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Le FMI appelle à consolider la politique monétaire et l’indépendance de la Banque de Maurice

Par Fabrice Laretif
Publié le: 20 July 2026 à 15:00
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Bank of Mauritius
La mise en œuvre du cadre de politique monétaire adopté en 2023 devrait être renforcée, selon le FMI.

Le FMI recommande de renforcer le cadre monétaire, la communication de la Banque de Maurice et les garanties de son indépendance institutionnelle.

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que Maurice doit poursuivre le renforcement de son cadre de politique monétaire afin de mieux répondre aux risques inflationnistes et de préserver la crédibilité de la Banque de Maurice (BoM). Dans son rapport de consultation au titre de l’Article IV 2026, finalisé le 18 juin après des discussions menées avec les autorités mauriciennes jusqu’au 4 mai, l’institution met l’accent sur une politique monétaire prospective, une communication plus structurée et des réformes législatives destinées à protéger l’indépendance de la banque centrale.

Le rapport, qui a été soumis au conseil d’administration du FMI le 8 juillet, souligne que la politique monétaire doit rester orientée vers l’avenir et être prête à être resserrée si les pressions inflationnistes devaient s’accentuer. Le FMI considère notamment qu’un choc sur les prix des matières premières pourrait raviver les tensions sur les prix et entraîner un désancrage des anticipations d’inflation.

Dans cette optique, la Banque de Maurice est invitée à ajuster son orientation monétaire si les indicateurs prospectifs montrent que l’inflation à moyen terme s’écarte de la fourchette cible. Pour le FMI, la capacité d’anticipation de la banque centrale constitue un élément important pour préserver la stabilité des prix dans un contexte économique marqué par des incertitudes internationales.

Le rapport relève également que le cadre de politique monétaire adopté en 2023 gagnerait à être consolidé. Si des progrès ont été réalisés ces dernières années, notamment grâce à l’introduction en 2021 du Système de prévisions et d’analyse des politiques (FPAS) avec l’appui technique du FMI, des améliorations demeurent possibles.

Communication de la BoM

Le FMI insiste particulièrement sur la nécessité de renforcer la communication de la Banque de Maurice. Selon l’institution, une communication plus détaillée sur les perspectives économiques, l’évaluation des risques, les scénarios alternatifs ainsi que les liens entre les opérations de la banque centrale et l’orientation de la politique monétaire contribuerait à renforcer l’efficacité de cette dernière.

Une telle démarche permettrait également de mieux ancrer les anticipations des acteurs économiques et d’accroître la crédibilité de l’institution monétaire. Le rapport renvoie à une étude consacrée à la modernisation de la politique monétaire à Maurice, qui met en avant l’importance d’une meilleure articulation entre l’analyse économique, la mise en œuvre des décisions et leur communication au public.

Le FMI aborde également la gestion du taux de change dans une économie qu’il décrit comme fortement exposée aux évolutions du tourisme mondial et aux mouvements des flux financiers internationaux. Dans ce contexte, il estime que Maurice devrait continuer à s’appuyer sur un régime de change flexible, tout en procédant à des achats de devises lorsque les conditions du marché le permettent, conformément au cadre de politique monétaire.

Marché des changes

Le rapport relève que les interventions de la Banque de Maurice sur le marché des changes ont diminué entre 2024 et 2025. Les ventes nettes de devises sont ainsi passées de 0,4 milliard de dollars américains à 0,2 milliard de dollars, tandis que la roupie s’est appréciée face au dollar américain, en raison de l’affaiblissement généralisé de la monnaie américaine.

Pour le FMI, un cadre clairement défini d’intervention sur le marché des changes demeure nécessaire afin de renforcer la cohérence de la politique monétaire et la crédibilité de l’objectif de stabilité des prix. L’institution précise que ces interventions devraient être réservées aux situations de pénurie aiguë de liquidités en devises ou aux épisodes de fortes fluctuations du taux de change, sous réserve que le niveau des réserves internationales demeure suffisant et que les politiques monétaire et budgétaire restent cohérentes.

Législation

Le rapport attire également l’attention sur les modifications législatives toujours attendues concernant la loi encadrant la Banque de Maurice. Ces amendements sont jugés essentiels pour préserver l’indépendance de la banque centrale et faciliter la conduite d’une politique monétaire efficace. Pour le FMI, le renforcement du cadre institutionnel constitue un complément indispensable aux ajustements opérationnels recommandés.

Les autorités mauriciennes indiquent partager les principales recommandations formulées par les services du FMI. Elles se disent disposées à resserrer davantage l’orientation de la politique monétaire si les pressions inflationnistes devaient s’intensifier ou si les anticipations venaient à se désancrer.

La Banque de Maurice reconnaît également que son cadre de politique monétaire peut être renforcé. Selon les autorités, les analyses du FMI sur la modernisation de la politique monétaire apportent des enseignements utiles pour améliorer les liens entre les outils d’analyse, les décisions de politique monétaire et leur communication.

Par ailleurs, les autorités soulignent l’importance de préserver un niveau adéquat de réserves extérieures afin de maintenir une capacité de réaction face à d’éventuels chocs internationaux.

Le FMI soutient le retrait progressif de la Banque de Maurice du MIC

Le Fonds monétaire international (FMI) considère que le retrait progressif de la Banque de Maurice (BoM) de la Mauritius Investment Corporation (MIC) constitue une étape importante pour renforcer l’indépendance de la banque centrale. Dans son rapport, l’institution souligne que la décision de récupérer les fonds non décaissés auprès de la MIC et de réduire progressivement les investissements restants permettra de limiter l’implication de la BoM dans des activités qui ne relèvent pas de son mandat principal.

Selon le rapport, les prochaines étapes prévoient le remboursement, au cours de 2026, d’environ Rs 30 milliards de fonds non décaissés de la MIC à la Banque de Maurice.

Les autorités monétaires ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre ce plan de désengagement progressif. Elles indiquent toutefois que des contraintes juridiques continuent de retarder le remboursement rapide des fonds concernés.

La Banque de Maurice met également en avant ses efforts en matière de transparence, en rappelant que les pertes de la MIC ont été comptabilisées dans son bilan. La Banque centrale et le ministère des Finances estiment qu’un soutien budgétaire de l’État demeure nécessaire afin de préserver l’indépendance de la banque centrale.

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