Les hostilités entre Iran et Israël suspendues, les menaces persistent
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Defimedia.info
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Les hostilités entre Iran et Israël se sont interrompues lundi, après des frappes réciproques pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois, chaque camp menaçant néanmoins l'autre de représailles en cas de nouvelle attaque.
L'Iran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, à la suite d'un message du président américain, Donald Trump, exhortant les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités.
"A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a ensuite confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Signe d'un possible retour au calme, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.
Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.
Depuis dimanche soir, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.
Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran a "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."
Douze tués au Liban
Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.
Celui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain lui a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".
Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.
Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.
Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.
Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.
L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.
Espace aérien rouvert
Donald Trump, qui n'a pas caché ces derniers jours ses désaccords avec Benjamin Netanyahu, et l'a appelé au téléphone lundi selon la Maison Blanche, avait tapé du poing sur la table juste avant l'annonce iranienne.
"Israël et l'Iran doivent immédiatement arrêter de ‘tirer’", avait-il exigé, lui qui cherche une sortie à un conflit très impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat.
Cette reprise des hostilités "affectera" les pourparlers avec les Etats-Unis même si les tractations via le médiateur pakistanais se poursuivent, a assuré la diplomatie iranienne, ce qu'a confirmé Donald Trump, regrettant que le processus soit freiné par "l'ignorance ou la stupidité".
Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran aient revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.
Dans ce contexte fébrile, les prix du pétrole, qui ont déjà flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement progressé, le baril de Brent, référence internationale, clôturant en hausse d'1,25%, à 94,25 dollars, et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnant 0,84%, à 91,30 dollars.
AFP