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Le conseil de la Présidence qui embarrasse

State House

Le Président par intérim (p.i) Barlen Vyapoory a finalement accepté la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo comme ministre, jeudi après-midi. C’est ce qu’il nous a confirmé au téléphone. « J’ai pris la lettre, le Secrétariat fera le nécessaire », dira-t-il.

Il ressort cependant que lors de sa rencontre avec Vishnu Lutchmeenaraidoo, Barlen Vyapoory n’avait pas immédiatement accepté cette lettre de démission. Il avait conseillé au ministre démissionnaire de reconsidérer sa décision.

Si cette « démarche » est qualifiée de « faux pas » et « d’impair constitutionnel », par l’opposition, du côté de la majorité, c’est silence radio.

Pour Reza Uteem, du MMM, « ce n’est  pas la prérogative du Chef de l’État de refuser une lettre de démission dûment signé, ni de demander à un ministre de reconsidérer une décision.  Ce n’est pas son rôle », déclare le député mauve qui ajoute qu’un Président
« doit être au-dessus de la politique ».

Shakeel Mohammed, chef de file du Parti travailliste au Parlement, explique,  qu’un Président « peut inviter un député à reconsidérer sa décision de démissionner de son poste de ministre ». Mais il insiste sur le fait qu’il « n’a pas le droit de refuser une lettre de démission ».

Shakeel Mohammed parle « d’impair constitutionnel » de la part du Président p.i. « Le fait que Vishnu Lutchmeenaraidoo ait démissionné comme député, le Président p.i ne peut lui demander quoi que ce soit. S’il n’est plus député, il n’est donc plus qualifié pour être ministre », poursuit-il.

Raouf Bhundun : « J’aurais agi autrement »

Raouf Bhundun, ancien vice-Président de la République, dit ne pas vouloir entrer dans une polémique, mais il explique cependant que s’il était à la tête de l’État, il aurait « agi autrement ».

« Si un ministre me soumet sa lettre de démission, explique Raouf Bhundun, je l’accepte immédiatement. Quitte à ce que le Premier ministre décide de la marche à suivre en interne par la suite ». « Un Président ne doit pas agir ou réfléchir comme un membre d’un parti politique. Quand la lettre tombe, il faut l’accepter ».

Raouf Bhundun soutient que, dans le passé, les ministres qui voulaient démissionner adressaient leur lettre directement au Premier ministre. Celui-ci communiquait alors « si besoin est » cette lettre à la Présidence.

Au niveau du gouvernement, les élus n’ont pas souhaité se prononcer sur la question. Interrogé à nouveau sur cette polémique, Barlen Vyapoory a choisi d’esquiver nos questions.

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