Le pétrole franchit les 100 dollars le baril, une première depuis mai
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Defimedia.info
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Les prix du pétrole ont dépassé les 100 dollars le baril pour la première fois depuis le mois de mai, sur fond d'escalade du conflit au Moyen-Orient qui ravive les craintes concernant l'approvisionnement énergétique mondial.
Selon la BBC, le Brent, référence mondiale du pétrole brut, a progressé de plus de 6 % jeudi, après plusieurs jours de hausse, dans un contexte marqué par l'intensification des frappes militaires américaines contre l'Iran.
La flambée des prix s'est accentuée après des attaques menées par les rebelles houthis du Yémen contre des pétroliers en mer Rouge, mettant en péril une route d'exportation stratégique utilisée par l'Arabie saoudite pour contourner le détroit d'Ormuz.
La BBC souligne également que les prix du gaz poursuivent leur hausse. Au Royaume-Uni, le prix de référence du gaz s'établit désormais à environ 150 pence par thermie, contre 98 pence à la fin du mois de juin.
Les cours du pétrole avaient pourtant reculé à la faveur d'un cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l'Iran. Ils étaient revenus à des niveaux observés avant le début des opérations militaires américaines et israéliennes contre l'Iran, le 28 février. Mais l'échec de cette trêve a ravivé les tensions. Cette semaine, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a estimé que les dirigeants iraniens n'étaient « pas prêts à conclure un accord ».
Selon la BBC, cette nouvelle flambée des prix de l'énergie pourrait raviver les pressions inflationnistes dans de nombreux pays, notamment au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Une hausse durable du pétrole entraîne généralement une augmentation des prix de l'essence et du diesel. Au-delà des carburants, elle risque aussi d'alourdir les coûts de transport des entreprises, qui pourraient les répercuter sur les consommateurs, notamment sur les produits alimentaires et d'autres biens de consommation.
Au Royaume-Uni, les prix de l'essence ont augmenté de 5 pence par litre depuis le début du mois de juillet, atteignant près de 1,56 livre sterling le litre, tandis que le diesel s'établit en moyenne à 1,72 livre sterling, selon le RAC. Aux États-Unis, le prix moyen de l'essence dépasse de nouveau les 4 dollars le gallon, contre 3,92 dollars un mois plus tôt, d'après l'association AAA.
Jonathan Raymond, gestionnaire d'investissement chez Quilter Cheviot, estime que la hausse des prix de l'énergie pourrait se répercuter sur l'ensemble de l'économie en renchérissant les coûts des entreprises, ce qui compliquerait la lutte des banques centrales contre l'inflation. Si cette situation perdure, celles-ci pourraient être contraintes de maintenir leurs taux d'intérêt à un niveau élevé plus longtemps, voire de les relever.
La Banque d'Angleterre a maintenu son taux directeur à 3,75 % lors de ses quatre dernières réunions. L'économiste Paul Dales, de Capital Economics, estime qu'elle devrait de nouveau le laisser inchangé, tout en jugeant que des baisses restent envisageables l'an prochain si les prix de l'énergie se stabilisent.
Aux États-Unis, le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a réaffirmé devant le Congrès que l'institution ne tolérerait pas une inflation durablement élevée. Malgré les appels du président Donald Trump en faveur d'une baisse des taux d'intérêt, la Fed a maintenu son principal taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,5 % et 3,75 % lors de sa première réunion sous la présidence de Kevin Warsh.
Source : BBC