Le ministre Ranjiv Woochit : «La modernisation des collectivités locales doit inclure tout le monde»

Par Ajagen Koomalen Rungen 
Publié le: 23 février 2026 à 13:00
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collectivite local
Une réforme structurelle se prépare pour les collectivités locales, visant plus d’efficacité, de transparence et de proximité avec les citoyens.

La réforme du système de collectivités locales vise à renforcer l’autonomie, améliorer la qualité des services et restaurer la confiance des citoyens, tout en préservant la proximité et l’inclusion dans chaque village et quartier de l’île. Le ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, abode les grandes lignes de cette transformation.

À l’heure où les attentes citoyennes évoluent et où la qualité des services publics est scrutée, le gouvernement entreprend une réforme structurelle des collectivités locales. L’objectif : bâtir des institutions modernes, autonomes et performantes, capables de répondre aux besoins de la population tout en restant proches des habitants.

Le ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, a présenté les grandes lignes de cette transformation au Sir Harilall Vaghjee Memorial Hall, à Port‑Louis, insistant sur l’importance de résultats concrets : « Ce n’est pas un exercice de forme. Nous voulons des collectivités qui fonctionnent réellement pour les citoyens », souligne-t-il.

Le cadre légal actuel repose sur l’Ordonnance de 1962 et la Local Government Act de 2011. Si ces textes ont structuré l’organisation territoriale autour des conseils municipaux et des conseils de district, l’urbanisation, la pression démographique et la digitalisation ont mis en évidence certaines limites. Les constats : procédures lourdes, dépendance financière envers le gouvernement central, disparités de performance entre collectivités et perception d’une participation citoyenne insuffisante.

Le 13 décembre 2024, un comité interministériel a été mis en place pour revoir le dispositif. Son mandat : analyser les faiblesses, identifier les chevauchements de compétences et proposer un modèle modernisé centré sur le citoyen. Entre janvier 2025 et février 2026, réunions stratégiques et sessions techniques ont permis d’intégrer les réalités du terrain, notamment les ressources humaines, les capacités budgétaires et la gestion des infrastructures.

Trois axes

« Notre objectif n’est pas d’augmenter les taxes pour les familles », rappelle Ranjiv Woochit. Pour réduire la dépendance au Grant-in-Aid, trois axes sont privilégiés : mieux exploiter les biens existants des collectivités, améliorer la gestion et la collecte des revenus et créer de nouvelles sources de financement équitables. « Le principe est clair : renforcer les finances sans alourdir les charges des ménages », insiste le ministre.

La réforme examine également la municipalisation. Les conseils municipaux et de district accomplissent aujourd’hui des missions similaires : collecte des déchets, entretien des routes, délivrance de permis ou gestion d’infrastructures locales. Une structure plus cohérente permettrait d’harmoniser les standards, d’optimiser les ressources et de réduire les disparités entre zones urbaines et rurales. « Moderniser ne veut pas dire supprimer l’identité des villages. Nous voulons préserver la proximité tout en améliorant l’efficacité », précise Ranjiv Woochit. 

Pour restaurer la confiance, la transparence et la redevabilité sont au centre des priorités. Publication des dépenses, réduction des délais administratifs, renforcement des contrôles financiers et mécanismes simples pour suivre les dossiers sont envisagés. « La confiance ne revient pas avec des discours. Elle revient lorsque les citoyens constatent des résultats clairs et mesurables », affirme le ministre.

La digitalisation complète cette réforme : permis en ligne, suivi électronique des requêtes et tableaux de bord publics, tout en maintenant des guichets physiques pour accompagner les citoyens moins à l’aise avec le numérique.

Enfin, l’autonomie responsable, la répartition équitable des ressources et des indicateurs de performance clairs doivent permettre aux collectivités de devenir des acteurs dynamiques du développement territorial, des plateformes de cohésion sociale et des institutions crédibles. Les travaux se concrétiseront dans un White Paper, présenté aux parties prenantes avant adoption finale. « Cette réforme n’est pas seulement un chantier administratif, c’est un véritable projet de société pour rapprocher les collectivités des citoyens et restaurer leur confiance », conclut le ministre Woochit

Les huit piliers de la transformation

La réforme s’articule autour de huit axes stratégiques :

1. Modernisation législative
Révision du cadre légal afin d’adapter les compétences et responsabilités aux réalités contemporaines.

2. Amélioration de la prestation des services
Standardisation des procédures et harmonisation des niveaux de service sur l’ensemble du territoire.

3. Transparence et intégrité
Renforcement des contrôles internes, publication des données budgétaires et lutte contre toute forme d’irrégularité.

4. Viabilité financière
Réduction de la dépendance au Grant-in-Aid et développement de ressources propres.

5. Transformation digitale
Dématérialisation des procédures, suivi en ligne des demandes et outils de gestion modernisés.

6. Autonomisation des communautés
Renforcement des mécanismes participatifs et implication accrue des citoyens.

7. Renforcement des capacités humaines
Formation continue, professionnalisation et optimisation des compétences internes.

8. Inclusion et durabilité
Alignement sur les Objectifs de développement durable (ODD) et prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux.

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