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Le calvaire de Sarah violée à 11 ans par son frère 

Sarah, une femme meurtrie.

Sarah (prénom modifié), 40 ans, réside à L’Escalier. Elle relate qu’elle a été violée, torturée et humiliée par son frère, sous le toit familial, de 11 à 18 ans. Selon elle, les adultes autour d’elle fermaient les yeux.

Aujourd’hui, après des années de silence, elle raconte son enfance volée, un système qui l’a laissée tomber et un combat qu’elle veut mener pour elle, mais aussi pour les autres femmes qui ont vécu l’inceste et qui n’ont jamais été entendues.

Veuve depuis quatre ans, elle élève seule ses trois enfants âgés de 19, 16 et 8 ans. Son histoire est celle d’un combat acharné contre les démons du passé, un récit poignant de souffrance et de courage. 

Née dans une famille de trois enfants, Sarah est la benjamine. Son père, un ancien surintendant de prison, est décédé à l’âge de 70 ans l’an dernier. Ses parents se séparent quand elle a 4 ans et elle vit avec sa sœur et son frère sous la garde de leur père. 

Ce dernier, après deux mois de séparation, a refait sa vie avec une nouvelle compagne. La belle-mère, aujourd’hui décédée, devient très vite une source de souffrance pour elle. 

Sarah ne comprend pas encore l’ampleur des conséquences de cette séparation. Elle se souvient des moments d’insouciance, des bêtises d’enfants, mais aussi des punitions sévères infligées par sa belle-mère.

Enfance 

Le couple décide de s’installer à Phoenix dans une autre demeure familiale avec les trois enfants. Sarah était âgée de 6 ans. Les souvenirs de son enfance sont teintés de douleur. « J’étais souvent punie pour des choses que je n’avais pas faites. Mon père était absent, et ma belle-mère ne me laissait aucun répit. Les punitions étaient cruelles, parfois même humiliantes », raconte-t-elle. À cette époque, elle ne savait pas que son calvaire ne faisait que commencer.

Selon Sarah, à l’âge de 11 ans, son frère, alors âgé de 16 ans, commence à lui faire des attouchements. « Mo finn dir mo papa. Mo finn dir li tousala. Mais li dir mwa : li koz ar li, pa pran li kont. »

À 12 ans, elle prend la décision courageuse de se rendre  à un centre à Floréal pour dénoncer les abus. « J’étais désespérée. Je voulais que ça s’arrête. Mais même là, je n’ai pas trouvé la protection que j’espérais. Mon père a été informé, et au lieu de me soutenir, il a minimisé mes souffrances », explique-t-elle. Elle est alors placée dans un foyer, mais la situation ne s’améliore pas. Son père la récupère rapidement et les abus reprennent de plus belle.

« Mo ser li ti fini gayn 18 ans, linn kit lakaz, mo papa ti travay, mo ti trouv avek mo frer tou lezour. Mo papa finn kit mo frer avek moi tou sel dan lakaz. Linn al rest L’Escalier avec mo belmer. Li zis passe tou lezour li vinn get nuo e li dir mo frer get mwa. »

Les abus se seraient poursuivis et Sarah se serait trouvée dans un cycle de souffrance et de silence. Elle explique que son frère a abusé sexuellement d’elle pendant des années, trois à quatre fois par mois. Elle a tenté de se confier à des voisins. Mais les adultes ont préféré ne pas s’immiscer dans les affaires familiales.

Centre correctionnel

À 15 ans, elle parvient à s’échapper. Son père rapporte sa disparition au poste de police de Phoenix. La police la retrouve.

 « Lorsque j’ai été retrouvée, j’ai raconté mon calvaire à la police et j’ai porté plainte pour viol contre mon frère en présence de mon père. Mais au lieu de me croire et de m’aider, j’ai été envoyée au centre correctionnel pour filles, la RYC, pendant deux mois. C’était une autre forme de souffrance », raconte-t-elle. 

À ce moment-là, elle réalise que la justice ne semble pas être de son côté. « Mo papa ki ti enn haut grade prison, li vinn get mwa li dir mwa arete koz sa bann zafer akoz so reputation et la famille. Li aksepte retourn mwa lakaz si mo pa dir nanyen », raconte Sarah.

Nouvelle vie 

À 18 ans, après des années de souffrance, Sarah quitte enfin le toit familial. Elle trouve refuge chez sa mère, à Montagne-Blanche, où elle commence à raconter son histoire. « C’était un soulagement de parler, de partager ma douleur. J’ai enfin commencé à guérir », dit-elle. Sa sœur, au courant de la situation, et même certains enseignants lui apportent leur soutien. 

À 19 ans, Sarah entame une correspondance avec un Allemand de 45 ans, marié et militaire, avec qui elle a eu trois enfants. « C’était une façon d’échapper à la réalité. J’avais besoin de quelqu’un qui me comprenne », explique-t-elle. Cet homme devient un pilier dans sa vie. Il l’encourage à poursuivre ses études et à suivre une thérapie. Malheureusement son époux est décédé il y a quatre ans. 

Et elle décide de s’installer à Maurice avec ses enfants. Sarah, après la mort de son père, était à Maurice pour les funérailles et juste après elle s’est rendue en avril 2024 au poste de police de Phoenix où elle a porté plainte pour viol contre son frère. Ce dernier est allé vivre à l’étranger.  

Justice 

Aujourd’hui, Sarah est une femme forte et courageuse. Elle a réussi à surmonter ses traumatismes et à bâtir une vie meilleure pour elle et ses enfants. « La justice n’a pas été de mon côté à l’époque. La police aurait dû m’écouter, m’aider. J’ai appris à me battre pour moi-même et pour mes enfants », déclare-t-elle avec détermination.

Elle a transformé sa douleur en force, et bien que les cicatrices du passé demeurent, elle est déterminée à offrir à ses enfants un avenir meilleur. « Ils savent ce que j’ai traversé, et je veux qu’ils sachent qu’ils peuvent toujours parler, qu’ils ne doivent jamais garder le silence », conclut-elle.

Sarah lance un appel au commissaire de police ainsi qu’au ministère de la Femme et au ministre Arianne Navarre-Marie en vue d’obtenir justice.
 

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