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L'épidémie d'Ebola en RDC se propage "plus rapidement" que toutes les précédentes, alerte l'OMS

Par Defimedia.info
Publié le: 16 July 2026 à 20:30
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Ebola
Un agent d'hygiène inscrit le nom d'un médecin au dos de son équipement de protection individuelle (EPI) avant d'entrer dans le Centre de traitement Ebola (CTE) de Rwampara pour soigner des patients atteints de la maladie à virus Ebola, à Bunia. AFP

L'épidémie d'Ebola déclarée il y a deux mois en République démocratique du Congo (RDC) se propage "plus rapidement que toutes les épidémies précédentes", a alerté jeudi le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Il s'agit désormais de la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée: au cours du dernier mois, elle s'est propagée plus rapidement que toutes les épidémies précédentes", a déclaré devant la presse à Genève (Suisse) le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"À ce jour, 2.073 cas ont été signalés, dont 796 décès. A titre de comparaison, l'épidémie d'Ebola de 2018" en RDC "avait mis plus de 10 mois pour atteindre le seuil des 2.000 cas confirmés", a-t-il expliqué. Cette épidémie, la plus meurtrière dans le pays, avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés entre 2018 et 2020.

M. Tedros a précisé que la "plus grande préoccupation" de l'OMS portait actuellement sur la transmission de la maladie dans la province de l'Ituri (nord-est de la RDC), foyer de cette épidémie où, selon lui, "plus de 80% des nouveaux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connus".

Cela "montre que des chaînes de transmission continuent d'échapper à la surveillance", a-t-il averti, indiquant également qu'environ deux tiers des décès survenaient au sein des communautés, "chez des personnes qui n'ont jamais été prises en charge dans un établissement de santé".

Il a noté quelques progrès, avec une capacité de prise en charge des malades qui dépasse désormais les 800 lits "et continue d'augmenter", une hausse des moyens de dépistage avec 60 laboratoires installés et un taux de suivi des contacts qui "a augmenté pour atteindre près de 80%".

L'Ouganda voisin, qui a enregistré deux morts pour 20 cas confirmés, a de son côté annoncé jeudi ne plus compter aucun malade.

- 400 millions de dollars à trouver -

Il n'existe aujourd'hui ni vaccin ni traitement contre le variant Bundibugyo du virus Ebola responsable de l'épidémie actuelle, mais l'OMS a indiqué avoir lancé au début de ce mois des essais cliniques portant sur deux traitements : l'anticorps monoclonal MBP134 et l'antiviral remdesivir, seuls ou en association.

M. Tedros a aussi indiqué qu'avait débuté cette semaine le premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, sous la direction de l'université d'Oxford (Royaume-Uni).

Mardi, un autre essai clinique a commencé, visant à évaluer l'efficacité d'une prophylaxie post-exposition (PEP) avec l'antiviral obeldesivir sur des patients ayant été en contact avec des cas confirmés de Bundibugyo.

"Même en l'absence de vaccins et de traitements approuvés, 377 personnes se sont rétablies, ce qui montre qu'avec un diagnostic précoce et une prise en charge sûre, cette maladie peut être surmontée et sa propagation stoppée", a assuré le chef de l'OMS.

Mais, a-t-il insisté, "l’épidémie en RDC continue à devancer la riposte", notamment du fait des conflits qui ravagent l'est du pays.

"Pas plus tard qu'hier (mercredi), un centre de traitement a été attaqué à Bunia", chef-lieu de la province de l'Ituri, a-t-il rapporté, appelant à la fois à "une intervention politique" pour faciliter la réponse sanitaire et à un "soutien de la communauté internationale" pour la financer.

Selon M. Tedros, "il manque encore plus de 400 millions de dollars" (350 millions d'euros) pour boucler un plan conjoint de 518 millions de dollars (453 millions d'euros) de l'OMS et du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CACM).

"Nous exhortons les donateurs à combler ce déficit (...) Il ne s'agit pas d'un acte de charité, mais d'un investissement dans la sécurité nationale", a-t-il souligné.

AFP

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