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Les enfants du couple Mohamud racontent le drame - Saahil, 14 ans : «Je peux identifier le policier»

Shabneez Mohamud Saahil n’adressait plus la parole à son père depuis quelque temps. Les deux oncles des enfants. Sorab (à droite) est leur Responsible Party. La victime Shabneez Mohamud a été étranglée par son mari.

Cinq agents entendus ‘under warning’. La CID de Quartier-Militaire a procédé à l’audition des deux fils du couple Mohamud, dimanche 15 septembre. Ils ont expliqué le fil des événements le jour du drame. L’aîné dit pouvoir identifier le policier. Par ailleurs, les agents en faction le jour du drame seront entendus ‘under warning’ ce lundi 16 septembre.

Nawful, 10 ans, et Saahil, 14 ans, les fils du couple Mohamud, ont été auditionnés par les enquêteurs de la CID, le dimanche 15 septembre, en présence de Sorab, un de leurs oncles maternels, et d’un psychologue de la Child Development Unit (CDU).

Les deux fils ont indiqué que Naseerudin Mohamud était violent de nature et frappait souvent leur mère. L’aîné a expliqué qu’il ne parlait plus à son père depuis quelque temps et que des ragots circulaient sur leurs parents dans le voisinage. 

Selon les enfants, le mardi 10 septembre 2019, leur père Naseerudin se serait mis en colère parce qu’ils étaient en retard pour l’école. Saahil explique que son papa lui aurait lancé : « Kifer to ankor lakaz?» avant de lui mettre un coup de poing. Son cadet, dit-il, a tenté de calmer leur père, mais ce dernier aurait projeté  son fils de 10 ans contre le mur.

Cette scène de violence s’est déroulée sous le regard impuissant de Shabneez, mais elle a vainement tenté de calmer son époux. Aux hommes de l’inspecteur Vishal Cowlessur, Nawful dira qu’il a pris la fuite à travers une fenêtre pour chercher secours au poste de police. Après une course de 15 minutes environ, il est arrivé au poste et les policiers auraient ignoré son appel de détresse. «Bann polisie ti pe blague ek riye », dit-il. Entre-temps, à son domicile, son grand frère se tenait toujours entre ses parents pour empêcher que Naseerudin ne fasse du mal à sa mère. Souffrant d’asthme, l’aîné dit avoir quitté la maison à son tour pour chercher de l’aide. Il dit avoir rencontré un policier qui contrôlait la circulation. « Ou bizin al stasion sa », lui dira le policier. 

Cinq policiers seront entendus ‘Under Warning’ 

Cinq policiers, affectés au poste de police de Bel-Air, seront entendus à nouveau ‘under warning’ par la CID de Moka, ce lundi 16 septembre. Quatre d’entre eux ont déjà répondu à quelques questions de leurs collègues. Certains ont expliqué qu’il n’y avait aucun véhicule disponible au moment de l’alerte. Mais le visionnage des caméras CCTV du poste de Bel-Air a permis de noter la présence d’une fourgonnette de la police, selon nos sources proches de l’enquête.  « Nous avons fait notre travail. Me van ti bloke », ont laissé entendre les policiers qui n’ont cependant su quoi dire quand ils ont été confrontés aux images CCTV. Ce volet de l’enquête est axé sur un délit de « child ill-treatment », car les policiers n’auraient ni fourni les services ni pris les actions nécessaires au moment des faits. « Pourquoi sont-ils demeurés insensibles à l’appel de détresse du fils des Mohamud ? » se demandent les enquêteurs. 

Sorab, l’oncle : « Encore ena bons policiers dans pays la »

Sorab n’était pas au pays quand le drame s’est joué. L’oncle maternel des enfants dira : « Mo ti panse tou pouri meme ki ena, me ankor ena bons polisiers dan sa pei-la ». Il se dit satisfait du déroulement de l’enquête, menée par l’inspecteur Cowlessur. Sorab a assisté la version de son neveu à la police. 

Le fils aîné : « Je peux identifier le policier » 

Saahil dit pouvoir identifier le policier qui lui a demandé de se rendre au poste de police, le jour du drame. L’adolescent affirme que le policier lui avait fait comprendre qu’il était impuissant et ne pouvait l’aider. Saahil a alors poursuivi son chemin vers le poste de police de Bel-Air pour donner l’alerte. 

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