Le combat quotidien de Jesson Samy : une vie rythmée par l’insuline et la volonté de tenir
Par
Ajagen Koomalen Rungen
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Ajagen Koomalen Rungen
Diagnostiqué à 11 ans d’un diabète sévère, Jesson Samy voit son enfance basculer entre malaises, traitements lourds et fatigue constante. Aujourd’hui, âgé de 38 ans, il survit au quotidien grâce à une force mentale et une résilience à toute épreuve.
Jesson Samy grandit dans une famille modeste et, dès son enfance, il comprend que son corps est différent. Il se sent fréquemment faible, avec de fortes migraines, des vertiges et une fatigue constante. Pendant que les autres enfants jouent normalement, lui reste souvent assis, faute d’énergie. « Je me sentais toujours faible, je regardais les autres jouer, mais je n’avais pas la force », raconte-t-il.
À l’école primaire La Confiance, son état commence déjà à inquiéter, mais à cette époque, personne ne comprend encore ce qui se passe réellement. Les symptômes deviennent de plus en plus fréquents jusqu’au jour où ses parents décident de consulter un médecin. Il a 11 ans quand le diagnostic tombe : il est atteint d’un diabète sévère.
« Ce jour-là, ma vie a basculé », confie celui dont l’enfance s’arrête brutalement, ayant compris qu’il devra vivre avec cette réalité permanente. Dès lors, les traitements s’enchaînent, mais sa santé reste fragile : malaises répétés, pertes de connaissance, parfois même des comas. Son quotidien devient imprévisible et il doit même abandonner sa scolarité.
Entre les médicaments, les contrôles de la glycémie et surtout les injections, son quotidien se transforme en une épreuve permanente. Chaque geste médical rappelle la fragilité de sa santé. « Je ne pouvais jamais oublier que j’étais malade », dit-il. Son quotidien oscille selon son état de santé : il y a des jours qu’il parvient à endurer, et d’autres qui s’avèrent insupportables selon son état de santé.
Il s’accroche malgré tout et apprend plusieurs métiers : électricien, soudeur, plombier… avec l’espoir de travailler comme les autres. Mais très vite, il comprend que son corps ne suit pas. Les efforts physiques deviennent trop lourds, trop imprévisibles. « Mon corps ne me permet pas de travailler tous les jours », confie-t-il. Cette fragilité l’empêche de garder un emploi stable, de bâtir une vie professionnelle normale. Alors, les doutes s’installent. Pourtant, il refuse de se laisser complètement abattre et continue à chercher la force d’avancer.
Jesson Samy doit recevoir quatre injections d’insuline par jour, condition indispensable à sa survie. Son quotidien est entièrement rythmé par ce traitement. Son état de santé demeure fluctuant : certains jours, il parvient à travailler un peu, d’autres, la faiblesse l’empêche toute activité. Cette instabilité rend toute planification impossible.
Pour subvenir à ses besoins essentiels, il s’oriente vers de petits travaux de nettoyage à Curepipe. Muni d’un nettoyeur haute pression, il lave les maisons, les cours et les murs chez des particuliers. Ses revenus restent précaires et irréguliers. « Je vis au jour le jour, car je ne peux pas prévoir le lendemain », affirme-t-il. Chaque journée se transforme en un combat entre les exigences de son corps, ses besoins vitaux et la nécessité de continuer à avancer.
Malgré les difficultés, Jesson Samy poursuit son chemin avec une forme de résilience silencieuse. Il ne parle pas de plainte, mais de survie. Il a appris à vivre avec la douleur et l’incertitude permanente. Pour lui, la force mentale est essentielle. Il dit souvent que tout se joue dans la tête et que sans mental, il serait impossible de continuer.
Sa foi joue également un rôle important dans son quotidien. Il croit profondément que sa vie a un sens même si elle est difficile. « Je crois que Dieu a un plan pour moi », affirme-t-il. Cette conviction l’aide à tenir dans les moments les plus pénibles.
Il ne cherche pas une vie parfaite, mais simplement la possibilité de continuer à vivre malgré la maladie et les obstacles.