés. Le salaire minimal va améliorer la qualité de vie. Nous avons aussi d’autres projets en cours.


Circonscription No. 2 : Port-Louis Sud/Port -Louis Central

Nombre d’électeurs : 24 238

Le bilan du MSM

Zouberr Joomaye : « Il y a eu de nombreux travaux »

zouberrAvec le MSM, la circonscription No. 2 a été l’une des circonscriptions les plus dotées en travaux d’infrastructures pendant le mandat de 2014 à 2019. Durant trois ans, la circonscription avait comme députée, Roubina Jadoo-Jaunbocus, qui a aussi été Parliamentary Private Secretary (PPS) de la circonscription et responsable des travaux d’infrastructures. Il y a eu de nombreux travaux qui ont été abattus, notamment la pose de drains dans plusieurs endroits auparavant sinistrés. 

Grâce à ces travaux, plusieurs familles ont été soulagées et leurs maisons ne sont plus inondées. Il faut aussi préciser qu’il y a environ 400 projets qui ont été réalisés par la NDU dans la circonscription No. 2 au coût d’environ Rs 500 millions que le gouvernement a allouées. 

C’est vrai qu’au niveau de l’ingénierie civile, il nous faudra revoir ces projets en détails. Je tiens à souligner que cela ne relève pas entièrement de la faute du gouvernement mais des divers départements qui supervisent les travaux qui sont effectués. 


Reza Uteem : «C’est après une question parlementaire que les travaux ont débuté»

rezaLe rôle de l’opposition est crucial. L’arme de l’opposition est notamment la question parlementaire. Mais en tant que député, le devoir est aussi de contacter et solliciter les responsables des différents ministères en cas de besoin. Je dois souligner que très souvent, lorsque j’ai sollicité les services de la CWA, la municipalité ou encore la Wastewater Management Authority pour les besoins des citadins, ils ont répondu présent dans la majeure partie des cas. Lorsque j’avais posé une question parlementaire à sir Anerood Jugnauth, alors responsable de la NDU, il avait alors fait ressortir qu’il n’y avait pas de développements dans la circonscription No. 2. Ce n’est qu’après cette question que les travaux ont débuté. Par ailleurs, après le cyclone Berguitta de janvier 2018, la rue Ernest-Leblanc a été endommagée. À ce jour, elle n’a toujours pas été réparée, sans compter les rues Desroches et La paix qui sont impraticables. 


Osman Mahomed : «Il y a toujours un manquement»

osmanJ’ai eu l’occasion de prendre connaissance des problèmes liés aux infrastructures et de les soulever plusieurs fois au Parlement. Certes, il y a eu des développements, mais aussi de mauvais investissements concernant les travaux. Par exemple, à la rue Dioré, une famille a vu pour la première fois sa maison être inondée suite à des pluies diluviennes après la construction des drains. Idem à la rue Boulevard Victoria. Concernant la rue La Paix, il y a plusieurs commerces individuels et habitations qui sont affectés. Le cas a été soulevé à trois reprises au Premier ministre. De plus, au stade Bardotier à Tranquebar, où il y a de gros manquements, on n’a fait que placer des lampadaires. Sans plus.


Questions des auditeurs

Iqbal : « Nous avions fait des requêtes pour l’arrêt de la distribution de méthadone à la Mediclinic mais cela a continué. De plus, plusieurs personnes ont été victimes de vols dans la région. Deuxièmement, les terrains synthétiques sont mal gérés. »
Z. Joomaye : « La méthadone était distribuée dans les postes de police. Suite aux nombreuses requêtes des ONG et des familles, les distributions ont dû être redirigées vers un centre de soins. Concernant la gestion des terrains synthétiques, je tiens à rassurer qu’elle sera optimisée. »

Khoyratee : « À la rue La Paix, les conditions sont désastreuses et il y a quelques jours, une dame a trébuché et s’est blessée. Il y a toujours des travaux qui sont en cours… Je suis un commerçant et la poussière devient insupportable. »
Mahomed : « J’ai eu l’occasion de déplorer l’état de ces terrains au Parlement. Concernant Tranquebar, l’endroit est toujours dans le noir. »

Steven : « Chaque personne présente a fait partie du gouvernement mais pourquoi est-ce que les choses ne sont pas faites correctement ? La MHC fait construire des maisons à plus de Rs 20 000 mensuellement. Est-ce que les gens en ont besoin ? »
R. Uteem : « Quand le MMM était au pouvoir, le nécessaire avait été fait pour que les squatters soient régularisés. Malheureusement, rien n’a été fait ces dernières années et depuis 2005, la situation a considérablement empiré. »


Projets à venir 

Z. Joomaye : « Les travaux de drains vont continuer de même que ceux de points d’éclairage. La priorité, c’est d’améliorer les conditions de vie de ceux qui sont en difficulté, surtout les squatters et notamment de les relocaliser.
Reza Uteem : « Il y a plus d’un quart de jeunes de moins de 25 ans qui sont chômeurs dans le Ward 4. Dans son programme, le MMM a inscrit : une allocation de Rs 5 000 jusqu’à ce qu’ils trouvent un travail, la réouverture du ‘Health Track’ de la Montagne-des-Signaux et une amélioration des infrastructures sportives de la région.
Osman Mahomed : « L’intention est là pour revoir et rétablir les infrastructures de la circonscription de même que la situation des squatters afin qu’ils puissent avoir un endroit décent pour vivre. À l’exemple de plusieurs squatters qui ont été relogés à Pointe-aux-Sables, suite à ma question à l’ancien ministre Soodhun au Parlement.


Le constat sur le terrain

Osman Mahomed

Selon moi, les travaux de drains ne peuvent être effectués comme tels. Ces constructions ne peuvent être banalisées. Les choses déterminantes d’un drain sont principalement la dimension et leur niveau. Pour construire un drain approprié, il faut un travail scientifique et précis qui demande une étude hydrologique poussée. Si cela n’a pas été fait, c’est un ‘ total failure’ et l’argent des contribuables a mal été utilisé. 

Zouberr Joomaye

Ce n’est pas à cause d’un incident qu’on peut juger la façon qu’un gouvernement a géré les projets d’infrastructures. Cela s’applique aussi aux précédents gouvernements. Je tiens à faire ressortir que la NDU a aussi été présente durant le mandat des précédents régimes gouvernementaux. Dans bon nombre d’endroits, des drains ont été construits. Certains fonctionnent correctement, d’autres non. Mais il y a certains ajustements qui peuvent être faits afin que ces travaux puissent servir à la population le plus longtemps possible.

Reza Uteem

Le logement n’a pas du tout été évoqué. Le problème de logement dans des régions telles que Tranquebar ou encore Vallée-Pitot sont toujours le même. Aujourd’hui, si les élus du gouvernement se rendent dans les régions comme Nazareth, Camp-Manna ou encore Alma à Vallée-Pitot, ils pourront constater le nombre de personnes qui vivent dans des maisons en tôle et sans eau, ou partagent une prise d’électricité risquant à tout moment un court-circuit, ou vivent à côté d’une porcherie sans aucune hygiène. Aucun logement n’a été construit dans la région de Port-Louis.

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