Mise à jour January 4, 2026, 4:30 pm

Law and Order et drogue : une préoccupation majeure

Par Le Dimanche /L' Hebdo
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Les commandos du GIPM lors de l’entraînement.

Cambriolages, violences, règlements de comptes, agressions, trafic de drogue… Les faits divers s’enchaînent et nourrissent le sentiment d’insécurité à Maurice. Au-delà des statistiques, c’est tout un équilibre social et moral qui semble se fragiliser. Les autorités se veulent rassurantes, mais l’insécurité revient sur la table. Le Premier ministre Navin Ramgoolam, dans un entretien à TéléPlus le mardi 16 décembre, n’a pas caché son insatisfaction. Les forces de l’ordre multiplient les opérations et les saisies, mais les réseaux criminels s’adaptent, se structurent et se renouvellent, surtout en matière de trafic de drogue.

La situation liée aux stupéfiants demeure l’un des principaux défis sécuritaires du pays. En 2024, la valeur totale des drogues saisies a atteint Rs 1,56 milliard. En 2025, les autorités ont multiplié les coups de filet, dont plusieurs saisies d’envergure. De novembre 2024 à mars 2025, il y a eu 942 arrestations dans 1 076 affaires liées à la drogue. Ces chiffres indiquent à la fois une intensification du travail de la police, mais une persistance inquiétante des réseaux de trafic. L’évolution des modes opératoires : diversification des routes, recours accru aux filières postales, de mules, ou encore la montée en puissance des drogues de synthèse, sont des réalités sur le terrain. Le trafic de drogue demeure une menace persistante, malgré les efforts des autorités.

Coopérations

Pour améliorer la situation en 2026, plusieurs axes se dégagent via la coordination entre la police, l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu), la Mauritius Revenue Authority (MRA) et les services portuaires et postaux. Le but est de permettre une meilleure anticipation des réseaux. La police, la MRA, la Financial Crimes Commission (FCC) mettent l’accent sur la coopération et des échanges d’informations dans la lutte contre la criminalité.

Ensuite, la traque des avoirs criminels constitue un levier majeur. S’attaquer aux finances des réseaux, à travers des enquêtes de blanchiment et des confiscations, permettrait d’affaiblir durablement les structures criminelles. La Financial Crimes Commission (FCC) a multiplié les opérations en ce sens. Des biens d’une valeur de Rs 32 milliards ont été ciblés par des enquêtes de la FCC.

Novembre 2024- décembre 2025

Rs 9,9 milliards de ces biens ont été gelées à la demande de la FCC, depuis la nouvelle direction mise en place après les élections de novembre 2024. Rs 15 millions en argent ont été restituées à l’issue des enquêtes sur les crimes financiers. « Nous travaillons sur nos manquements dans ces domaines et nous deviendrons efficaces », indique Tritudeo Dawoodarry, directeur général par intérim de la FCC. La police de proximité, la visibilité sur le terrain et la coopération avec les citoyens sont des éléments clés pour rassurer et prévenir.

Saisie des biens de suspects

La FCC a établi une liste de priorités pour l’année 2026. La saisie des biens de suspects, soupçonnés de provenir de sources illicites, devrait connaître une intensification en 2026. La FCC est déjà en phase d’établir les procédures nécessaires, avec l’appui de son Asset Recovery Department, pour la saisie de biens suspects. En matière d’éducation et de prévention, la Commission dresse également un calendrier d’activités plus dense pour l’année 2026.

Un autre projet prioritaire de la FCC : le bouclage des enquêtes en cours, notamment les high-profile cases, afin d’acheminer leurs dossiers d’enquête au bureau du directeur des poursuites publiques (DPP) pour décider de la marche à suivre.

En 2025, la Financial Crimes Commission (FCC) a intensifié ses actions dans la lutte contre les crimes financiers, marquant une année riche en activités, en saisies et en coopérations internationales.

Dans son premier bulletin publié le 9 décembre, dans le cadre de la Journée internationale contre la corruption, la FCC a évoqué 1 595 enquêtes, dont 733 encore en cours depuis novembre 2024. Plus de 90 arrestations ont été effectuées. Des biens évalués à Rs 9,9 milliards ont été saisis, dont des véhicules, des maisons et d’autres actifs de luxe. Dans plusieurs enquêtes en cours, des actifs ciblés totalisent jusqu’à Rs 32 milliards, reflétant l’envergure financière de certains dossiers.

Pour 2026, ces actions seront accentuées, affirme-t-on. Sur le volet de la coopération internationale, des accords ont déjà été signés avec la Central Bureau of Investigation (CBI) et l’Enforcement Directorate (ED) en Inde, ainsi que des collaborations avec le FBI, l’UNODC et l’OCDE.

Après avoir sensibilisé plus de 5 000 personnes en 2025 grâce aux campagnes d’éducation et de prévention, cette dynamique devrait se poursuivre. L’objectif est d’inculquer des valeurs aux divers acteurs et dans différents milieux. Des fonctionnaires, des responsables publics et des acteurs privés ont été formés aux bonnes pratiques de transparence et de conformité. Forte d’une année 2025 marquée par d’importantes arrestations et saisies, la Commission entend maintenir et renforcer sa démarche.


Trafic de drogue

Ally Lazer : « Bizin met the right man in the right place »

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drogue

« Prizon ranpli ar konsomater ladrog, si prizon ti ranpli ar vander ladrog mo ti pou al sonn petar », dit Ally Lazer, militant antidrogue au sein de l’Association des travailleurs sociaux de Maurice. Il déplore que durant la campagne électorale, le gouvernement avait fait du combat contre le trafic de drogue une de ses priorités et que la réalité dans le pays est tout autre. « Lane 2025 finn ena enn 'peak' kot ladrog inn fer boukou ravaz, kan pe sezi enn kilo, de kilo ena boukou kilo pe travers a kote, se pou sa zame ena peniri ladrog », déplore Ally Lazer.

Selon lui, ses constats sur le terrain, de manière régulière, confirment ce qu’il avance. « Ladrog pe vande 24/7, koumadir inn gagn patant, dan boukou landrwa koumadir ladrog inn legalize, vander ena patant laba. »

Pour lutter contre ce fléau, Ally Lazer préconise que les organismes chargés de mener ce combat soient apolitiques. « Bokou zenes pe mor, paran pe soufer, pe plor disan, dan dosie konba kont ladrog, fode pa met nomine politik, bizin met the right man in the right place. »

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