Défi Zen

L’art mature de Lekshailee Elliah

Lekshailee Elliah Pour Lekshailee Elliah, la peinture est une échappatoire.

S'il est impossible de la catégoriser avec précision, elle n'en reste pas moins une artiste en devenir. Lekshailee Elliah crée sur des tableaux, des murs, des corps... Rencontre avec cette jeune artiste spontanée et perfectionniste.

Si les feutres pouvaient parler, ils vous diraient que ces créations sortent de l'imagination fertile d'une jeune femme talentueuse. En effet, Lekshailee Elliah, 25 ans, a trouvé le moyen d'exprimer sa passion. Une passion qui remonte à son enfance, dit-elle. Fille unique, lorsqu'elle ne jouait pas seule à la poupée, on la retrouvait souvent le crayon à la main à faire des coloriages. Toujours première dans ses cours de dessin, elle choisit pourtant une carrière en psychologie à l'université. « Je devais gagner ma vie. Lorsque j'étais au collège, ma maman étudiait la psychologie et moi, je fouillais un peu dans ses bouquins. C'est aussi ce qui m'a inspiré dans ce choix de carrière », confie-t-elle.

C'est durant les vacances que Lekshailee renoue avec sa passion pour l'art et reprend son processus de création. « Je décrirais mes créations comme très détaillées. J’adore faire des travaux de lignes très fines, avec beaucoup de détails qui recouvrent une surface. Je peux aussi bouleverser mes habitudes parfois et faire des créations plus urbaines avec un côté street-art et graffiti. » Pour l'artiste, il est tout aussi important de pouvoir se perdre dans ce qu'elle crée. Chaque petit détail lui demande de la concentration et un self-control car dessiner des détails, c'est ne pas avoir droit à l'erreur. « J'aime me perdre, parfois je peux même ne plus entendre la musique qui joue en arrière-plan. » C'est dans ces moments que Lekshailee s'évade.

L’art me procure un sentiment de bien-être, il est thérapeutique, il m’aide à me calmer.»

Son art reste très intuitif. Comme une sorte d’expression aveugle qui ne se dicte pas. « Je suis une personne spontanée et l’art me fait me sentir entière. » Ses inspirations, elle les puise de tout ce qui l'entoure. « Ce sont des recherches sur Internet. Parfois une petite idée pas très concrète peut s'améliorer au fil de mes recherches. »

Que des bienfaits !

Pour Lekshailee, l'art ne se pratique pas, il se ressent. « L’art me procure un sentiment de bien-être, il est thérapeutique, il m’aide à me calmer, à me perdre dans un monde différent et à me concentrer sur le moment présent à 100 %. Quand je peins ou je dessine, je ne peux rien faire d’autre tellement je suis concentrée. L’art m’aide aussi à évacuer des sentiments, il devient alors une échappatoire. »

L'artiste fait ses armes en 2016 à Porlwi by Light. Une des meilleures expériences artistiques de sa vie. Elle peint un mur à Vieux Conseil Road à Port-Louis. Puis, l'année dernière, elle participe à un live painting avec Moris Dime à la State House. « Le but était d’inviter le public à dessiner et peindre avec moi et c’était une superbe expérience. Ça faisait surtout chaud au cœur de voir tant de gens participer, du plus petit au plus grand. » Sans cesse en quête de nouvelles expériences, l'idée lui vient de faire du body-paint. « J'ai commencé par essayer quelques modèles sur moi, puis j'ai invité des amies pour un photoshoot. » Lekshailee est sollicitée pour participer à la soirée Mean-Wild du Backstage. Elle y présente ses œuvres sur trois mannequins.

Son regard ne trompe pas. C'est celui d'une observatrice qui a su trouver son style au fil de ses créations. Bien déterminée à ne pas se reposer sur ses acquis et en quête d'une signature, elle dit pourtant ne pas vouloir faire de l'art pour de l'argent. Elle a d'ailleurs du mal à prendre des commandes. « Je n'aime pas être dictée dans ce que je fais. Je préfère me laisser guider par mon imagination. »

Aujourd’hui, sa plus grande motivation, c’est tout ce petit monde qui la suit sur ses pages Facebook et Instagram. « Je fais tout mon possible pour leur plaire mais je tiens vraiment à garder l’art comme passion et non pas en faire un métier. Je veux continuer à faire ce que j’aime sans que cela ne devienne commercial. Je rêve d’avoir mon propre studio un jour et de faire une exposition. »