Editor's-choice

Les mesures budgétaires vues par les Mauriciens

Le vendredi 11 juin, le ministre des Finances Renganaden Padayachy a présenté le Budget 2021-2022, qui s’articule autour de trois axes : Relance, Renouveau et Résilience. Mais apporte-t-il un nouveau souffle dans la conjoncture économique difficile marquée par la pandémie de Covid-19 ?  Que pensent les Mauriciens de ce budget ?
 

Pascal Laroulette

Pascal Laroulette, citoyen écologiste, s’attendait à davantage de mesures au niveau de la préservation des océans et des coraux. « Je déplore le manque de mesures concrètes pour éduquer les utilisateurs de la mer. Pourtant, l’implémentation d’un plan d’aide sur le Coral Reaching en redéployant les employés du secteur du tourisme, qui touchent une allocation actuellement dans le Coral Farming aurait été judicieuse. De plus, il aurait été bien d’avoir des mesures touchant l’apiculture », regrette-t-il. En revanche, il salue les mesures sur l’énergie renouvelable et le Shelter Farming. « Il serait intéressant de savoir comment le gouvernement compte les appliquer. Est-ce que la population, de manière générale, va bénéficier de ces mesures, car les voitures électriques ne sont pas accessibles pour la classe moyenne ? » 

 

Muhammad Nasweer Ellaheebuksh

Muhammad Nasweer Ellaheebuksh, 21 ans, étudiant en IT, ne cache pas sa déception. Il trouve que le budget manque d’originalité. « Il y a toujours des promesses et ce sont toujours les mêmes, notamment le projet de barrage de Rivière-des-Anguilles », indique-t-il. « En un mot, on tourne en rond. »

 

Deepshika Parmessur :« L’emploi des diplômés était une priorité » 

Deepshika Parmessur est une jeune femme de 24 ans qui fait de la politique. Après avoir pris connaissance du budget, elle questionne une possible relance face à des fondations qui laissent déjà à désirer. Ensuite, elle déplore le fait que la jeunesse  a été ignorée dans le budget : « Il faut savoir qu’avec la pandémie de Covid-19, on fait face à pas mal de gel d’embauches, et malheureusement, rien n’est dit à ce sujet dans le budget, notamment sur la création d’emplois pour les diplômés. » Par contre, elle reconnait les efforts déployés par le ministre des Finances pour protéger et préserver l’environnement, qu’elle qualifie de louables. Toutefois, elle se demande si les Mauriciens sont suffisamment équipés et éduqués pour soutenir les énergies renouvelables. 

« Ce budget n’a pas répondu à mes attentes, car, selon moi, il est urgent d’investir davantage dans la population mauricienne que dans les infrastructures ».

 

Jeremy Pierre :« Il n’y a pas de réelles mesures efficaces pour reconstruire notre économie »

Jeremy Pierre, 27 ans, web consultant et ex-étudiant en science politique de St Hubert, est mitigé par rapport au budget. « Mises à part les mesures pour le tourisme, il reste encore beaucoup à faire. Il n’y a pas de réelles mesures courageuses et efficaces pour reconstruire notre économie. Ce qui m’interpelle particulièrement, c’est ce gaspillage des fonds publics pour des projets sociétaux qui ne sont pas une priorité pour la relance de l’économie et pour les Mauriciens en général. La priorité reste la relance de l’économie à travers l’accompagnement des petites et moyennes entreprises, l’autonomisation des travailleurs et l’autosuffisance alimentaire. Il fallait mobiliser les Mauriciens de façon efficace pour aider à la reconstruction de l’économie. L’heure n’est pas au populisme, surtout dans la conjoncture économique actuelle. Les énormes projets d’infrastructure n’ont pas lieu d’être. C’était l’occasion de solidifier notre base économique et non d’investir dans des projets farfelus. Le ministre a manqué le coche », déplore-t-il.

 

Sanjay Matadeen considère que l’économie bleue demeure l’enfant pauvre du budget

Sanjay Matadeen, Senior Lecturer à Middlesex University Mauritius, trouve que le budget est un budget de continuité. « Le ministre des Finances table sur des investissements publics massifs dans des projets étatiques et l’effet multiplicateur qui en découle. Il contient des mesures pour améliorer le climat des affaires, mais je suis sceptique sur leur mise en œuvre. Au niveau de l’économie verte, le ministre a  posé les premiers jalons, mais l’économie bleue a été complètement oubliée. »

Il regrette aussi le manque de mesures dans le secteur de la technologie. « Je m’attendais à une baisse conséquente sur les équipements et les logiciels pour l’éducation en ligne et le travail à domicile et aussi sur les tarifs d’internet. Je ne peux m’empêcher de me poser la question suivante : ce budget prépare-t-il Maurice aux nouvelles réalités ? »

 

Bilal Maudarbux : des mesures encourageantes au niveau social


Bilal Maudarbux, consultant en gestion de projet et Policy Analyst, trouve que le budget 2021 - 2022 est positif, avec des mesures encourageantes au niveau social. « La construction de 12 000 logements sociaux, les mesures concernant la Children’s Act sont très louables, ainsi que la subvention de Rs 845 millions aux ONG. mais il faut attendre leur implémentation. Je salue aussi les mesures pour le secteur de l’éducation et les initiatives annoncées pour les enfants autistes, entre autres. » 

 

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !