Mise à jour January 4, 2026, 6:00 pm

Le mot de passe 2026

Par Le Dimanche /L' Hebdo
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  • 5 intentions pour déverrouiller l’année

Et si 2026 commençait avec un mot, un fil conducteur, une intention claire pour guider l’année ? Pour cette première édition, nous avons demandé à plusieurs personnalités mauriciennes de choisir leur « mot de passe » pour 2026 : un mot simple mais porteur de sens, capable d’inspirer, d’interpeller et surtout d’agir sur le réel.

Dr Yasheel Aukhojee, directeur de Médecin à Domicile

AGIR : le mot qui donne l’élan à 2026

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yasheel

Pour démarrer 2026, le Dr Yasheel Aukhojee, directeur de Médecin à Domicile, propose un mot simple, puissant : agir. Pas de concept philosophique compliqué, pas de grand slogan. Juste ce verbe court, direct et essentiel. Pour lui, « nous n’avons pas besoin de mots compliqués, mais de mouvement ». Agir, dit-il, « rappelle que le progrès commence toujours par une décision simple : celle de se lever, de commencer, de faire sa part, même quand le contexte n’est pas parfait ».

Ce choix révèle beaucoup de la société actuelle. Nous traversons une période d’incertitude, où beaucoup attendent des solutions extérieures. Or, l’histoire montre que les sociétés avancent lorsque les citoyens adoptent l’action plutôt que l’attente. Pour le Dr Aukhojee, agir est un appel à la confiance, à l’élan collectif et à la responsabilité partagée.

Nous n’avons pas besoin de mots compliqués, mais de mouvement»

Mais agir, ce n’est pas forcément réaliser de grandes choses spectaculaires. C’est avant tout une discipline du quotidien : se lever à l’heure, être ponctuel, respecter ses engagements, travailler sérieusement et transmettre ces valeurs par l’exemple. Il évoque également une méthode simple et efficace pour dépasser la procrastination : la règle du 5-4-3-2-1, issue d’un ouvrage qu’il a récemment lu. Lorsque survient une action importante, on compte mentalement… puis on se met en mouvement. Une manière concrète d’apprendre à ne plus hésiter.

Ce mot prend tout son sens dans les rencontres qu’il fait au quotidien, à Maurice comme à l’étranger. Il admire ces personnes qui donnent le meilleur d’elles-mêmes jusqu’à la dernière minute, qui accueillent le dernier client avec le même sourire et la même énergie que le premier. C’est cela, agir : une constance silencieuse, le respect du travail bien fait, une fierté discrète qui construit la confiance d’un pays.

Et s’il devait laisser une phrase pour débuter l’année, la voici : « Ne commencez pas l’année avec des promesses. Commencez-la avec un premier pas. »

Valérie Médard-Ramchurn, danseuse et artiste

OSER : briser les tabous et assumer son unicité

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Oser. C’est, affirme Valérie Médard-Ramchurn, danseuse et artiste, le mot qui devrait guider 2026. Un mot clair, vibrant et porteur d’un véritable appel intérieur. Un mot, dit-elle, « lourd de sens », parce qu’il pousse à se bouger, à sortir de sa coquille, à aller vers les autres.

Dans notre société, estime-t-elle, il existe encore trop de tabous et de non-dits. À Maurice, beaucoup hésitent encore à dénoncer ce qui ne va pas ou à donner leur avis, par peur d’être mis de côté ou considérés comme différents. Avec les réseaux sociaux, la situation se complique : en un clin d’œil, des sujets sans importance deviennent viraux et les insultes fusent.

Oser dire ce que l’on pense, même si c’est petit, c’est déjà un pas en avant.»

Pourtant, Valérie insiste : nous sommes une société pleine de potentiel et il est temps que ceux qui portent de bonnes idées pour faire avancer le pays osent les exprimer et les défendre. Elle invite à arrêter de copier les autres, mais plutôt à s’inspirer de ce qui est bien fait et à créer à partir de ses propres idées originales.

Oser peut paraître anodin, mais chaque geste compte. « Oser dire ce que l’on pense, même si c’est petit, c’est déjà un pas en avant et cela crée une satisfaction personnelle », affirme-t-elle. Oser, c’est aussi aller à la rencontre des autres communautés, poser des questions quand on ne sait pas, assumer d’être différent pour se démarquer, et accepter d’être unique.

Dans le domaine artistique, cet appel résonne avec encore plus de force. Valérie rappelle que beaucoup d’artistes talentueux restent dans l’ombre, non pas parce qu’ils sont exclus, mais simplement parce qu’ils hésitent à montrer leur savoir-faire, par peur d’être critiqués. Pour elle, 2026 doit être l’année où l’on ose créer, entreprendre, proposer, prendre sa place.

Et son message sonne comme une affirmation puissante, simple et essentielle : « OSEZ être ce que vous êtes vraiment ! »

Sheryl Smith, entrepreneuse et auteure

AMOUR : le moteur d’une société apaisée

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sheryl

Le mot qui devrait guider 2026 s’impose naturellement, estime Sheryl Smith, entrepreneuse et auteure : amour. Un mot simple, universel, mais d’une puissance immense. Il évoque, dit-elle, « l’essence même de notre existence ».

L’amour impose une pause, ralentit le rythme intérieur dans un monde pressé, fragmenté, souvent dur. Elle pense à cet amoureux dont l’amour fait tourner la tête et fait oublier les problèmes, ou encore à un enfant qui sourit et diffuse un amour pur. C’est une valeur qui traverse les cultures et les générations, comprise par tous.

L’amour fait vivre encore plus que l’espoir.»

Choisir l’amour, c’est aussi reconnaître qu’il manque parfois à notre monde : dans nos relations, notre façon de travailler, de communiquer, mais aussi dans la façon dont nous nous regardons nous-mêmes. Pour Sheryl, si nous faisions les choses avec plus d’amour, si nous abordions les autres avec plus de bienveillance tout en apprenant à nous offrir cet amour à nous-mêmes, la société serait plus apaisée. Il y aurait davantage d’engagement, moins de violence, moins d’aigreur et davantage d’écoute.

Pour les Mauriciens, l’amour peut devenir un véritable moteur collectif. Il invite à s’unir pour aimer notre pays, à aider l’autre à avancer plutôt que de le considérer comme un rival, à privilégier la solidarité plutôt que la compétition. À ses yeux, cela nous permettrait d’avancer plus vite, mais surtout mieux, ensemble.

Dans sa propre vie, l’amour est un souffle vital. « L’amour fait vivre encore plus que l’espoir », confie-t-elle. L’amour de son métier lui donne l’élan de se lever chaque matin. L’amour pour l’humain la pousse à écrire, transmettre, créer. Et elle en est convaincue : tout ce qui est fait avec amour est reçu différemment, avec plus de profondeur et de saveur.

Alors, si un message devait accompagner le début de l’année, il serait celui-ci : « Aime avant de juger. Aime avant de critiquer. Aime et aide, plutôt que de piétiner. »

Jean-Luc Mootoosamy, directeur de Media Expertise

FRATERNITÉ : bâtir un destin commun sous « Mama Moris »

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Pour Jean-Luc Mootoosamy, directeur de Media Expertise, le mot qui devrait guider 2026 est profondément humain : fraternité. Un terme qui, selon lui, devrait prendre plus de place dans le cœur de chaque Mauricienne et Mauricien. Car au-delà des liens de sang, nous sommes frères et sœurs liés par une île, une République. « Ne disons-nous pas ‘lakaz mama’ ? ‘Mama’, c’est aussi ‘Mama Moris’ », souligne-t-il avec sens.

Il reconnaît volontiers que ce mot peut faire sourire, tant notre réalité sociale est traversée par les différences : ethnies, appartenances politiques, statut économique, tout semble parfois déterminer la distance ou la proximité que nous accordons à l’autre. « Ceux qui ont trop ne voient pas ceux qui n’ont pas. Ceux qui n’ont rien n’imaginent pas une seconde que les plus nantis les verraient comme frères ou sœurs », dit-il. Pourtant, c’est précisément là que la fraternité devient essentielle.

Ne disons-nous pas ‘lakaz mama’ ? ‘Mama’, c’est aussi ‘Mama Moris’»

Si, en 2026, nous ne nous sentons pas frères et sœurs, liés par un même destin, il sera difficile de bâtir un véritable projet commun face à un monde déjà troublé par les conflits. La fraternité, poursuit-il, nous aide à voir l’autre, à le relever, à ne pas le laisser au bord de la route, à reconnaître ses peines mais aussi à partager ses joies. Lorsqu’on considère l’autre comme un frère ou une sœur, on agit différemment : on intervient si l’on entend une voisine se faire agresser ; face à une personne en détresse sous l’effet de drogues, on appelle les secours avant de penser à filmer pour les réseaux sociaux.

Cette valeur, rappelle-t-il, est celle qui a permis à des femmes et des hommes venus de différents horizons de construire ce pays et de le faire fleurir. Elle demeure l’élément fondamental qui permettra aux Mauriciens de faire bloc face à l’adversité, de tenir ensemble et d’avancer, non pas chacun pour soi, mais côte à côte.

La fraternité, conclut-il, n’est pas qu’un mot. C’est une direction, une responsabilité et surtout une force qui nous fait avancer ensemble.

Sarvesh Dosooye, psychologue

RESPECT : la boussole de la stabilité sociale

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sarvesh

Le psychologue Sarvesh Dosooye en est convaincu : le mot qui devrait guider 2026 est respect. Un mot trop souvent négligé jusqu’au moment où l’on réalise, parfois trop tard, combien il était essentiel. Respect de soi, respect des autres, respect de ses choix, de ses mérites, du temps, de la logique, du cadre… Respect « de tout », insiste-t-il, car sans respect, il ne peut y avoir de véritable progrès.

Ce choix reflète aussi une réalité préoccupante de notre société actuelle. De plus en plus, les gens deviennent impulsifs, impatients, happés par la recherche de gratification immédiate. Sous l’emprise des émotions, il devient difficile de se maîtriser. « Le challenge, c’est de réfléchir avant d’agir », souligne le psychologue.

Or, dans un contexte où beaucoup ressentent une forme d’instabilité permanente, personnelle comme professionnelle, certains ne mesurent plus les conséquences de leurs actions. Le manque de respect finit alors par détériorer le climat social, rendre la vie plus dure pour tous… et freiner l’avancement collectif.

Le challenge, c’est de réfléchir avant d’agir.»

En 2026, le respect doit ainsi devenir une boussole. Car il n’y a pas de stabilité sans respect. Respecter les autres, c’est contribuer à une société mieux équilibrée, à une vie plus fluide. Ce que l’on donne finit toujours par revenir, rappelle-t-il. On ne peut espérer une vie meilleure si l’on ne fait que prendre sans jamais donner.

Sarvesh Dosooye illustre cela par un exemple simple et très concret : la route. Si chacun veut passer en premier, persuadé d’avoir priorité sur tous les autres, cela finit en embouteillage interminable. Mais si chacun respecte le code, l’ordre d’arrivée, la circulation devient naturellement plus fluide. « Laisser passer quelqu’un ne signifie pas être inférieur à lui, mais comprendre la situation et faire preuve de respect, de sagesse et de maturité », insiste-t-il.

Pour débuter l’année, il laisse un message fort, presque comme une ligne de conduite : « Le monde a besoin de penseurs. Le monde a besoin de faiseurs. Mais plus que tout, le monde a besoin de penseurs qui transforment leurs pensées en action. Si chacun peut réfléchir avant d’agir, tout le monde en sortira gagnant. »

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