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Le pouvoir s’arrête là où commence maman

Par Azeem Khodabux
Publié le: 31 May 2026 à 15:00
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fete maman

Derrière les fonctions officielles, ils redeviennent de simples enfants face à leur mère. Entre tendresse, discipline et éclats de rire, plusieurs personnalités politiques se confient sur ces répliques maternelles rituelles, devenues de véritables boussoles de vie.

Veuve à 43 ans avec 8 enfants : Marceline, le modèle absolu de Véronique Leu-Govind

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veronique

Derrière les fonctions officielles de Véronique Leu-Govind, Junior Minister des Arts et de la Culture, résonne la voix de Marceline. Une « femme de fer » qui a élevé seule huit enfants et dont les leçons de dignité guident, aujourd’hui encore, les choix les plus cruciaux de la femme politique. 

Devenir veuve à seulement 43 ans avec huit enfants à charge : c’est le défi titanesque auquel Marceline Leu a fait face, refusant de refaire sa vie pour se consacrer exclusivement à sa tribu. Pour les nourrir et payer les études, elle enchaîne les gardes de nuit et de jour comme garde-malade. Les temps sont durs, les obstacles financiers immenses, mais pas assez pour freiner sa détermination.

« Manz to margoz amer, avoy to zanfan lekol. Samem pou vinn to dimiel demin. » Cette phrase, lancée par la rectrice à cette mère d’une élève aussi pauvre que brillante, est devenue la prophétie de la famille. Le « dimiel » est arrivé, mais Véronique Leu-Govind n’oublie rien : « Ce que je suis aujourd’hui, c’est grâce à ses sacrifices, aux valeurs et principes inculqués. »

Pour Marceline, le titre de Junior Minister ne change rien aux règles. Elle reste la matriarche qui fixe les limites. C’est d’ailleurs vers elle que Véronique se tourne un samedi, alors qu’elle est au plus bas, rongée par le doute face à des décisions politiques majeures. Sans lui dicter sa conduite, Marceline lâche une phrase couperet : « Pa res kot dimounn pa respekte twa. »

Ces quelques mots claquent comme une libération. Ils donnent à Véronique le courage de tout quitter pour tracer sa propre voie. Un électrochoc maternel qui l’a menée là où elle est aujourd’hui.

Dans une maison de huit enfants, les désaccords sont inévitables. Pourtant, Marceline a érigé une règle d’or, non négociable, qu’elle transmet désormais à ses 16 petits-enfants : l’interdiction de rompre le dialogue. « Zot tou sorti dan enn sel vant, mo pa le trouv lot pa koz avek lot, sa mo pa tolere kot mwa. »

Aujourd’hui, Marceline Leu savoure sa plus belle réussite : l’unité indéfectible de son clan. Unie par cette force tranquille, la famille sait que le refuge familial ne ferme jamais ses portes. « Lakaz mama, lakaz granmer res touzour ouver pou tou la fami », rappelle-t-elle souvent.

À l’occasion de la Fête des mères, la Junior Minister ne formule qu’un vœu : dire un immense merci à celle qui a été son père, sa mère, son exemple, et qui reste sa plus belle source d’inspiration.

Kaviraj Sukon : « Un regard de ma mère suffisait à me remettre au travail »

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kaviraj

Chez les Sukon, l’autorité maternelle a toujours eu la force de l’évidence. Végétarienne de naissance et pour la vie, Poospawtee, la mère de Kaviraj Sukon a érigé ses choix en principes de vie incontournables. Sans appel ni discussion possible, elle a veillé à ce que son fils suive cette même ligne droite.

« Elle n’avait pas besoin de hausser le ton. Un regard suffisait. Des décennies plus tard, je suis toujours végétarien, fidèlement, naturellement, comme un héritage gravé dans la chair. » 

Dernier enfant et unique fils de la fratrie, le ministre de l’Enseignement supérieur a grandi couvé par cet amour enveloppant, mais qui refusait toute forme de complaisance. Pour cette mère visionnaire, être stricte était la plus belle preuve d’amour : elle refusait de voir le potentiel de son fils se gâcher par paresse.

Chaque soir, le même rituel immuable s’installait dans la maison familiale. Peu importait la fatigue de la journée, les distractions n’avaient pas leur place. Autour de la table, les cahiers s’ouvraient et les stylos s’ordonnaient sous l’œil vigilant de cette sentinelle silencieuse. C’est là, entre deux devoirs, qu’elle transmettait sa réplique culte, devenue la boussole de Kaviraj Sukon : « Dans la vie, c’est l’éducation et le travail qui font grimper. Rien d’autre. »

Aujourd’hui, Kaviraj Sukon mesure chaque jour l’impact de ces soirées d’étude et de cette discipline de fer. Le parcours a été long depuis la table des devoirs, mais la gratitude, elle, reste intacte.

Ranjiv Woochit : sa mère, le ciment d’une tribu de quatre fils

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S’il porte le costume de ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit reste avant tout le fils de sa mère. À l’occasion de la Fête des mères, il lève le voile sur le pilier de sa vie : une matriarche qui, avec autant de tendresse que d’autorité, maintient l’unité d’un clan de quatre fils. 

Dhaneshwary  a beau voir son fils gérer les affaires publiques et les collectivités du pays, pour elle, le protocole n’a pas sa place à la maison. Avec une réplique bien à elle, elle remet les pendules à l’heure : « Mo pa interese ki gran zot inn vini, pou mwa zot res mo bann zanfan. » Cette phrase résume à elle seule le regard protecteur d’une maman, imperméable aux statuts et à la réussite sociale, pour qui ses quatre fils resteront à jamais ses « petits ».

Si Ranjiv Woochit occupe aujourd’hui de hautes fonctions, il sait ce qu’il doit à l’éducation de cette femme discrète et dévouée, qui a toujours fait passer le confort de ses enfants avant le sien, leur léguant un héritage immatériel précieux : l’humilité, le respect et la solidarité.

La plus grande victoire de Dhaneshwary ? Avoir réussi à maintenir sa tribu soudée. Aujourd’hui encore, les quatre frères, leurs épouses et leurs enfants forment un bloc uni, veillant quotidiennement sur la matriarche. Chez les Woochit, pas question de laisser maman porter ses soucis en silence : le partage et la présence sont des règles d’or.

Loin de l’image d’une mère casanière, Dhaneshwary croque la vie à pleines dents. Active, elle s’autorise de précieux moments de liberté. D’ailleurs, elle a récemment fait une escapade de détente à Rodrigues avec sa soeur. Il faut ajouter à cela les vacances organisées presque chaque année avec ses enfants.

La célébration, ce dimanche, se fera autour du traditionnel repas de la Fête des mères, où toute la famille se retrouve autour de la table. Pour le ministre, célébrer sa mère est aussi l’occasion d’élargir la réflexion. Il insiste sur la complémentarité des parents dans la construction d’un foyer équilibré, associant le père à cet hommage de gratitude.

En saluant toutes les mamans de Maurice, Ranjiv Woochit insiste : « Une société forte commence toujours par une famille forte, et derrière chaque famille forte se trouve très souvent une mère courageuse ». Pour la sienne, le message tient en un mot : merci.

« Rentre à la maison » : le message quotidien qui protège Anishta Babooram

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Derrière la Junior Minister au ministère de la Santé et du Bien-être, se cache une femme forgée par un modèle absolu : sa mère, Rooma. Le destin de la jeune Anishta Babooram bascule brutalement à l’âge de 10 ans. Le décès prématuré de son père laisse sa famille face à l’incertitude. Du jour au lendemain, sa mère se retrouve seule pour élever deux enfants, elle et son frère Rajeev (photo), dans un contexte financier particulièrement précaire. « Malgré les épreuves, elle n’a jamais abandonné. Aujourd’hui encore, elle reste une femme forte qui se bat avec dignité et amour pour sa famille. »

La pauvreté n’aura pas le dernier mot. Redoublant d’efforts, cette mère s’est oubliée pour que l’essentiel ne manque jamais. Tel est le premier grand enseignement de résilience reçu par Anishta Babooram. Pour s’en sortir, un levier unique : l’école. Convaincue que le savoir reste le meilleur passeport pour l’avenir, Rooma investit le peu de ressources dont elle dispose dans les études d’Anishta et de Rajeev. Un pari sur l’avenir qui portera ses fruits.

C’est grâce à cette foi inébranlable et à ces sacrifices quotidiens qu’Anishta Babooram a pu tracer son chemin jusqu’au gouvernement, armée d’une confiance et d’une ambition à toute épreuve. « Chaque réussite que j’ai accomplie porte une part de ses efforts et de son amour. »

Comme si le destin n’avait pas assez testé cette famille, un nouveau coup dur frappe : le diagnostic d’un cancer du sein. Un séisme émotionnel pour ses proches, mais face auquel la matriarche va une nouvelle fois faire preuve d’une détermination extraordinaire. Refusant le découragement, Rooma suivra les traitements lourds tout en gardant un optimisme protecteur pour ses enfants. Résultat : une victoire sur la maladie et un statut d’héroïne aux yeux de sa fille.

Aujourd’hui, bien que les obligations politiques d’Anishta Babooram et la vie d’adulte les séparent géographiquement, le lien reste indéfectible. Entre les séances parlementaires, les dossiers de la Santé et les fonctions officielles tardives, le téléphone de la Junior Minister vibre toujours du même amour maternel.

Un appel quotidien pour s’assurer qu’elle a déjeuné, un message de prudence, et cette phrase rituelle qui résonne comme un refuge : « Rentre à la maison. » 

Sydney Pierre : « Le plus beau cadeau de ma mère ne s’achète pas »

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À l’occasion de la Fête des mères, le Junior Minister au Tourisme livre un témoignage pudique. Loin des discours politiques convenus, Sydney Pierre pose des mots empreints de gratitude sur celle qui a tout sacrifié pour lui : sa mère, Noësie. 

L’histoire commence dans la modestie d’une cité ouvrière, là où l’économie familiale se joue à la roupie près. Si le père assume les dépenses courantes, la mère de Sydney Pierre se donne une mission sacrée : travailler et économiser la moindre pièce pour ouvrir les portes de l’école à son fils.

« Je me souviens encore de ces Rs 5 qu’elle me donnait pour prendre l’autobus. Derrière ce geste, il y avait des privations et surtout une mère qui croyait fermement que l’éducation pouvait changer le destin de son enfant. » 

Le petit garçon a grandi, a voyagé et a tracé son chemin à l’international avant de rejoindre les rangs du gouvernement. Mais peu importe la distance qui les sépare aujourd’hui ou la hauteur des fonctions occupées, le cordon n’est jamais rompu. Chaque étape, chaque réussite, chaque article de presse est immédiatement envoyé à sa mère. Noësie demeure la première destinataire de ses victoires. 

Pour Sydney Pierre, le plus beau cadeau de sa mère ne s’achète pas. C’est un héritage de valeurs fortes qu’elle lui a transmis par l’exemple, bien plus que par les mots : le courage et le travail, l’honnêteté, la persévérance, et le respect des autres.

« Pour la Fête des mères, je veux simplement lui dire merci. Merci pour les sacrifices, pour les encouragements, pour les inquiétudes aussi, et pour cette confiance qu’elle a toujours placée en moi, même dans les moments les plus difficiles. »

Ehsan Juman : « Ce que ma mère m’a appris »

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Chez Ehsan Juman, les leçons les plus importantes ne viennent ni des bancs de l’Assemblée nationale ni des joutes politiques. Elles viennent de sa mère, Nazma. D’une femme issue d’un milieu modeste, qui lui a transmis très tôt une certaine idée de la dignité.

« Mon fils, la pauvreté n’est pas une honte. La vraie honte, c’est de perdre ses valeurs en cherchant la réussite. » Cette phrase, le député dit l’avoir entendue toute son enfance, et elle continue, aujourd’hui encore, à guider ses choix.

Ehsan Juman raconte avoir grandi dans une famille où l’on ne possédait pas grand-chose, mais où l’on apprenait à avancer « la tête haute ». Chez lui, le respect des autres, l’humilité et le refus de l’envie faisaient partie des principes de base.

Avec le temps, la vie lui a offert des responsabilités et une place sur la scène politique. Mais derrière le député, il reste ce fils qui entend toujours la voix de sa mère dans les moments de doute ou de fatigue. Quand les critiques deviennent lourdes ou que les combats politiques s’intensifient, il dit puiser sa force dans ses paroles : « Ne baisse jamais les bras. Dieu voit les efforts avant même les résultats. »

Dans un univers politique qu’il reconnaît parfois difficile, Ehsan Juman affirme que sa mère reste sa boussole morale. Elle ne lui demande pas d’être puissant, insiste-t-il, mais d’être droit. De faire le bien sans attendre les regards ou les applaudissements. Et surtout, de ne jamais trahir les valeurs avec lesquelles elle l’a élevé.

« Les postes passent, l’argent passe, les applaudissements passent… mais les valeurs, elles, nous suivront jusque devant Dieu », lui rappelle-t-elle encore aujourd’hui. Une phrase qui, à ses yeux, résume toute une vie.

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Fabrice David : À la question : « Quelle est la réplique ou le reproche culte de votre mère qui vous rappelle instantanément que, peu importe votre âge ou votre statut, c’est elle qui commande ? », je souris immédiatement, parce que la réponse me vient naturellement.

Ma maman m’a toujours dit : « Même quand tu auras 50 ans, je serai toujours ta maman. » Et avec le temps, j’ai compris qu’elle voulait dire quelque chose de très simple : on peut grandir, avoir des responsabilités, devenir ministre, mais pour une maman, on reste toujours son enfant.

Je dois avouer qu’enfant, puis adolescent, cette phrase me semblait presque comme une tendre menace dont je ne mesurais pas encore toute la portée. Dans ma tête, je me disais : « Oui, oui maman… on verra bien quand je serai grand ! » Comme si l’âge adulte allait soudainement me donner une immunité officielle contre les conseils maternels.

Eh bien, le jeune moi plein d’assurance que j’étais, avait tort…alors que je me rapproche tranquillement de mes 50 ans, je commence à soupçonner fortement que ma mère avait signé un contrat à vie dont je n’ai jamais lu les petites lignes.

Les mamans ont ce pouvoir mystérieux. Elles peuvent détecter au téléphone que quelque chose ne va pas simplement avec un « Allô ». Elles demandent encore si on a mangé à l’heure. Elles nous rappellent de ne pas nous coucher trop tard.

Et le plus drôle, c’est qu’avec le temps, on réalise qu’elles n’essayaient pas de contrôler nos vies. Elles nous enveloppaient simplement d’un amour tellement immense qu’il venait avec des rappels automatiques, des inquiétudes permanentes et quelques conseils répétés avec une constance admirable.

Aujourd’hui, à l’occasion de la fête des mères, je veux rendre hommage à toutes les mamans.

Et à la mienne en particulier, je lui dis : « tu avais raison, bonne fête maman. »

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