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Le Royaume-Uni met en veille l’accord sur les Chagos après l’opposition de Trump

Par Defimedia.info
Publié le: 11 avril 2026 à 09:35
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Sir Keir Starmer a suspendu son accord sur les îles Chagos, dans un contexte de détérioration des relations avec Donald Trump, après que les États-Unis n’ont pas formellement confirmé leur approbation. C’est ce que rapporte la BBC sur son site Web ce samedi.

Donald Trump avait exhorté Keir Starmer à abandonner cet accord, malgré un soutien initial au traité. En janvier, il avait qualifié ce projet « d’acte de totale faiblesse ».

Des responsables britanniques ont indiqué que l’accord - qui prévoit de transférer la souveraineté du territoire britannique à Maurice - n’est pas totalement abandonné. Toutefois, le gouvernement manque désormais de temps pour faire adopter la législation nécessaire avant la dissolution du Parlement dans les semaines à venir.

Un nouveau projet de loi sur les Chagos ne devrait pas figurer dans le discours du roi prévu à la mi-mai.

Selon des sources, le Royaume-Uni n’a toujours pas reçu l’échange formel de lettres de la part des États-Unis, une condition juridique indispensable à l’entrée en vigueur du traité.

Les îles Chagos - officiellement connues sous le nom de Territoire britannique de l’océan Indien - sont situées dans l’océan Indien et sont sous contrôle britannique depuis le début du XIXe siècle.

L’accord prévoit que le Royaume-Uni cède la souveraineté à Maurice et verse en moyenne 101 millions de livres sterling (136 millions de dollars) par an pour louer une base militaire conjointe Royaume-Uni–États-Unis sur la plus grande île, Diego Garcia.

Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré : « Diego Garcia est un atout militaire stratégique clé pour le Royaume-Uni et les États-Unis.

« Garantir sa sécurité opérationnelle à long terme est et restera notre priorité - c’est la raison même de cet accord.

« Nous continuons de penser que cet accord est la meilleure manière de protéger l’avenir de la base, mais nous avons toujours précisé que nous n’irions de l’avant qu’avec le soutien des États-Unis. Nous poursuivons nos échanges avec les États-Unis et Maurice. »

Le Royaume-Uni était en train d’adopter une législation pour entériner l’accord, mais celui-ci se trouvait en phase finale lorsque le temps a finalement manqué.

En février, le gouvernement avait nié avoir suspendu le processus, quelques heures après qu’un ministre a indiqué au Parlement qu’il était « en pause ».

Signé en mai 2025 et initialement salué par les États-Unis, l’accord a été vivement critiqué par Donald Trump début 2026, qui l’a qualifié « d’acte de totale faiblesse ».

La controverse s’est accentuée en février lorsque Donald Trump, sur sa plateforme Truth Social, a exhorté Keir Starmer à ne pas « céder Diego Garcia », qualifiant l’accord de « tache sur notre grand allié ».

Ces déclarations sont intervenues malgré le soutien officiel du département d’État américain au projet britannique la veille.

De nombreux Chagossiens considèrent cet accord comme une trahison et souhaitent que le Royaume-Uni conserve la souveraineté afin de pouvoir un jour retourner sur leur terre natale.

Les conservateurs ainsi que le parti Reform UK - tous deux critiques de longue date de cet accord - ont salué sa suspension.

La cheffe des conservateurs, Kemi Badenoch, a déclaré : « Si la capitulation de Keir Starmer sur les Chagos finit à sa juste place - dans les oubliettes de l’histoire - ce sera grâce aux conservateurs qui s’y sont opposés dès le premier jour. »

Elle a ajouté que ce projet constituait « un nouvel acte d’accusation accablant » contre un Premier ministre prêt à céder un territoire souverain et à payer 35 milliards de livres pour utiliser une base militaire déjà britannique.

Le leader de Reform UK, Nigel Farage, a salué « une excellente nouvelle, attendue depuis longtemps », appelant le gouvernement à « corriger une grave injustice » et à permettre aux Chagossiens de se réinstaller pleinement.

Le porte-parole des Libéraux-démocrates pour les Affaires étrangères, Calum Miller, a pour sa part dénoncé une gestion « totalement chaotique » du dossier, tant sous les conservateurs que sous les travaillistes.

Il a également critiqué l’attitude « imprévisible » de Donald Trump, estimant qu’elle fragilise le partenariat militaire entre le Royaume-Uni et les États-Unis.

Selon lui, tout accord futur devra clarifier la coopération militaire avec Washington, garantir les droits des Chagossiens et assurer un contrôle parlementaire sur les coûts engagés.

Source : BBC
 

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