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Le politicien-avocat 2.0 au parcours controversé 

Avocat, amoureux de la démocratie, antiMSM, playboy aux goûts de luxe… Les qualificatifs pour décrire Akil Bissessur ne manquent pas. Actif au sein du Parti travailliste (PTr) depuis une quinzaine d’années, Akil Bissessur s’est très vite imposé comme étant le politicien génération 2.0 aux allures blingbling. Amoureux du cheval, du foot anglais, du voyage et de la bonne bouffe, l’avocat nage en pleine tourmente depuis le vendredi 19 août. Sa vie est comme un livre ouvert sur les réseaux sociaux. S’il n’a jusqu’ici pas encore eu l’occasion de faire partie de l’establishment rouge entre 2005 et 2014, Akil Bissessur, confie-t-on au sein du PTr, a cependant eu droit à quelques « avantages ». 

Se présentant comme un ‘die-hard’ rouge, il n’appartient cependant à aucune instance du parti. Selon certaines sources chez les Rouges, Akil Bissessur avait signifié son intention d’intégrer l’exécutif du parti après le congrès de renouvellement du PTr. Projet qu’il devra toutefois repousser vu les circonstances actuelles. C’est en 2017 que l’avocat s’est surtout illustré auprès du PTr, notamment à l’élection partielle à Belle-Rose/Quatre-Bornes (18) où Arvin Boolell se fera élire. « Il s’était beaucoup investi que ce soit en termes d’énergie, de logistiques et de ressources financières », laisse entendre un dirigeant du parti. Un des atouts de Me Bissessur au sein du PTr repose sur la considération que lui accorde le leader Navin Ramgoolam, avec lequel il avait voyagé en 2014. Navin Ramgoolam était alors Premier ministre. 

Actif sur les réseaux sociaux pour être un ardent opposant du régime Mouvement Socialiste Militant (MSM), Akil Bissessur a, depuis les élections générales de 2019, donné une nouvelle dimension à ses prises de position en allant prêter main forte au groupe d’avocats qui se fait appeler ‘Avengers’ dans l’affaire entourant le décès de l’ancien agent du MSM, Soopramanien Kistnen. Il s’est aussi fait remarquer en proposant ses services à Dominique Seedeeal, aussi connu comme «Darren l’activiste », lors de son arrestation en avril dernier après les affrontements survenus à Barkly. 

« Ce qui témoigne sa volonté claire et nette à se mettre sur le devant de la scène, avec en ligne de mire une investiture aux élections générales de 2024 », soutient un dirigeant rouge. 

L’ambition politique d’Akil Bissessur le pousse toutefois dans des situations contraignantes. Il est toujours prêt à critiquer les décisions et autres actions politiques du gouvernement. Ce qui lui vaut pas mal de démêlés avec la police et la justice. Il compte, à ce jour, diverses arrestations : d’abord en mars 2021, après avoir fait une série d’allégations sur l’ancien Chief Executive Officer (CEO) de Mauritius Telecom (MT), Sherry Singh, puis, pour avoir fait circuler des ‘fake news’ sur le service de messagerie WhatsApp lors du confinement de 2021. Il a, dans le cas de Sherry Singh, été blanchi en justice.
 
Le cas Akil Bissessur divise l’état-major des Rouges. Plusieurs cadres, interrogés par Le Défi Quotidien, se sont abstenus de tout commentaire, faisant comprendre qu’il s’agit d’une affaire délicate sur laquelle ils préfèrent ne pas se prononcer. S’il y avait un fort soutien des membres du parti en faveur de l’avocat au moment où il s’était fait arrêter, la vidéo mise en ligne dimanche - qui fait état d’une perquisition au domicile de la compagne d’Akil Bissessur - est venue changer la donne. «Ce que nous avons vu dimanche est équivoque. Même s’il ne s’agit pas de la finalité de l’affaire, les images interpellent», s’accordent à dire des députés du PTr. Aussi, s’il avait à, un moment donné, été question d’une démonstration de soutien envers Akil Bissessur, le PTr ne compte, pour l’heure, rien faire en ce sens. 

Shakeel Mohamed, député de Port-Louis Maritime/Port-Louis Est (3), est un des rares membres du PTr à témoigner publiquement sur cette affaire. « Pour l’heure, je ne gobe pas la théorie d’une affaire de trafic. Pourquoi les policiers ne se sont-ils pas tout simplement contentés de frapper à sa porte et lui montrer le warrant qu’il y avait contre lui ? Pourquoi les caméras ont-elles été détruites ? » Ce sont autant de questions que se pose le député travailliste, qui se dit « intrigué » par le timing de la diffusion de la vidéo de la perquisition dimanche. « Cette vidéo a été mise en circulation dimanche à 14 heures, soit avant que la magistrate ne donne son ruling sur cette affaire. L’objectif de la vidéo était de « poison » l’esprit du public », dit-il.

 

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