Les médecins exigent l’arrêt immédiat du travail 24/7 dans les hôpitaux
Par
Jean-Marie St Cyr
Par
Jean-Marie St Cyr
Forte d’une décision favorable de l’Employment Relations Tribunal, la Government Medical and Dental Officers Association réclame l’arrêt du système 24/7 imposé depuis 2022 aux gynécologues, pédiatres et anesthésistes. Le ministère de la Santé reste silencieux sur les suites à donner.
L’Employment Relations Tribunal (ERT) a tranché : le système de travail 24/7 imposé à certains spécialistes des hôpitaux publics est illégal. Cette décision, rendue le 15 janvier, pourrait avoir « un impact majeur sur l’organisation des services publics de santé ».
Le tribunal, présidé par le vice-président Shameer Janhangeer, a statué que le système 24/7 « constitue un changement unilatéral et illégal des conditions de travail des médecins spécialistes ». Depuis le 1er août 2022, les obstétriciens-gynécologues, pédiatres et anesthésiologistes étaient contraints de travailler 67 à 91 heures par semaine, avec des périodes continues pouvant aller jusqu’à 31 heures d’affilée. Cette situation avait soulevé un tollé au sein du corps médical.
À la suite de cette décision favorable, la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA) a adressé une lettre au Senior Chief Executive du ministère de la Santé. L’association exige l’arrêt immédiat du système 24/7 et demande que ces médecins spécialistes reviennent au système de garde traditionnel (on call and in attendance), comme c’est le cas pour les autres spécialistes du secteur public.
Des copies de cette correspondance ont été transmises au directeur général des services de santé, au directeur des services de santé (curatifs), au responsable des ressources humaines du ministère et à la Federation of Civil Service and Other Unions.
Le Dr Meetheelesh Abeeluck, président de la GMDOA, s’est réjoui de la décision de l’ERT. Pour lui, le ministère de la Santé a reçu « une gifle magistrale ».
À vendredi après-midi, le ministère de la Santé n’a pas réagi. Le ministre de tutelle Anil Bachoo, habituellement prompt à faire état de ses visites « surprises » dans les hôpitaux sur sa page Facebook, est resté injoignable en dépit des sollicitations.
Selon nos informations, le ministère ne pourra pas aller à l’encontre de la décision de l’ERT. Cependant, on laisse comprendre qu’il n’est pas possible de changer de système du jour au lendemain, d’autant plus que la pratique du 24/7 avait aussi été mise en place afin d’enrayer les cas de mortalité maternelle et infantile au moment de l’accouchement. Une étude de l’incidence du 24/7 aurait été demandée avant qu’une décision ne soit prise quant à l’arrêt du système et à un retour au système initial.
Nous avons aussi appris que le ministère pourrait enclencher les procédures pour la création du grade de « Registrar », poste intermédiaire entre celui de médecin généraliste et celui de spécialiste. Cette suggestion, qui émane du rapport du Pay Research Bureau (PRB) de 2008, n’a pas abouti jusqu’à présent.
L’ancien ministre de la Santé Anwar Husnoo avait déjà rencontré en 2017 des syndicats de médecins, parmi lesquels la Ministry of Health Officers Association (MHOA), la Government Medical Consultant in Charge Association (GMCCA) et la GMDOA, qui n’étaient pas contre cette initiative visant à améliorer le service de santé. Mais après le départ du ministre Husnoo, ses successeurs n’ont pas repris l’idée.
Après la décision de l’Employment Relations Tribunal concernant le système de 24/7 de certains spécialistes, le ministère de la Santé réévaluera les modalités de travail des spécialistes et des spécialistes seniors. C’est ce qui ressort des délibérations du conseil des ministres du vendredi 16 janvier.
Le conseil a ainsi pris note que, dans le litige opposant la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA) au ministère de la Santé à propos de la décision prise en 2022 concernant la prestation de services spécialisés dans tous les hôpitaux sur une base 24/7, le tribunal a statué en faveur de la GMDOA.