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Leur maison vandalisée : un couple et sa fille contraints de passer la nuit dans un camion

Leur maison vandalisée : un couple et sa fille contraints de passer la nuit dans un camion Le couple et leur fille vivent encore dans la peur d'être attaqués.

Nuit de terreur pour une famille le soir de Noël.  Un couple et sa fille de 8 ans, domiciliés à Pointe-aux-Piments, ont vu leur maison saccagée par une bande d’individus. La famille a dû prendre la fuite à travers un champ de canne. Par peur de retourner chez elle, la petite famille a été contrainte de passer la nuit dans un camion.

« Pe rass bobonne gaz et menass pou eclate la kaz ». Babita S, 40 ans, ne peut chasser ces images de sa tête. Avec sa famille, elle n’a guère eu le choix que de prendre la fuite ce soir-là. Elle ne pensait jamais vivre une expérience aussi traumatisante. Voilà un an qu’elle s’est installée au nouveau lotissement de la NHDC de Pointe-aux-Piments. Tout a débuté après une remarque faite à une voisine.

« Vers midi, une voisine qui passait derrière la maison a lancé des crachats en nous regardant. Nous lui avons dit de ne pas agir de la sorte. Nou dire li ki nou tou coma enn fami isi. Linn commanse dire gro betise. Linn dire nou ki sa pas pou fini coumsa meme », explique Babita.

Le couple n’a guère fait attention aux menaces de la femme. « Nou pann kass latet » ajoute le compagnon de celle-ci. Vers 20 heures, le couple a été surpris de voir débarquer devant sa porte plusieurs individus. « D’un coup, ils sont apparus et ont envoyé des pierres sur la couverture en tôle devant la maison. Parmi eux il y avait la dame », nous expliquent-ils.

La maison envahie

« Ils ont cherché après mon concubin. Je leur ai dit qu’il n’était pas à la maison et leur ai demandé de partir mais ils n’ont rien voulu entendre. Il y a eu des jets de pierres sur la maison. Ross pé tomber coma dir la pli », raconte Babita.

La bande, composée d’une vingtaine de personnes, a envahi leur cour. « Certains étaient venus à motocyclette, d’autres en voiture. Ils portaient des casques et avaient des bouteilles d’alcool en main.  Nous avons dû rentrer. Une dame a pris un rocher et a fait voler en éclat la vitre de notre porte. Ils se sont également acharnés sur le camion de mon compagnon » explique Babita en pleurs.

«  Monn dir zot si nou finn fer kikchoz, exkiz nou, mais zot inn dire nou pou touy e twa la ! » ajoute l’époux. Muni de bois également, les personnes ont pénétré dans la maison. « Nous sommes sortis à l’arrière. Nous avons dû enjamber la clôture métallique pour prendre la fuite et leur laisser la maison. Avec notre fille, nous avons couru à travers un champ de canne pour aller demander de l’aide » dit la quadragénaire.

Ils se sont rendus chez un ami qui les a alors emmenés au poste de police. « On nous a conseillé de ne pas retourner dans notre maison », mais le couple y est retourné pour prendre le camion. « J’ai garé le véhicule en face du poste de police, à quelques mètres de la plage », raconte le couple.

Ce fut pour eux la nuit la plus longue jamais vécue. « Pa kapav dormi » lâche son compagnon. Ils sont restés dans la cabine. L’époux s’était mis sur le siège du chauffeur alors que Babita et sa fille ont pris place sur un matelas a l’arrière des sièges. « Chaque véhicule ou moto qui passait près du camion nous donnait des sueurs froides, pensant que cela pouvait être ces vandales ; en plus, nous avons dû faire avec les piqûres de moustiques », nous dit-elle. Bien qu’allongés sur le matelas, pas moyen de fermer l’œil : « Ma fille traumatisée me répétait que ces gens allaient nous tuer ». Ils craignaient le pire. Au cours de la nuit, Babita a été prise d’une envie pressante. « J’ai dû me soulager derrière un mur à quelques mètres du camion », nous dit-elle, encore traumatisée après deux semaines.

Ce n’est que mercredi, le 26 décembre dernier, vers 5 heures, que le couple est retourné chez lui. « Ils ont vandalisé mon armoire. Ils ont pris Rs 50 000 que j’avais conservées pour la dalle de la maison et Rs 175 000 de bijoux », lâche Babita en sanglots. « Je n’ai jamais eu peur de ma vie mais si nous étions restés, ils nous auraient tués ». La voisine incriminée dans cette affaire est recherchée. La police de Trou-aux-Biches et la CID mènent l’enquête.