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Les vœux de Transparency Mauritius pour 2021: Loi sur le financement des partis politiques et sur la libre circulation de l’information

Rajen Bablee.

Transparency Mauritius a une longue liste de vœux pour 2021. Tous portant sur la transparence afin de diminuer au maximum les risques de corruption. C’est ce qui ressort de notre entretien avec son Executive Director, Rajen Bablee.

Les vœux de Transparency Mauritius (TM) pour 2021 incluent une loi portant sur le financement des partis politiques et des politiciens, une loi portant sur la libre circulation de l’information, un code de conduite pour les parlementaires et les politiques en général, la mise sur pied d’un comité parlementaire ou extra-parlementaire pour interviewer les postulants pour des postes publics et para-publics. « Il serait important d’avoir des registres publics des bénéficiaires réels dans le secteur de ‘global business’.  Une loi pour la protection des lanceurs d’alerte serait aussi la bienvenue », poursuit Rajen Bablee.

L’Executive Director de TM reconnaît que cependant les lois sont un assemblage de mots qui n’ont aucun sens si elles ne sont pas comprises et mises en pratique sans discrimination aucune. « C’est pour cela aussi que l’éducation de la masse est cruciale. Le citoyen doit savoir qu’il est souverain et non pas celui ou celle à qui une procuration temporaire a été octroyée. Quand le peuple aura compris que c’est son avenir et celui de ses enfants que les politiques sont payés de mener à bon port, ce sera une grande bataille de gagner contre la corruption », fait ressortir Rajen Bablee.

Un terme à l’opacité

L’Executive Director de TM fustige la classe politique pour ses arguments contre l’introduction de la loi sur la libre circulation de l’information (Right to information ou Freedom of Information). « Il est plus facile pour un gouvernement de venir prétendre que la transparence est dangereuse et qu’elle sera mal utilisée par les médias », déplore-t-il. Le gouvernement du jour, comme celui d’hier, poursuit-il, ont maintes fois, promis de venir avec des projets de loi sur la libre circulation de l’information (Right to information ou Freedom of Information). L’État mauricien a même ratifié la convention des Nations unies contre la corruption qui préconise l’implémentation d’une telle loi. Mais plus le temps passe et plus cette loi semble partir dans les oubliettes.

Rajen Bablee considère qu’il y a aussi le besoin de réglementer les partis politiques et leurs financements. « Là aussi, il y a des obstacles. Les partis politiques semblent être au-dessus des lois. Il y a une opacité totale quant aux sources de leurs financements et sur la façon dont ils sont utilisés.  Il y a aussi un manque de transparence quant à la façon dont les partis politiques sont dirigés. Existe-t-il des élections ‘free and fair’ au sein des partis politiques ? », se demande-t-il. 

L’Executive Director de TM observe une tendance qui a fait son apparition une douzaine d’années de cela et qui est réapparu depuis quelques mois. « C’est la glorification du leader. L’équipe n’existe plus. Chaque ministre ou député se résume à n’être qu’un pion pour réaliser la vision et l’objectif du chef. Les principes de la bonne gouvernance qui comprend le consensus, les débats d’idées et la transparence n’y sont pas d’actualité.

Comment arrive-t-on donc à parler de gouvernance saine quand on ne la pratique pas à l’intérieur de sa maison ? » lance-t-il.

La guerre contre la corruption 

Rajen Bablee se demande si Maurice est en train de perdre la guerre contre la corruption ? « Je le crois, mais je crois aussi qu’on peut inverser cette tendance. Pourquoi alors parler dans le futur alors qu’à travers le monde, des institutions internationales luttent depuis des années ? Il y a eu des victoires, mais la perception générale est que la corruption progresse partout », répond-il.  « Les politiques sont perçues comme étant la source de cette corruption. Pas seulement à Maurice, mais dans beaucoup de pays, y compris ceux dits développés. Pour évoquer une victoire dans cette guerre, il faut d’abord que le citoyen lambda comprenne la situation, les enjeux, son rôle et ses droits et aussi la corruption et ses conséquences sur chacun d’entre nous », estime-t-il.

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