Le bâtisseur du Salon de Mai élevé au rang de CSK
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Le Défi Quotidien
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À 91 ans, le regard de Nyana Pragassa Moorthy Nagalingum pétille toujours de la même passion qui l’animait à ses débuts. Récemment élevé au rang de Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (CSK) pour sa contribution à l’art plastique, cet artiste de peintre accueille cette distinction avec sérénité.
«Je suis très honoré de cette décoration et cela me va droit au cœur », confie-t-il avec humilité.
Bien qu’il ait posé ses pinceaux il y a trois ans, l’artiste n’a pas pour autant déserté son univers créatif : il continue de dessiner. Un prolongement naturel pour cet homme formé dans les années 60 au sein de l’école Shantiniketan de Calcutta, puis à Madras, où il a puisé la rigueur et l’essence de son art.
Après avoir dirigé le département artistique du Queen Elizabeth College, en 1978 il prend la direction de l’école d’art de l’Institut Mahatma Gandhi (MGI). C’est là qu’il donne naissance au célèbre Salon de Mai. « J’ai eu l’occasion de fonder le Salon de Mai car, à l’époque, je voyais que les jeunes n’avaient pas de galerie ou de musée pour exposer leurs tableaux », explique-t-il. Son ambition était claire : créer un rendez-vous annuel pour faire dialoguer les maîtres confirmés et les talents émergents. « Et en même temps, je voulais que les jeunes côtoient les plus grands. »
Avec une œuvre riche de quelque 900 tableaux, Moorthy Nagalingum a exploré l’âme humaine sous toutes ses formes. « Je peins l’homme, tout ce qu’il fait sur terre. L’homme est le penseur de la création, il est le sujet de mes créations », souligne l’artiste.
Pourtant, dans cette vaste collection, deux portraits occupent une place à part : ceux de sir Seewoosagur Ramgoolam et d’Indira Gandhi. Deux chefs-d’œuvre uniques dans son parcours de peintre. « J’ai fait le portrait de Chacha Ramgoolam au crayon alors qu’il avait 82 ans », se souvient-il avec précision. Quant à celui de la Grande dame de l’Inde : « Je l’ai réalisé à partir d’une photo, mais elle me l’a dédicacé lors de sa venue à Maurice, quand elle a rencontré les artistes à Port-Louis. »