Faits Divers

Le présumé meurtrier : «Je l’ai frappé, ligoté avant de lui trancher la gorge»

Adelaïde Tranquille est passé aux aveux. La fourgonnette du suspect (à droite).

L’enquête sur le meurtre de Kamlesh Kumar, un Indien de 38 ans, à St-Felix avance à grand pas. Après l’arrestation d’Adelaïde Tranquille, vendredi matin, les enquêteurs de la Major Crimes Investigation Team ont procédé à une seconde arrestation au cours de la soirée. Il s’agit de Veenayegee Tranquille, 40 ans, l’ex-épouse du suspect.

Ils ont tous deux expliqué leur implication dans ce crime sordide. « Mo finn bat li, atas li ek trans so lagorz », a reconnu le suspect. Ils ont été inculpés de meurtre samedi.

Selon le suspect Adelaïde Tranquille, il s’est séparé de son épouse, une habitante de La Rosa, il y a un an. Le couple ayant un enfant de 8 ans, ils étaient obligés de se voir de temps à autre. Il y a sept mois environ, son ex a pris de l’emploi chez Samlo, une compagnie située à Dubreuil. C’est sur son lieu de travail que la quadragénaire a rencontré Kamlesh Kumar. Ce ressortissant indien de 38 ans, à Maurice depuis février, travaillait comme ajusteur (mechanical fitter). Le courant est très vite passé entre les deux. L’ex-épouse et son nouveau collègue ont commencé à se rencontrer en dehors du cadre professionnel.

Adelaïde Tranquille a eu vent de cette liaison. « Li ti zalou », a expliqué Veenayegee Tranquille aux limiers de la MCIT. Elle a soutenu que son ex voulait juste faire peur à la victime, pour que Kamlesh Kumar mette un terme à cette relation, et qu’elle l’y a aidé. 

Les deux amants avaient l’habitude de se rencontrer dans un pensionnat à Curepipe. Veenayegee Tranquille a alors expliqué aux policiers avoir donné rendez-vous à Kamlesh Kumar à leur lieu de rencontrehabituel. L’ajusteur ne se doutait guère que c’était un piège et il est parti retrouver la femme. Puis, ils ont été rejoints par l’ex-époux. Le ressortissant indien a été embarqué de force dans la fourgonnette d’Adelaïde Tranquille.

Le mari a, pour sa part, expliqué avoir agressé la victime et l’avoir embarquée dans son véhicule. Une fois à l’intérieur, « mo finn atas so lame ek so lipie ». « Nou finn al St-Félix », a-t-il précisé aux enquêteurs. Ils ont emprunté une entrée rocailleuse. C’est à l’abri des regards qu’il dit avoir commis cet acte sordide. « Mo finn trans so lagorz. » 

La victime s’est effondrée dans une mare de sang et a alors été transporté plus loin dans les champs. « J’avais acheté de l’essence il y a une semaine. J’ai aspergé le cadavre avant d’y mettre le feu », a-t-il avoué aux limiers. Le couple a été présenté devant la Bail & Remand Court, samedi, pour son inculpation provisoire. Ils demeurent en cellule policière. Comme les enquêteurs soupçonnent que les suspects n’ont pas agi seuls, d’autres individus sont recherchés.

Lundi matin, un corps calciné a été retrouvé dans un champ de canne à St-Felix. La victime portait une profonde lacération au cou. Ce sont deux ouvriers bangladais qui ont fait cette découverte macabre. 

Dans un premier temps, la victime n’avait pu être identifiée. Les policiers ont retrouvé une clé, une bouteille sentant l’essence et un briquet à proximité du cadavre. L’autopsie a conclu que la victime a été égorgée. C’est grâce à la clé que les enquêteurs de l’Anti Robbery Squad de la Southern Division et ceux de la CID de Chemin-Grenier ont pu avoir un indice, qui finalement mènera à l’identification de la victime. 

Kamlesh Kumar était porté manquant depuis le samedi 27 octobre. La clé était celle d’une chambre qu’il partageait avec deux collègues et leur clé correspondait. Les limiers ont épluché les fréquentations de la victime pour remonter jusqu’aux suspects.