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À L’Escalier : Viraj Bagiruth, un ‘jeune’ au cœur de l’Elderly Day-Care Centre pour la sécurité des seniors »

Viraj Bagiruth

Dans le monde des seniors, il fait figure de jeunot. Responsable de l’Elderly Day-Care Centre de l’Escalier, Viraj Bagiruth, 40 ans au compteur, est devenu un pion incontournable des activités nationales organisées par le Senior Citizen Council. Il est régulièrement sollicité pour animer les concours nationaux.

Tous les jours, Viraj Bagiruth se tape plus d’une heure d’autobus pour venir prendre son poste à l’Elderly Day-Care Centre  de l’Escalier. De son village de Valetta jusqu’au Sud de Maurice, son trajet le place aux premières loges pour se rendre compte des misères rencontrées par les seniors aux arrêts d’autobus ou lorsqu’ils montent à leur bord, déséquilibrés parce que le chauffeur ne leur laisse par le temps de s’asseoir.  « C’est une réalité que je connais bien », acquiesce-t-il, mercredi matin, au siège du centre, situé dans la cour du centre social de la localité. Flanqué de sa jeune assistante qui attend d’être titularisée à son poste, depuis qu’il a été affecte à L’Escalier, il a fini par devenir un visage connu et reconnu, qu’il doit à sa bonne humeur et une disponibilité sans faille au service des seniors.

Être à l’écoute et trouver des solutions sont ses maîtres-mots dans un milieu devenu exigeant. « Les seniors commencent à connaître leurs droits, ils sont aujourd’hui mieux informés », explique-t-il. Même s’il bénéficie du soutien du  Senior Citizen Council (SCC), qui est aussi son employeur, c’est à lui qu’il incombe de consolider les relations entre les associations de seniors, qui sont au nombre de quatre à L’Escalier. 

Travail de  la terre

Sa capacité d’être à l’écoute des seniors et de transmettre leurs doléances au SCC tiennent à son propre vécu dans son village natal à Quartier-Militaire, où il a été initié au travail de  la terre, au milieu associatif et aux sports. Lorsqu’il intègre le SCC en 2013, il est affecte au centre récréatif James Burty David, à Pointe-aux-Sables. Sur place, il ressemble un peu à un couteau suisse, tantôt dans l’animation, tantôt dans le service des chambres lorsqu’il n’est pas dans le service administratif. 

« J’étais déjà extroverti et je pouvais mettre à l’aise n’importe qui », se souvient-il encore. Son plus grand bonheur est d’accompagner les seniors venus y passer la nuit dans l’autobus du centre. L’occasion pour lui de jouer au guide. « Chaque année, quelque 25 000 familles y venaient séjourner, c’était une véritable occasion de rencontres avec toutes les communautés de Maurice, j’apprenais beaucoup de choses sur les petits villages que je ne connaissais pas. Le centre récréatif a été comme une école de la vie pour moi », confie-t-il. 

Après trois années à Pointe-aux-Sables, le SCC lui confie la responsabilité partielle de l’Elderly Day-Care Centre de L’Escalier, qui était alors sous la tutelle du ministère des Droits de la femme. Avec le soutien du personnel du centre social, il commence à mettre sur pied des activités locales et d’autres qui sont décidées au niveau national. Le milieu associatif des seniors compte alors quelque 800 personnes et comme partout ailleurs, celles-ci fondent leurs attentes sur les occasions de sorties, les ‘indoor games’, les concours et expositions, de même que les échanges avec d’autres associations. « Parmi mes responsabilités, il faut que j’établisse une communication régulière avec les présidents des associations pour leur informer des décisions du SCC, dont l’organisation des concours nationaux », indique-t-il.

Un carnet d’adresses bien rempli

En 2017, lorsque le SCC lui assigne à plein temps la prise en charge du centre, il possède déjà la maîtrise de son job, avec un carnet d’adresses bien rempli. « J’étais satisfait d’avoir obtenu la confiance des seniors de la localité, c’était le facteur clé pour me motiver dans la poursuite de mes fonctions », fait-il observer. 

Deux ans plus tard, il mesure le chemin parcouru à l’aune de l’intérêt des seniors pour les activités mises en œuvre par le centre. « Aujourd’hui, d’autres sujets préoccupent les seniors, dont les agressions, la maltraitance, l’exclusion dont ils sont victimes dans leurs propres familles, et dans la rue, puis il y a la question des droits de succession et les maladies qui affectent les personnes âgées. Grace aux causeries données par des professionnels recrutés par le SCC, ils sont mieux informés de leurs droits », se réjouit-il.  

Chaque mois, un Managing Committee comprenant des représentants des associations socioculturelles, du conseil de village, du centre social ainsi que des volontaires, se réunissent pour mettre au point les activités mensuelles destinées aux seniors de la localité. Il s’agit d’un moment très important  car il permet d’attribuer les responsabilités en termes de recherches de fonds pour l’achat de gâteaux et de rafraîchissements, de sonorisation, du choix de ‘chief guest’ ou encore sur le nombre de personnes à inviter. « Bien entendu, indique-t-il, il y a parfois des divergences mais à la fin, tout le monde finit par s’accorder, car il s’agit avant tout de l’intérêt des seniors. »

À quelques mois de la fin de 2019, il reste encore quelques rendez-vous locaux et nationaux qui attendent les seniors de la localité, dont un concours de chansons bhojpuri et un autre dédié aux ‘oldies’ des années 70-80, organisé par le SCC.  Dans le village, chaque association s’est déjà mise au travail, en attendant le coup d’envoi pour les répétitions. 

«  Certains groupes de femmes ont déjà l’expérience de ces concours, ils y participeront sans aucun complexe », assure Viraj Bagiruth, avec le sourire.

Un animateur décomplexé dans le monde des seniors

S’il est le chouchou des seniors, ce n’est pas le fruit du hasard. Et si durant chaque fête locale organisée par les seniors, le Chairman du SCC et d’autres présidents de districts veulent y marquer leur présence, c’est pour saluer le travail accompli par Viraj Bagiruth et l’impulsion qu’il a su donner aux clubs des seniors de L’Escalier. Lors du récent concours culinaire organisé par ces clubs ou durant les finales de concours de chants, c’est toujours sur sa personne que se porte le choix pour l’animation. Un choix dont il n’est pas peu fier. 

« Un jour, si Dieu le veut, j’aurais moi-aussi l’âge de la retraite, aussi faut-il rester humble. J’entends les seniors raconter les difficultés qu’ils éprouvent, mais quand j’aurai leur âge, moi-aussi je connaîtrais ces épreuves », dit-il.

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