Le juge, seul garant de la légalité des écoutes téléphoniques
Par
Ledweena Ramasawmy-Mohun
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Ledweena Ramasawmy-Mohun
Seul un juge, saisi par la police, peut autoriser une mise sur écoute téléphonique. Cette autorisation, appelée « Judge’s order », n’est accordée qu’après un examen minutieux de la demande motivée par la police. Toute interception de communications sans cet ordre judiciaire est illégale. C’est ce que fait comprendre Me Taij Dabycharun, en réaction aux cas allégués de phone tapping et à la diffusion de bandes sonores sur les réseaux sociaux, dont Facebook.
Les conversations téléphoniques transitent-elles par des canaux sécurisés ? « Oui, normalement », répond Me Taij Dabycharun. Les opérateurs sont chargés de sécuriser les lignes de communication. « Néanmoins, ils détiennent les clés pour accéder à ces données et sont donc responsables de leur protection », précise-t-il.
Pour l’avocat, cette affaire est « très grave » et suscite une profonde indignation. La publication de ces enregistrements, impliquant des personnalités de tous horizons, constitue une atteinte grave au droit à la vie privée, fait-il comprendre : « Une enquête approfondie s’impose pour déterminer l’authenticité de ces bandes sonores, identifier les responsables de cette fuite et établir les circonstances exactes de cette atteinte à la vie privée. »
Pour lui, cela aura indéniablement des répercussions majeures et soulèvent des questions fondamentales sur le respect des libertés individuelles à Maurice. « En mettant sur écoute des conversations privées, les auteurs de ces actes ont manifestement violé l’article 12 de la Constitution, garantissant la liberté d’expression », fait-il comprendre.
Les répercussions internationales de cette affaire sont inévitables, ajoute l’avocat : « L’image de notre pays a été gravement écornée, suscitant une perception négative à l’étranger. » Ces fuites, qui portent atteinte à la réputation de Maurice, selon lui, sont d’autant plus préoccupantes qu’elles rappellent une problématique déjà soulevée en 2016 au Parlement. « La récurrence de ces pratiques illégales confirme l’existence d’un système d’écoutes téléphoniques à Maurice », portant atteinte aux libertés individuelles et compromettant l’État de droit.