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Le calvaire de Deewantee Dewlaul en Inde : victime alléguée d’une escroquerie de 3 millions

Par Reshad Toorab
Publié le: 25 avril 2026 à 17:30
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La famille est à bout après les différentes démarches administratives. Elle n'a plus d'argent également.
La famille est à bout après les différentes démarches administratives. Elle n'a plus d'argent également.

Ce qui devait être un voyage spirituel s’est transformé en drame pour Deewantee Dewlaul. Hospitalisée en soins intensifs en Inde, cette Mauricienne de 76 ans a été victime d’une escroquerie alléguée. De retour au pays, sa famille évoque un calvaire marqué par des décisions contestées et des zones d’ombre persistantes.

Le 17 février 2026, Deewantee Dewlaul a quitté Maurice pour se rendre à Haridwar, haut lieu de pèlerinage en Inde.

Deux jours plus tard, son état de santé a basculé soudainement. Le 19 février, elle a été admise en urgence dans un hôpital de la région. Son état a été critique : elle a été intubée, a été victime d’un arrêt cardiaque et a développé une infection bronchique sévère. À deux reprises, son cœur a cessé de battre et les équipes médicales sont parvenues à la réanimer.

Une longue lutte en soins intensifs a alors commencé. Pendant près d’un mois, elle est restée hospitalisée à Haridwar. La facture a atteint environ 900 000 roupies indiennes, une somme importante que la famille a affirmé avoir réglée sans contestation. « A sa moman-la, nou pa ti pe get larzan… nou ti krwar zis ki bizin sov li », a confié un proche.

Toutefois, après cette première phase, la situation prend une tournure troublante. Le 10 mars 2026, dans l’espoir de ramener Deewantee à Maurice, la famille a pris contact avec un médecin lié à une compagnie d’aviation dans le cadre d’un rapatriement médical. Ce praticien était chargé d’évaluer son état de santé. Cette évaluation s’inscrivait dans la procédure MEDIF (Medical Information Form), nécessaire pour autoriser un transport aérien médicalisé.

Selon les proches, une solution semblait envisageable : transférer la patiente vers New Delhi afin de la stabiliser, avant d’organiser son retour vers Maurice, faute de liaison directe depuis Haridwar. Cependant, au lieu d’un processus clair de rapatriement, une autre option leur a été proposée. Le médecin les a orientés vers un agent en Inde, Aseem K., une recommandation que la famille affirme ne pas avoir sollicitée et qu’elle dit avoir acceptée dans un moment de détresse et de confiance.

Le 18 mars, Deewantee Dewlaul a été transférée au Fortis Memorial Research Institute, un établissement privé de renom situé dans la région de New Delhi. Son admission en soins intensifs s’est poursuivie à partir du 21 mars.

Une spirale financière vertigineuse

En date du 11 avril 2026, la facture hospitalière atteint 3 600 307,44 roupies indiennes. La famille a déjà versé 3 300 659 roupies. Les détails des frais donnent le tournis : plus de 700 000 roupies pour les médicaments, 718 000 pour les examens et 600 000 pour diverses procédures médicales. S’y ajoutent les coûts liés aux équipements, aux consommables, aux consultations et à l’hébergement en soins intensifs. Chaque jour passé en réanimation alourdit un peu plus une facture déjà insoutenable. « Nou pe krwar nou pe perdi li… me anmem tan nou pe perdi tou keksoz ki nou ena », confie un membre de la famille, épuisé.

Cependant, au-delà des montants, ce sont les circonstances qui soulèvent aujourd’hui de graves interrogations.  Selon les proches, Deewantee n’avait pas prévu  initialement à être hospitalisée aussi longtemps en Inde. Elle devait être stabilisée, puis rapatriée. Or, depuis son transfert à Delhi, aucune évacuation n’a pu être organisée malgré plusieurs demandes formelles.

Le 2 avril, la famille sollicite un rapatriement pour le 9 avril. Refus : délai trop court. Une nouvelle option est évoquée pour le 16 avril, avec la nécessité de réserver dix sièges dans un avion pour permettre un transport médicalisé. Puis, nouveau revirement : même une civière ne serait finalement pas disponible.

Quand le doute s’installe

Elle évoque aujourd’hui l’hypothèse d’une commission pouvant atteindre 30 % dans le cadre de l’orientation vers l’agent indien. Elle soupçonne également l’existence d’une relation professionnelle entre ledit médecin et Aseem K., bien qu’aucune preuve formelle n’ait été rendue publique à ce stade. « Nou krwar finn servi nou. Dan nou moman pli feb, zot inn pran avantaj », accuse un proche.

La famille estime que la durée prolongée en soins intensifs, combinée à l’explosion des coûts, est disproportionnée par rapport à la première prise en charge à Haridwar. Elle dénonce un système opaque, où les décisions médicales et logistiques restent floues et difficiles à contester depuis l’étranger.

Aujourd’hui, la situation est critique à tous les niveaux. Sur le plan médical, Deewantee Dewlaul demeure en soins intensifs, dans un état jugé grave. Sur le plan financier, ses proches affirment avoir épuisé presque toutes leurs ressources, tandis qu’un sentiment d’impuissance et de colère domine moralement.

Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice, ils lancent un appel urgent aux autorités mauriciennes. Ils réclament l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de cette prise en charge, un audit des frais facturés, ainsi qu’un soutien immédiat pour organiser un rapatriement médicalisé.  Deewantee Dewlaul envisagerait, selon ce même proche, également de déposer une plainte auprès de la police pour escroquerie.

Sa famille demande aussi que toute commission indue, si elle est avérée, soit remboursée afin de permettre le financement du retour de la patiente vers Maurice. « Se pa zis enn kestyon larzan… se enn kestyon respe pou lavi imen », confie-t-elle. 


L'intervention d'OMCA

Les proches en Inde ont contacté Overseas Medical Care & Assistance le 11 avril 2026. Depuis cette prise de contact, cette organisation a pris en charge la situation et a coordonné la sortie de la patiente de l’hôpital initial afin de la transférer vers un autre établissement beaucoup moins coûteux. L’organisation a également effectué toutes les démarches nécessaires pour préparer son rapatriement médicalisé vers Maurice. Mercredi, Deewantee a pu rentrer à Maurice, accompagnée du médecin et d’une infirmière spécialisée d’Overseas Medical Care & Assistance.

Médecin de la clinique

Selon les informations recueillies, une clinique privée dispose d’un accord avec une compagnie d’aviation. Celle-ci a délégué l’un de ses médecins, spécialisé en médecine aéronautique. Il est chargé d’évaluer l’aptitude des passagers à voyager par avion, notamment lorsqu’ils nécessitent une assistance médicale spécifique. Toutefois, ce médecin n’est pas employé par la compagnie d’aviation directement. Il relève uniquement de la clinique privée qui l’emploie.

En cas de plainte officielle, celle-ci doit être adressée à la clinique privée afin qu’une enquête interne puisse être initiée.

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