Les cadres du MMM désavouent la ligne de départ
Par
Kursley Thanay, Preity Ramessur-Bhoyroo, Laurie Rivolo, Patrice Donzelot
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Kursley Thanay, Preity Ramessur-Bhoyroo, Laurie Rivolo, Patrice Donzelot
Les cadres du MMM rejettent l’idée d’un départ du gouvernement. Invoquant la stabilité du pays et la démocratie interne, députés et ministres mauves s’opposent massivement à une rupture, privilégiant la poursuite de leur mandat.
Le député du MMM Ram Etwareea s’est exprimé à l’issue du Comité central qui s’est tenu au Hennessy Park Hotel, à Ébène, mercredi après-midi. Selon lui, la majorité des membres du MMM a exprimé le souhait de rester au gouvernement. Ce positionnement a bousculé la réunion, aucune décision n’ayant pu être prise. D’après le député, ce souhait serait en contradiction avec celui de Paul Bérenger, notamment au regard des raisons avancées pour un éventuel départ. « C’est comme si un divorce avait été consommé mais ne pouvait pas être prononcé. »
Le ministre des Infrastructures nationales, Ajay Gunness, a défendu le fonctionnement interne du parti. « MMM se enn parti demokratik », a-t-il déclaré, en reprenant les propos de Paul Bérenger. Il a confirmé qu’après la réunion du Bureau politique prévue lundi, un nouveau Comité central pourrait être convoqué « très probablement ».
Interrogé sur les discussions entourant un éventuel départ du MMM du gouvernement, Ajay Gunness a rejeté toute idée de perte de temps. Toutefois, il insiste sur la nécessité de trancher rapidement : « Bizin ariv a enn desizion enn fwa pour toutes e pou ki pei retrouv la serenite. »
Selon lui, l’alliance au pouvoir dispose d’un mandat de cinq ans et doit poursuivre son travail afin d’assurer la stabilité du pays. Ajay Gunness a déclaré qu’il compte rester au gouvernement afin de respecter le choix des militants et des électeurs.
Le ministre de l’Industrie, des PME et des coopératives, Aadil Ameer Meea, affirme que les discussions ont été ouvertes et démocratiques. « Sak mamb inn exprim so lopinion klerman », a-t-il déclaré. Une majorité des militants présents s’est prononcée en faveur du maintien du MMM au gouvernement. « Mo rekonforte ki bann mamb di Komite santral pans parey kouma mwa. »
Aadil Ameer Meea insiste sur la nécessité de poursuivre le travail. « Le pays passe avant tout », affirme-t-il, précisant qu’il se prépare déjà pour le prochain Conseil des ministres, prévu vendredi ou samedi.
Il rejette fermement les critiques évoquant un intérêt pour un poste ministériel. « Mo finn res kinzan dan lopozision, mo finn gagn bann of avek le PTr ek le MSM. Zame mo pa’nn vann mo parti akoz enn marokin ministeryel… se enn total b... », a-t-il lancé.
Jyoti Jeetun, ministre des Services financiers et de la planification économique, est catégorique : « Nous avons un mandat clair et un engagement auprès de nos mandants et aussi auprès du peuple entier. Nous avons un gros travail à faire. ‘Malgre sa ki pe dir, nou pe fer enn gro travay.’ Nous avons le devoir et la loyauté de continuer le travail. Des gens que je ne connais pas m’appellent pour me dire de ne pas quitter (le gouvernement). ‘Nou pa kapav ale kan bato pe koule.’ Il y a beaucoup d’urgences : le peuple et le pays avant tout. »
La ministre s’est dit prête à un remaniement ministériel si le Premier ministre estime que cela est nécessaire.
Fawzi Allymun, Junior Minister des Collectivités locales, soutient que la force du MMM est son mode de fonctionnement démocratique. « Nous avons eu notre Bureau politique lundi puis notre Comité central cet après-midi. Tout le monde s’est exprimé. C’était un bon débat et, comme l’a dit le leader, une forte majorité demande le maintien au gouvernement.
Je pense que nous devons écouter la base. Le comité régional de ma circonscription me demande de rester au sein du gouvernement, car il y a un grand travail à faire ; il demande aussi que notre leader reste le Premier ministre adjoint. Je pense qu’il faut aller dans cette direction », estime-t-il.
Tony Apollon, député de Mahébourg/Plaine-Magnien, rappelle qu’il a fallu attendre 20 ans pour que le MMM remporte six sièges de députés dans les circonscriptions 4 à 14. C’est pourquoi il est en faveur du maintien du parti mauve au gouvernement.
« Tous les jours, il y a des désaccords au sein du ménage. Mais ce n’est pas une raison pour s’en aller puis revenir. Il faut faire des concessions. Au sein du MMM, c’est la même chose », affirme-t-il.
Il vante le bilan du MMM au sein du gouvernement en soulignant la hausse de la sécurité dans le pays. « N’oublions pas qu’il n’y a rien à reprocher aux ministères du MMM et à certains du Parti travailliste. La décision d’une personne (Paul Bérenger) ne reflète pas la position du parti », explique-t-il.