Le directeur de l’audit : «La bonne gouvernance est un pilier de la confiance du public»
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Le rapport d’audit 2024-25 révèle des lacunes persistantes dans la gestion des fonds publics, affectant approvisionnements, dépenses, projets et suivi des recommandations, malgré les efforts des ministères.
Dans son avant-propos au Rapport d’audit annuel de l’exercice financier 2024-25, rendu public vendredi, le Directeur de l’Audit, Dharamraj Paligadu, présente les observations majeures issues des vérifications menées dans les ministères et départements.
Il constate des « lacunes incluant des inefficacités dans les approvisionnements ; des contrôles de recettes faibles ; un suivi inadéquat des dépenses ; des déficiences dans la gestion des projets et des contrats ; et un suivi insuffisant des recommandations par les comités d’audit ». Pour lui, « ces lacunes compromettent l’efficacité, la prestation de services et la valeur délivrée aux citoyens ».
Ces insuffisances compromettent directement l’efficacité de la prestation de services et la valeur délivrée aux citoyens. Elles concernent notamment les procédures d’approvisionnement, le contrôle des recettes, le suivi des dépenses, la gestion des projets et contrats, ainsi que le manque de suivi des recommandations par les comités d’audit.
Le rapport souligne que ces lacunes persistent malgré les efforts constatés dans certains ministères et départements pour améliorer les contrôles internes, l’exécution budgétaire, la gestion des recettes et les pratiques d’approvisionnement. Le directeur rappelle que « la bonne gouvernance et la reddition de comptes demeurent les piliers de la confiance du public » et que les observations visent à renforcer la gouvernance financière et la responsabilité dans le secteur public.
Sur le plan quantitatif, le nombre de recommandations a fortement augmenté. Le texte indique : « Plus de 720 recommandations ont été formulées cette année, contre 363 l’année précédente ». Concernant le suivi des recommandations de l’exercice 2023-24, le bilan est précis : « Sur 363 recommandations, 150 (41 %) ont été mises en œuvre, 143 (40 %) ont été partiellement mises en œuvre, et 70 (19 %) n’ont pas été mises en œuvre au mois de février 2026 ».
Le directeur de l’audit lance un appel direct : « J’en appelle à tous les agents comptables pour qu’ils prennent pleinement en compte les observations et mettent en œuvre les recommandations de manière décisive. Ces actions doivent se traduire par des améliorations concrètes dans la qualité des services et la valeur de l’argent pour les citoyens ». Il insiste sur l’importance de la mise en œuvre effective des recommandations pour garantir la transparence, l’efficacité et l’indépendance dans l’administration publique.
Le mandat de l’Office National d’Audit (NAO), défini par la section 110 de la Constitution et la Finance and Audit Act, impose l’examen et la certification de tous les comptes publics. Les amendements récents à cette loi clarifient les responsabilités des agents comptables et renforcent la gouvernance nationale.
Le directeur de l’audit évoque également le rôle émergent de l’audit du secteur public, qui évolue vers une approche plus large intégrant performance, durabilité, forensic et technologies telles que l’IA. Malgré ces avancées, des défis persistent : ressources humaines limitées, évolution des normes et attentes croissantes des parties prenantes. Le NAO prépare actuellement un Public Audit Bill pour consolider son autonomie financière et son indépendance organisationnelle.