Mise à jour January 7, 2026, 12:30 pm

Légumes, carburant, transport et médicaments : prévisions pour 2026

Par Leena Gooraya-Poligadoo
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planteur, Médicaments, Carburant et Transport

En 2026, les prix des légumes, des carburants, du transport et des médicaments devraient rester stables. Mais des hausses ponctuelles pourraient affecter le portefeuille des consommateurs. À cause de la saisonnalité, des coûts logistiques et du taux de change, les Mauriciens devront planifier leurs achats pour éviter les impacts sur leur budget.

Légumes : Hausse des prix de fin janvier à la mi-février

Les prix des légumes sont actuellement « raisonnables et abordables » et devraient, dans l’ensemble, se maintenir à des niveaux accessibles tout au long de l’année, affirme Kailash Ramdhary, porte-parole du Farmers in Agriculture, Livestock & Cooperative Organic Network (FALCON). Selon lui, cette stabilité est liée à une production en hausse et à des conditions climatiques favorables.

« Le gouvernement a mis à la disposition des planteurs plusieurs lots de terrain pour la plantation. Du coup, la production sera en hausse », explique-t-il. Cette augmentation des surfaces cultivées devrait permettre de mieux répondre à la demande locale et de limiter les pressions sur les prix. À cette mesure s’ajoute un climat propice à l’agriculture. « Nous avons eu suffisamment de pluie, mais également du soleil, sans accumulation d’eau dans les champs », souligne Kailash Ramdhary. Toutefois, une hausse temporaire des prix est à prévoir de fin janvier à la mi-février. « Au niveau de l’encan, les prix resteront raisonnables, car il y a eu de bonnes récoltes », assure-t-il. En revanche, dit-il, les consommateurs pourraient ressentir une augmentation durant cette période.

Cette tension s’explique notamment par les fêtes religieuses Thaipoosam Cavadee et Maha Shivratri. « De nombreux Mauriciens jeûneront, ce qui entraîne une hausse de la demande pour les légumes. Qui dit hausse de la demande dit hausse des prix », précise le porte-parole de FALCON. Les conditions météorologiques, marquées par de fortes pluies et un risque cyclonique, pourraient affecter la production.

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Médicaments : Les prix toujours sous pression
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La hausse des prix des médicaments à Maurice semble se poursuivre. Norina Sookmoulla, Managing Pharmacist des officines Nori-Pharm et Noor-Pharma, explique que cette évolution dépend principalement de deux facteurs : le coût du fret et le taux de change de la roupie mauricienne. « Tant que les frais de transport augmentent, les prix continueront de grimper », précise-t-elle. Selon elle, la volatilité de la monnaie locale accentue cette pression, car tous les médicaments vendus à Maurice sont importés. « Une dépréciation de la roupie se traduit directement par des tarifs plus élevés pour les consommateurs », explique-t-elle.

La pharmacienne note que cette double dépendance rend toute baisse durable peu probable. La tendance reste globalement haussière. « Il y a deux ans, un médicament coûtait Rs 1 100. Aujourd’hui, le même produit est à Rs 2 340. » Elle ajoute que les diminutions ponctuelles sont rares et temporaires, liées à de légères fluctuations du fret ou du taux de change. Certains segments résistent toutefois : les médicaments pour le diabète restent stables, et quelques produits comme le Panadol ont même connu de légères baisses. « Mais ces exceptions ne changent pas la tendance générale.

Dans ce contexte, l’accessibilité financière des traitements reste une préoccupation, surtout pour les patients atteints de maladies chroniques. »


Carburant : L’espoir d’une baisse en mars

La baisse continue des prix du pétrole sur le marché mondial pourrait prochainement se traduire par un allègement des prix des carburants à Maurice. C’est en tout cas l’analyse de Bhim Sunnassee, président de la Petrol Retailers Association, qui souligne une tendance orientée à la baisse depuis plusieurs mois. « À l’heure actuelle, le prix du pétrole est en dessous de 60 dollars le baril, alors que l’an dernier il se situait en moyenne autour de 65 dollars », explique-t-il. Selon lui, cette évolution devrait logiquement être prise en compte lors de la prochaine réunion du Petroleum Pricing Committee, prévue d’ici mars. « On s’attend à ce que cette baisse soit reflétée sur le marché local », affirme Bhim Sunnassee.

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Toutefois, le président de l’association se montre prudent quant à la décision des autorités. Il redoute que le gouvernement invoque la situation du Price Stabilisation Account (PSA) du diesel, actuellement déficitaire, pour justifier un statu quo. « Il se peut que l’on nous dise que le PSA du diesel est toujours en déficit et qu’une baisse des prix ne serait pas possible. » Face à cette éventualité, Bhim Sunnassee avance une proposition. « Le gouvernement pourrait utiliser le surplus du PSA pour l’essence afin de couvrir le déficit du PSA pour le diesel. » Cette mesure, selon lui, permettrait d’appliquer la baisse attendue sans fragiliser le mécanisme de stabilisation.

Le président de la Petrol Retailers Association rappelle que l’évolution des prix reste étroitement liée au contexte international. « Les conflits géopolitiques, notamment les tensions récentes avec le Venezuela, pourraient avoir un impact sur les prix des produits pétroliers si la situation venait à se détériorer. » 


 Transport : Aucune augmentation à l’horizon 

Dans un contexte marqué par une pression croissante sur les coûts et une concurrence accrue, les chauffeurs de taxi se trouvent dans une situation financière de plus en plus délicate. C’est le constat de Raffick Bahadoor, président de la Taxi Proprietors Union. Il estime qu’une augmentation des tarifs ne serait pas une solution viable pour le secteur.

Selon lui, relever les prix risquerait avant tout de faire fuir la clientèle. « Il nous faut faire avec pour garder les clients, même si nos coûts continuent d’augmenter. » Raffick Bahadoor dénonce la multiplication des permis accordés par le gouvernement pour les contract vans, qui impactent directement les opérations des taxis traditionnels. « Le métro et les agences privées de services de transport constituent également des alternatives de plus en plus prisées par les usagers », dit-il. Dans ce contexte, le président de la Taxi Proprietors Union prévient qu’une hausse des tarifs pourrait s’avérer une mauvaise décision. 

Même son de cloche du côté des taxis d’hôtels. Yashpal Murrakhun, président de la Federation of Hotels Taxi Associations (FHTA), se veut rassurant sur l’évolution des tarifs des taxis hôteliers. Il rappelle que la fédération regroupe plusieurs associations de chauffeurs et que chaque membre reste libre de pratiquer les tarifs de son choix. « Les prix ne sont pas fixés de manière rigide, mais il existe une harmonisation des tarifs au sein du secteur », précise-t-il. À l’heure actuelle, aucune augmentation n’est envisagée. Selon lui, une révision tarifaire dépend avant tout de facteurs précis. Il y a le prix du carburant, les coûts de servicing, des pièces de rechange et de la maintenance des véhicules. Or, ces éléments n’ont pas connu de hausses majeures récemment. « À notre niveau, nous ne prévoyons donc aucune augmentation dans les mois à venir. » Toutefois une hausse pourrait intervenir si les coûts augmentaient de manière drastique. Le maintien des tarifs est également adopté par les opérateurs des vans scolaires. 

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