Publicité

Le détroit d’Ormuz reste fermé depuis samedi, après une brève réouverture la veille

Par Defimedia.info
Publié le: 19 avril 2026 à 06:13
Image
Iran: les Gardiens de la Révolution affirment avoir le "contrôle total" du détroit d'Ormuz

Après une brève réouverture, l'Iran a de nouveau fermé samedi le détroit d'Ormuz, déclarant que cette voie maritime stratégique ne serait pas rouverte tant que les États-Unis poursuivent leur blocus des ports iraniens, une tentative de "chantage" selon Donald Trump.

Ce durcissement intervient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre Iran et Etats-Unis et qui arrive bientôt à expiration.

Face au maintien du blocus par les Etats-Unis, l'Iran a fait volte-face samedi, assurant vouloir contrôler le trafic à travers le détroit d'Ormuz jusqu'à la fin de la guerre, au lendemain de sa décision d'autoriser le passage d'un "nombre limité" de pétroliers et de navires commerciaux.

"Ils jouent au plus malin", a réagi Donald Trump, estimant qu'il ne pouvait pas y avoir de "chantage".

Le président américain a toutefois fait état de "très bonnes conversations" en vue d'une cessation durable des hostilités.

Le président du parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui avait représenté l'Iran lors de récentes négociations a lui évoqué "des progrès", mais précisé que les deux pays étaient "encore loin" d'une entente finale.

Plus tôt, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien avait dit examiner de nouvelles propositions de Washington et promis de ne faire "aucun compromis".

Tirs et menaces

Après plus d'un mois d'une guerre qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, l'annonce vendredi par Téhéran de la réouverture du détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du brut, alors qu'un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent habituellement par Ormuz.

Si des navires ont pu franchir samedi le détroit pendant sa réouverture temporaire, d'autres ont essuyé des tirs et des menaces de l'armée iranienne.

Tout navire s'approchant désormais du détroit sera "pris pour cible", ont averti les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.
Les tractations se poursuivaient elles en coulisses, le chef de la diplomatie égyptienne Badr Abdelatty disant "travailler sans relâche" au côté du Pakistan en vue d'"un accord final".

Les pourparlers directs entre Iran et Etats-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, s'étaient tenus les 11 et 12 avril à Islamabad mais avaient échoué.

Donald Trump avait assuré vendredi que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un enjeu crucial, ce qu'a démenti Téhéran.

Rare signe de retour à la normale, l'Iran a annoncé la réouverture partielle samedi de son espace aérien, fermé depuis l'offensive israélo-américaine contre son territoire le 28 février, ainsi que de plusieurs aéroports, dont les deux les plus importants de Téhéran.

"Perdre notre place"

Au Liban, l'autre front, un militaire français a été tué samedi et trois autres blessés, dont deux grièvement, dans le sud dans une embuscade contre des Casques bleus.

L'attaque a été attribuée au Hezbollah pro-iranien, qui a toutefois nié toute implication.

Le chef de l'ONU Antonio Guterres l'a "condamné fermement" et exhorté toutes les parties à respecter la trêve de 10 jours entrée en vigueur la veille dans le pays.

Cette dernière ne peut pas être "unilatérale" a rétorqué le chef du Hezbollah, qui a promis riposter aux attaques israéliennes de la trêve après que l'armée israélienne a annoncé avoir "éliminé une cellule terroriste" opérant dans le sud du Liban à proximité de ses troupes.

Les forces israéliennes y restent présentes dans une bande de dix kilomètres à partir de la frontière et ont annoncé avoir établi une "ligne jaune" de démarcation, comme à Gaza.

Depuis son déclenchement début mars, le conflit a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.

Craignant, comme d'autres déplacés, que la trêve ne fasse long feu, Hassan n'est rentré que rapidement chez lui près de Beyrouth récupérer des affaires.

"Si nous rentrons définitivement, nous avons peur de perdre notre place dans l'école où nous nous sommes réfugiés" en cas de reprise des hostilités, dit cet homme de 29 ans.

AFP

 

Quelle est votre réaction ?
0
0
Publicité
À LA UNE