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Leptospirose, chikungunya, Mpox, Ebola : le point sur les maladies qui préoccupent les autorités sanitaires

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 10 June 2026 à 12:30
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fazil
Maurice renforce son dispositif face à la menace Ebola et surveille de près les deux cas de Mpox recensés dans le pays, selon le Dr Fazil Khodabocus.

Alors que le nombre de cas de leptospirose a atteint 26 depuis le début de l’année, le chikungunya marque un léger recul. Le Mpox, lui, reste contenu à deux cas, tandis que l’épidémie d’Ebola en Afrique pousse Maurice à activer un protocole préventif.

Un nouveau cas de leptospirose a été détecté ce lundi 8 juin, portant à 26 le nombre total de cas recensés depuis le début de l’année. Il s’agit d’une femme d’une vingtaine d’années, admise à l’hôpital Victoria de Candos. Selon le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé, son état est « stable ». 

L’homme précédemment admis à l’hôpital SAJ a, quant à lui, pu regagner son domicile après amélioration de son état. La maladie, transmise principalement par les rongeurs, a causé six décès depuis le début de l’année.

Le chikungunya en légère régression

Sur le front du chikungunya, la situation semble s’améliorer. Le Dr Khodabocus fait état d’une diminution du nombre de nouveaux cas ces derniers jours : d’une centaine de cas hebdomadaires ces dernières semaines, le chiffre est redescendu autour de 70 à 80. 

Le pays compte néanmoins un peu plus de 200 cas actifs, pour un total de 5 431 cas rapportés depuis le début de l’année. Les régions les plus touchées sont actuellement Port-Louis et ses environs – Cité La Cure, Roche-Bois, Sainte-Croix – ainsi que Bambous et Chebel. En revanche, la région de Rose-Hill, qui constituait un foyer important en début d’année, enregistre désormais une nette régression. À Rodrigues, 56 cas ont été enregistrés depuis le début de l’année et l’île compte sept cas actifs.

Le Dr Khodabocus précise que peu de cas sont signalés dans les autres localités, qu’il s’agisse du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest. Il exhorte toutefois la population à rester vigilante et à consulter rapidement un médecin en cas de douleurs articulaires, symptôme caractéristique de la maladie. L’utilisation de produits répulsifs est également recommandée.

Le Mpox sous surveillance

Le nombre de cas de Mpox reste à deux – un homme et une femme. Les médecins en charge de leur suivi indiquent que leur état s’est amélioré. Cependant, une dizaine de jours sera encore nécessaire avant un rétablissement complet. Le Dr Khodabocus souligne la complexité du traçage dans ce type d’épidémie : « Le traçage de cas pour ce genre d’épidémie est plus complexe, car c’est après avoir été en contact rapproché d’une personne infectée que la maladie se transmet ». L’exercice se poursuit néanmoins autour de ces deux cas.

Les infections respiratoires en hausse

Les infections respiratoires aiguës sont, d’autre part, actuellement en progression : 4 424 cas ont été recensés au cours de la semaine du 1ᵉr au 7 juin, contre 4 148 la semaine précédente. Le Dr Khodabocus anticipe une poursuite de cette tendance avec les baisses de température à venir. 

Il encourage vivement les personnes n’ayant pas encore reçu leur vaccin contre la grippe – en particulier celles souffrant de comorbidités, les personnes âgées, les jeunes enfants et les femmes enceintes – à le faire le plus tôt possible afin d’éviter d’éventuelles complications.

Chauffe-eau à gaz : six intoxications au monoxyde de carbone depuis le début de l’hiver

Avec l’hiver et l’utilisation plus fréquente des chauffe-eau à gaz, six cas d’intoxication au monoxyde de carbone ont été recensés depuis le début de la saison froide, a indiqué le Dr Fazil Khodabocus. Les patients ont tous été pris en charge par le Samu, traités par oxygénothérapie hyperbare et ont pu regagner leur domicile. Aucun décès n’a été enregistré.

Le Dr Fazil Khodabocus rappelle qu’il est primordial de vérifier régulièrement les installations de ces appareils et de veiller à une bonne aération, afin que le gaz – inodore et incolore – puisse s’évacuer vers l’extérieur. En cas de vertiges ou de maux de tête, il recommande de sortir immédiatement à l’air libre : le monoxyde de carbone tend à se substituer à l’oxygène dans l’organisme, pouvant conduire à une asphyxie. Le Samu doit être contacté sans délai pour une prise en charge rapide.

Ebola : Maurice active son protocole préventif

Face à la flambée du virus Ebola dans certaines régions d’Afrique, le ministère de la Santé a mis en place une série de mesures préventives. Depuis le lundi 8 juin, les ressortissants étrangers ayant séjourné, transité ou étaient présents au cours des 21 derniers jours en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud ne seront temporairement plus autorisés à entrer à Maurice.

Le SAJ Recreation Centre, à Riambel a été désigné comme centre officiel de quarantaine. Il va accueillir les passagers mauriciens ayant séjourné dans les pays concernés, où ils passeront 21 jours en observation. Une rencontre multisectorielle présidée par le ministre de la Santé, Anil Bachoo s’est tenue le mardi 9 juin pour passer en revue justement le protocole et les actions à entreprendre si un cas d’Ebola est détecté à Maurice, afin de s’assurer que tout se déroule sans anicroche.

La rencontre s’est déroulée en présence de la Junior Minister Anishta Babooram et des représentants de divers organismes et parties prenantes. Parmi, le Bureau du Premier ministre, les directeurs régionaux de la santé (RHD) des hôpitaux régionaux, l’Organisation mondiale de la santé et Business Mauritius, entre autres.

Une visite effectuée le lundi 8 juin a confirmé que le site dispose de toutes les installations requises pour accueillir d’éventuels patients en isolement. Des inspections ont également été menées au port et à l’aéroport afin de s’assurer du bon fonctionnement des dispositifs déjà en place.

Au mardi 9 juin, il n’y avait aucun passager mauricien ayant dû être transféré vers ce centre de quarantaine, qui dispose déjà d’une équipe médicale et d’un personnel de soutien. Ceux qui viendront des pays ciblés recevront une fiche sur les mesures à respecter selon le protocole établi, actuellement en voie de finalisation. Davantage de personnel de santé sera dirigé vers le centre si nécessaire. Un service de sécurité est aussi assuré par la police. 

« Si jamais il y a des passagers qui se présentent, ils seront pris en charge par le ‘Health Inspectorate’ et seront placés en quarantaine à Riambel, où un suivi médical sera assuré », explique le Dr Fazil Khodabocus. À travers le « corridor sanitaire » qui sera mis en place, un véhicule dédié conduira les passagers vers le centre de quarantaine. 

Une fois les 21 jours écoulés, les passagers concernés pourront regagner leur domicile s’ils n’ont pas présenté de problèmes de santé. « En cas de souci de santé, les mesures appropriées seront prises et les patients dirigés vers le New Souillac Hospital », ajoute le directeur par intérim des services de santé.

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