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Le combat d’une mère pour ses deux fils amputés

vin dwayne Jesina couvre ses enfants d'amour et de câlins. Les deux enfants sont amputés l'année dernière en octobre.

Deux frères, un même destin. Cela fera bientôt un an que les deux fils de Jesina, âgés 2 et 3 ans respectivement ont été amputés au pied droit tout comme leur père pour cause d’une malformation congénitale connue comme le syndrome de syndactylie. Privée de Carer’s Allowance, la mère ne peut pas travailler, et nous relate son parcours du combattant, une lutte quotidienne pour joindre les deux bouts… 

C’est à leur domicile, à Camp-Levieux que nous sommes allés à la rencontre de Vin’s et Dwayne Poinen, deux bambins, débordant d’énergie. Si au départ, nous étions attristés devant le spectacle éprouvant de si jeunes enfants amputés tous les deux, les rires et leur bonne humeur ont vite chassé les idées noires pour laisser de la place à la gaité. Les rencontrer, nous poussent à penser que la tragédie quotidienne dans laquelle vivent certaines personnes est plus dramatique que nos petits soucis de tous les jours et pour laquelle elles y font face stoïquement. C’est le sentiment qui nous ressentons devant le courage de ces deux petits bonhommes. 

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Vin's avant son amputation.

Vin’s aura quatre ans en décembre, tandis que son frère Dwayne soufflera sa troisième bougie en janvier. C’est l’âge d’être scolarisés et cela constitue de l’inquiétude pour les parents, Jesina et Jean Michel. Les moyens financiers manquent de plus en plus et la famille se retrouvent en grande difficulté. Le père de famille, âgé de moins de 30 ans, souffre-lui aussi du syndrome de syndactylie. 

« Selon les médecins c’est une maladie héréditaire. Je n’en avais jamais entendue parler auparavant. Ce n’est qu’après la naissance de mon deuxième enfant, lui aussi handicapé que les médecins m’ont expliqué ce qu'est ce syndrome. » Comble de malchance après la naissance de son deuxième enfant, c’est au tour de son mari de tomber malade. « Pendant son enfance, il bénéficiait d’une pension d’invalidité pour sa maladie cependant la pension a été supprimée. Malgré des douleurs constantes, il a travaillé pendant longtemps comme maçon, mais depuis plus d’un mois, il ne peut plus travailler. Il a des douleurs atroces au niveau des hanches et a des difficultés à se tenir debout », explique la jeune mère. 

Vin’s, 3 ans et Dwayne, 2 ans, amputés, suite à des malformations congénitales  

Jesina et son mari regrettent de ne pas avoir su que cette maladie était héréditaire. « Cependant aujourd’hui on ne peut pas baisser les bras. On les aime comme ils sont et nous faisons de notre mieux pour pouvoir les grandir.  Mo pann aret demann mwa kifer sa inn ariv nou. Ils ont, tous les deux, été opérés le même jour, soit l’année dernière en octobre. Après quelques jours à l’hôpital ils sont rentrés à la maison et ce n’est qu’en mars de cette année, qu’ils ont commencé à aller mieux. Cependant il nous faut être constamment avec eux. » 

Leur demande pour une Carer’s allownce rejetée à 3 reprises 

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Dwayne avant l'amputation.

Jesina qui travaillait dans un centre d’appels a dû cesser de travailler pour demeurer auprès de ses enfants. Comme son mari ne travaille plus, la famille ne peut compter que sur la pension des deux enfants pour subvenir à ses besoins. « Chaque enfant bénéficie d’une pension de Rs 6 200 chacun. C’est avec cet argent que nous payons les factures et achetons des provisions. Nous nous privons de beaucoup de choses et mêmes de la nourriture parfois. J’ai d’autres enfants qui vont à l’école. L’un d’eux a de la chance d’avoir de la nourriture à l’école tandis que pour l’autre, il nous faut tous les jours trouver du pain afin qu’il ne reste pas le ventre vide à l’école. » 

Jesina nous raconte qu’elle a dû trouver des moyens pour réduire les dépenses de la maison. « Nous faisons beaucoup d’économie sur la nourriture et d’autres dépenses. Par exemple, les enfants ne portent pas de couches pendant la journée car cela coûte trop cher. Donc, même si je dois les nettoyer pendant toute la journée, j’essaye de les apprendre à se passer des couches car je n’ai pas les moyens d’en acheter », dit-elle tristement. Jesina explique que c’est pour toutes ces raisons qu’elle souhaite reprendre le chemin du travail. « Si j’obtiens une Carer’s allowance pour les enfants, je peux utiliser cet argent pour payer quelqu’un pour les prendre en charge pendant que je vais travailler. On ne peut pas rester comme ça. J’ai besoin de travailler. Malheureusement notre demande a été rejetée et après avoir fait appel à trois reprises, on m’a informé que ma demande a été mise de côté et que je dois tout recommencer à zéro. » 

Elle souhaite les scolariser 

Si Vin’s a déjà l’âge d’être scolarisé, Dwayne aura trois ans en janvier et afin qu’ils puissent développer une certaine autonomie, elle souhaite les envoyer à l’école. « Depuis mars, ils portent tous les deux une prothèse. Cependant, ils ont un peu mal à les porter pendant la journée, il faudra les enlever un peu. Donc il me faut trouver une école où la prise en charge de leurs besoins soit satisfaite mais il faudra aussi payer pour le van scolaire et pour le moment je ne peux pas me permettre toutes ces dépenses. Je n’ai même pas les moyens d’en rêver. » 

Toute personne qui souhaiterait leur venir en aide peut appeler au 5 848 6258. 

En attendant de pouvoir améliorer sa situation, Jesina s’accroche, elle se contente de partager leurs rires, leur faire des câlins, des petits gestes tendres  et leur murmurer des mots doux. Cela l’empêche de baisser les bras. Pour ses enfants et sa famille, elle doit tenir le coup. Elle ne veut pas laisser tomber. Elle ne veut à aucun prix abandonner son combat. 

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