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Le sujet divise : des détenus peuvent-ils travailler dans la zone portuaire ?

Le sujet divise : des détenus peuvent-ils travailler dans la zone portuaire ? Les avis sont partagés quant à la présence de détenus au 'port area'.

Entre les 7 et 8 janvier d2019, un étrange événement s’est déroulé dans la zone portuaire. Sous escorte d'éléments de la Prison Security Squad (PSS), 24 détenus, sur les 80 incarcérés à l’Open Prison de Richelieu, ont été amenés dans cette zone à l’accès limité pour débarquer 102 tonnes de poisson du MV Breiz Klipper de pêche et le nettoyer ensuite. 

Ce bateau navigue sur le trajet Seychelles-Maurice et opère pour le compte d’une société privée. C’est la compagnie qui aurait fait les arrangements pour assurer le déplacement des détenus entre la prison de Richelieu et le port durant ces deux jours. Il s’agit de détenus dont les sentences arrivent presqu’à terme.

Vêtus de gants, de vestes anti-froid, de paires de bottes spéciales et de bonnets, les détenus, la plupart en tenue de prisonnier de couleur orange, avaient pour tâche principale de débarquer des fruits de mer et de nettoyer les chambres froides à bord du MV Breiz Klipper. 

« Il y avait des gardiens de prison présents en permanence et l’endroit était placé sous surveillance vidéo caméra ». Interrogées sur cette pratique, nos sources affirment que le « port area » compte beaucoup de travailleurs fichés comme des « Habituals Criminals » à la police. On confirme que l’exercice s’est déroulé sous haute surveillance, plusieurs policiers étant présents pour s’assurer qu’il n’y ait aucun dérapage.

Cette pratique est décriée par plusieurs habitués du « port area » qui avancent le fait que le port est un lieu où l’accès doit être limité. Et beaucoup déplorent la légèreté entourant l’octroi des permis d’accès par le « Permit Office » aux membres du public. Certains employés de la zone portuaire, à l’inverse, disent accueillir favorablement cette démarche. « Il n’y a pas de mal à faire travailler ces personnes, aussi longtemps que la sécurité n’est pas mise à l’épreuve ». 

Nous avons tenté de solliciter la compagnie responsable pour le nettoyage et les autres opérations sur le navire, mais en vain. Et les détenus qui devaient percevoir Rs 1000 chacun n’ont reçu finalement que Rs 500. 

Le Commissaire des prisons : « On a mis fin à cette pratique depuis quelque temps » 

« On a mis un terme à cette pratique depuis quelque temps ». C’est ce qu’a voulu nous faire comprendre le Commissaire des prisons, Vinod Appadoo. Ce dernier explique cependant que les détenus envoyés au Port Area demeuraient en permanence sous surveillance de caméras CCTV. 

Le capitaine Barbeau : « Des tâches physiques auxquelles on a mis un terme »

Nous avons sollicité la version du Port Master, le capitaine Louis Barbeau. Il explique qu’il y avait un débarquement de poisson en cours,sur le MV Breiz Klipper. Le capitaine Louis Barbeau ajoute que l’opération se tenait sur un quai privé, opéré par le Mauritius Freeport Development (MFD).

Il concède cependant qu’à cause des récentes saisies de drogue dans le port, la participation des détenus aux activités portuaires a été suspendue. Louis Barbeau nous explique cependant que les différentes parties concernées, notamment la prison, la police et le port travaillent à la mise sur pied de nouveaux paramètres sur ce sujet. « Nous allons évaluer les risques et discuter avec les parties concernées ». Selon lui,  faire travailler les détenus dans le port est « très louable ».

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  • Oeudor