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Le confinement difficile de Ram et Sheila : «Enn ti godam» transformé en maison de fortune

Leur abri se trouve dans la zone industrielle de Pailles.

Ils peinent à trouver un logement. Ram et Sheila ont été chassés de la maison où ils vivaient. Depuis quatre mois, ils ont élu domicile dans une petite pièce en bordure de route à Pailles, qui servait autrefois d’abri au gardien des lieux. Ils vivent dans des conditions insalubres sans eau ni électricité, et implorent les autorités de les aider à trouver un logement.

Nous sommes à Pailles, en plein dans la zone industrielle, non loin de la route principale. Difficile de penser que dans cette endroit, qui se développe à vue d’œil, vit un couple qui s’est retrouvé à la rue. Ram, 62 ans et Sheila, 54 ans, ont quitté Floréal depuis quatre mois pour s’installer dans l’abri de l’ancien agent de sécurité des lieux. Si pour le moment, ils n’en ont pas encore été chassés, ils vivent dans la crainte de se retrouver à dormir à la belle étoile. Pourtant, l’endroit où ils dorment n’est pas enviable. Sans porte ni fenêtre, le couple est loin d’être à l’abri des malfrats, surtout le soir, quand il n’a plus grand monde aux alentours.

Cependant, Ram et Sheila avancent qu’ils n’ont pas peur. « Nou bann pov malere. Nou pena nanie. Ki zot pou kokin. Li bet », disent-ils. Effectivement, l’abri où ils habitent est dépourvue de meubles en bon état. Il y a bien un matelas et quelques sièges, mais lorsque nous avons rendu visite au couple, Sheila dormait à même le sol avec un chat abandonné, dont elle s’occupe pendant que Ram, son compagnon, faisait griller quelques bringelles qu’il avait reçues la veille. Ce sera leur repas du soir. Même si le bâtiment ne leur appartient pas, Ram explique qu’il n’a eu d’autres choix que d’aménager une petite cuisine avec un foyer de bois afin de préparer de quoi manger et parfois chauffer un peu d’eau. Comme Sheila est malade, Ram explique que c’est lui qui récupère le bois une à deux fois par semaine dans les parages afin de préparer des petits menus improvisés avec les moyens du bord. « Parfwa ena dimoun vinn get nou amen enn ti manze pou nou, inpe legim, inpe biskwi », dit-il.

La pièce maîtresse de leur demeure est encombrée de choses que l’on pourrait considérer inutiles, mais chaque chose est précieuse, expliquent les occupants. « Ena sa bann boutey-la nou travers sime nou al rod inpe dilo lot kote. Sa bann sak-la nou met inpe linz. La ena ban ti zafer dimoun inn amen pou nou. Nanie nou pa zete nou. Dimoun kontan nou », ajoute Ram tout sourire, ravi d’avoir de la visite en ce vendredi. Une odeur nauséabonde se dégage de la pièce, mais cela ne semble pas les déranger. Ils expliquent que leur souhait est d’obtenir une maison et ils attendant impatiemment de pouvoir déménager. « Dimoun dir zot pou ed nou, nou krwar zot. Parski nou pa anvi retrouv nou lor sime pe dormi anba pon », dit-il.

Pour Ram et Sheila, ce confinement est encore plus dur. Ram, qui travaille comme jardinier, se doit de se présenter au boulot afin d’obtenir quelques sous. Il peut aussi compter sur sa pension de vieillesse et demande seulement un coup de pouce pour démarrer une nouvelle vie.

Et si c’était vous ?

L’activiste social Jahmeel Peerally leur vient en aide : «Il faut leur offrir un nouveau départ»

C’est l’activiste Jahmeel Peerally qui a attiré l’attention sur le cas de ce couple. Lors de ses tournées aux quatre coins de l’île, afin d’apporter des colis alimentaires aux personnes dans le besoin, il a rencontré ce couple. Pris de compassion pour eux, il leur a régulièrement rendu visite afin de s’assurer qu’il ne manquait pas à manger. Il avance qu’il fait désormais de son mieux pour leur trouver un logement : « C’est Shirley Edouard, qui habite dans la région, qui m’a encouragé à leur venir en aide. Je les ai rencontrés et j’ai demandé de l’aide sur les réseaux sociaux et plusieurs personnes ont proposé de les aider, parmi Annick Bigaignon et son équipe. »

Il ajoute que le plus difficile, c’est de trouver une maison pour le couple. « Les propriétaires nous demandent leur fiche de paie et autres garanties que nous ne pouvons pas produire. Nous devons nous assurer qu’ils pourront payer le loyer. À ce jour, ils ont un peu d’argent pour le loyer et nous avons aussi quelques volontaires qui se sont manifestés afin de les aider tous les mois. Il faut donc trouver une maison qui est appropriée », souligne-t-il. L’activiste explique qu’il faudra aussi assurer l’encadrement du couple « en leur offrant non seulement un logement et de la nourriture, mais un soutien psychologique, et à long terme, pour vraiment leur offrir un nouveau départ ». Toute personne qui souhaite aider Sheila et Ram peut contacter Jahmeel Peerally au 5761 8829.

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