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Le réveil ?

Les autorités – police en première ligne – semblent enfin s’être réveillées face aux ravages de la drogue dans le pays. Après des années de quasi-sommeil – on serait tenté de dire complice –, la force policière se met enfin en branle et s’attaque, de front, au mal qui ronge notre société jusqu’à la racine. Espérons que ce ne soit pas qu’une impression.

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Les arrestations se multiplient et les descentes de police remportent davantage de succès. Est-ce dû au hasard ou est-ce le fruit d’un vrai travail de terrain ? Est-ce circonstanciel ou sommes-nous engagés dans une vraie guerre contre les marchands de mort ? Seuls les patrons des Casernes centrales peuvent y répondre.

Une autre question se pose : est-ce que ce sont les barons qui se font coincer ces jours-ci ou ne s’agit-il là que de lieutenants qui empoisonnent nos jeunes ?
Le fait est qu’au fil des ans, certains sont devenus des experts dans le trafic de stupéfiants. Grâce à des soutiens bien placés et bien arrosés, ils ont pu faire prospérer leur business et ils ont diversifié leurs opérations en investissant leur argent mal gagné dans d’autres secteurs. Dans l’art de la couverture, ceux-ci sont devenus des maîtres absolus, connus seulement de quelques-uns. Se sentent-ils toujours à l’abri ?

Quoiqu’il en soit, les chiffres enregistrés depuis le début de l’année sont édifiants : l’Anti-Drug and Smuggling Unit et la Mauritius Revenue Authority ont saisi 39 colis postaux contenant de la drogue. La valeur de cette marchandise est estimée à Rs 103,5 millions. Jusqu’ici, neuf personnes ont été arrêtées dans ce contexte. Depuis 2014, la police a appréhendé 150 mineurs pour des délits liés au trafic de drogue et d’autres en relation avec les stupéfiants.

Mardi dernier, le Premier ministre sir Anerood Jugnauth (SAJ) a révélé, à l’Assemblée nationale, que 58 mineurs ont été arrêtés de janvier dernier jusqu’au 24 novembre pour des délits liés au trafic de drogue, contre 49 en 2015 et 43 en 2014. Un chiffre pour le moins inquiétant pour un petit pays comme Maurice. Il donne un aperçu de l’ampleur du phénomène et démontre que même les plus jeunes sont touchés.

« Je suis pleinement conscient du problème de trafic et de consommation de drogue au sein de la population et chez les jeunes. C’est dans cet esprit que mon Bureau approchera l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime afin d’élaborer un plan directeur national de contrôle de drogue », devait expliquer SAJ.

Il n’est pas trop tôt. La création de la commission d’enquête contre la drogue est une excellente chose, tout comme l’est la montée en efficacité de la police, mais elles ne suffissent pas. Il faut frapper plus fort. Il n’y a pas d’alternative. Trop d’innocents sont victimes de quelques crapules. Et on ne parle pas ici uniquement de consommateurs de stupéfiants, mais aussi de leurs familles et de leur entourage. Sans oublier les victimes de vols et agressions en tous genres.

 

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