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Le métro opère sur la ligne Port-Louis/Curepipe depuis presque un mois : coup dur pour des opérateurs d’autobus

Les passagers délaissent de plus en plus les autobus pour le Metro Express.

Cela fait un mois que le Metro Express dessert la ligne Port-Louis/Curepipe. Déjà, ils sont de plus en plus nombreux les passagers qui délaissent les autobus pour le métro. Un véritable coup dur pour les compagnies d’autobus. La baisse du nombre de passagers est synonyme de chute dans les recettes. Ces compagnies tentent tant bien que mal de subsister et espèrent qu’une solution sera trouvée pour pouvoir travailler en synergie avec le métro.

Confortable et rapide, le métro attire de plus en plus. Depuis un mois, il est en opération commerciale sur la ligne Port-Louis/Curepipe Résultat : de nombreux passagers délaissent les autobus surtout durant les heures de pointe pour voyager à bord du métro qui est ponctuel et rapide. Ce qui n’est pas souvent le cas pour les autobus.

Baisse de 60 % pour le nombre de passagers 

Des compagnies d’autobus en souffrent. Ce n’est pas Dr Sidharth Sharma qui dira le contraire. Le Chief Executive Officer (CEO) de Rose-Hill Transport affirme que depuis l’entrée en opération du métro, la compagnie souffre. La situation va de mal en pis avec la mise en opération de la ligne Port-Louis/Curepipe. « Auparavant, nous véhiculions 40 000 passagers par jour. Aujourd’hui, une baisse de 60 % a été notée. On transporte désormais entre 16 000 à 18 000 personnes au quotidien. Ce qui a un impact sur nos recettes », explique-t-il.

Perte

Le CEO poursuit que la compagnie avait beaucoup de mal à entrer dans ses coûts. Rose-Hill Transport a dû diminuer sa flotte d’autobus. « Nous avions 100 autobus. Maintenant, nous n’en sommes qu’à 75. La hausse du prix du ticket d’autobus a été une bouffée d’oxygène. Sinon, on perdait près de Rs 3 millions de notre cashflow chaque mois », précise Dr Sidharth Sharma.
Évoquant la ligne Port-Louis/Curepipe du Metro Express, le CEO de Rose-Hill Transport parle de « succès » étant largement prisé par les passagers. Il prévoit encore un coup de massue avec la phase Ébène/Rose-Hill/Réduit. « Ce sera encore un assaut pour nous car nous opérons sur le ‘footprint’ du métro, alors que les autres compagnies ont d’autres lignes sur lesquelles elles opèrent », dit-il.

Approche holistique pour faciliter la transition 

Dr Sidharth Sharma espère que les autorités entameront des discussions sur les ‘white papers’ qui ont été envoyés en vue de trouver une approche holistique. « C’est au gouvernement de faciliter cette transition. Il faut une synergie entre le métro et les compagnies d’autobus. Il faut impérativement que les autorités prennent des mesures pour nous amener à bon port et stabiliser le secteur qui est très affecté », estime-t-il.

Trésorerie dans le rouge

Le CEO de Rose-Hill Transport ajoute que les employés essayent de négocier pour une hausse salariale, ce qui est tout à fait justifié avec le coût de la vie qui a augmenté. « We are under water. Nous avions un business profitable mais avec le métro, nous sommes dans une situation indépendante de notre volonté avec notre trésorerie qui est dans le rouge. Il y a aussi eu la COVID-19 qui a eu un grand impact sur nous ».

Chute de 25 % des recettes

Le Managing Director de l’United Bus Service Transport Ltd, Swaleh Ramjane concède aussi qu’il y a eu une baisse du nombre de passagers. « Le métro nous pique nos passagers. On a perdu 25 % de nos passagers, ce qui est aussi le cas pour nos recettes. Les personnes préfèrent le métro, qui est une ligne directe, rapide. Ils ne subissent plus la congestion routière. Puis, il n’y a pas une grande différence entre le prix du ticket d’autobus et celui du métro », dit-il.

Rencontre avec le ministre

Il soutient que la compagnie essaye tant bien que mal « de se débattre ». « Nous allons bientôt rencontrer le ministre du Transport pour lui faire part de nos doléances et essayer de trouver une solution. Nous sommes grandement impactés. Que ce soit durant les heures de pointe ou durant la journée, le métro est privilégié à notre détriment », poursuit l’intervenant.

Pas de ‘growth rate’

Swaleh Ramjane précise que les compagnies d’autobus subissent les conséquences du métro, car il n’y a pas de « growth rate » dans le nombre de passagers à Maurice. « C’est un autre problème. Le nombre de personnes qui voyagent n’augmente pas. Au contraire, c’est en baisse, car des personnes ont leur voiture ».

Déductions

Face à cette situation, ce sont les employés de l’UBS Transport Ltd qui payent les frais. « Il nous faut couper des ‘incentives’ auxquelles ont droit les employés comme l’overtime, etc. La situation est vraiment difficile. Toutefois, les autorités sont à l’écoute et essayent de nous épauler du mieux de leur capacité. Au cas contraire, nous aurions mis la clé sous le paillasson depuis bien longtemps », indique Swaleh Ramjane.

Rao Ramah, General Manager de la Compagnie Nationale de Transport (CNT), dit, lui, que la baisse du nombre de passagers n’est pas conséquente. « Plusieurs routes ne sont pas desservies par le métro. Ce qui fait qu’il y aura toujours des passagers qui voyagent toujours par le bus. Par exemple, pour aller à La Caverne et autres régions qui ne sont pas touchées par le métro ».

Stratégie

Pour lui, il y a « du business pour tout le monde ». « Ces deux dernières années, nous avons mis en place des stratégies, comme de nouvelles routes. Nous avons redoré notre image, formé nos employés et mis 20 nouveaux autobus sur les routes. Nous ne sommes pas restés les bras croisés », avance le patron de la CNT qui pense que « le métro et les compagnies d’autobus peuvent travailler de concert pour aider les gens ».

 

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