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Les investissements directs étrangers en hausse, portés par l’immobilier

Par Patrick Hilbert
Publié le: 20 May 2026 à 11:32
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Les investissements venant de l’étranger prennent l’ascenseur.
Les investissements venant de l’étranger prennent l’ascenseur.

Les investissements directs étrangers (IDE) à Maurice ont atteint un niveau record en 2025, après un recul observé l’année précédente. C’est ce qu’a indiqué mardi le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, au Parlement, en réponse à une question du député travailliste Farhad Aumeer. 

Selon les chiffres communiqués à l’Assemblée nationale, les flux bruts d’IDE sont passés de Rs 37 milliards en 2023 à Rs 33 milliards en 2024, avant de rebondir à Rs 48 milliards en 2025. « Les entrées d’IDE ont chuté de Rs 37 milliards en 2023 à Rs 33 milliards en 2024, avant de rebondir à un niveau record de Rs 48 milliards en 2025 », a indiqué le Premier ministre.

Le secteur immobilier continue de capter l’essentiel des investissements étrangers. Toutefois, le gouvernement souligne une hausse marquée des investissements dans les services financiers. Ceux-ci sont passés de Rs 974 millions en 2024 à Rs 18,7 milliards en 2025. Cette progression est principalement attribuée à un investissement important réalisé dans AfrAsia Bank par Access Bank UK. « Alors que le secteur immobilier est resté le principal bénéficiaire des IDE, les investissements étrangers dans les services financiers ont fortement augmenté », a-t-il affirmé.

D’autres secteurs ont également enregistré une hausse des flux d’investissements étrangers. Dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, les IDE sont passés de Rs 192 millions à Rs 985 millions entre 2024 et 2025. Le secteur de l’énergie a vu les investissements progresser de Rs 352 millions à Rs 1 milliard, tandis que l’agriculture est passée de 507 millions à Rs 807 millions. Pour le Premier ministre, « cela montre clairement que les flux d’investissements directs étrangers sont en augmentation ».

Concernant l’origine des capitaux, la France et l’Afrique du Sud demeurent les principales sources d’investissements directs étrangers à Maurice. Selon Navin Ramgoolam, ces deux pays ont représenté en moyenne respectivement 22 % et 10 % des flux totaux au cours des trois dernières années. Les États-Unis, le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis figuraient parmi les principaux investisseurs en 2023. 

En 2024, la Suisse, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont occupé une place importante, tandis qu’en 2025, l’Allemagne et les États-Unis se sont distingués. Le gouvernement note également une hausse significative des investissements britanniques en 2025, principalement liée au secteur bancaire.

Dans son intervention, le Premier ministre a estimé que, malgré cette progression, il restait nécessaire de renforcer davantage les investissements dans les secteurs productifs et à forte valeur ajoutée. « Il est nécessaire d’accroître davantage ces investissements, avec un accent plus fort sur les activités productives et à haute valeur ajoutée », a déclaré Navin Ramgoolam. Ce dernier a rappelé que « notre nouveau modèle économique sera axé sur l’investissement, la productivité et les exportations », conformément aux orientations annoncées dans le Budget 2025-2026.

Le gouvernement affirme ainsi vouloir attirer davantage d’investissements dans les secteurs émergents. Parmi les mesures déjà mises en œuvre figurent le renforcement de la promotion internationale de la marque Maurice, l’amélioration du climat des affaires à travers les recommandations du rapport B-Ready de la Banque mondiale, l’élargissement des accords économiques et commerciaux ainsi qu’une réforme du système de permis de travail afin de faciliter le recrutement de travailleurs étrangers qualifiés.

Face aux incertitudes économiques liées au conflit au Moyen-Orient, l’exécutif prévoit également plusieurs dispositifs destinés à attirer des investisseurs et des individus à hauts revenus. Le gouvernement compte notamment introduire un « Golden Visa Scheme », mettre en place un service accéléré au sein de l’Economic Development Board pour les investisseurs fortunés et accélérer les procédures d’octroi de licences dans le secteur des services financiers.

Par ailleurs, les autorités travaillent sur la création d’une zone économique spéciale à Côte-d’Or destinée à accueillir des entreprises technologiques internationales dans les domaines de l’intelligence artificielle, des données et des centres de reprise après sinistre. 

« Nous développons une zone économique spéciale à Côte-d’Or afin d’attirer des entreprises technologiques mondiales », a indiqué le Premier ministre. Ce dernier souhaite également « repositionner Maurice comme une plateforme majeure de transbordement dans l’océan Indien » grâce à la modernisation des infrastructures portuaires.

 

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