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L’Alliance du Changement face aux attentes des Mauriciens

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 15 avril 2026 à 10:58
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khushal farhad
Les députés de la majorité, Khushal Lobine et Farhad Aumeer.

Dans l’émission Au cœur de l’info, animée par Prem Sewpaul, le leader des Nouveaux démocrates, Khushal Lobine, et le député travailliste, Dr Farhad Aumeer ont confronté leurs analyses de l’actualité.

Dans un contexte marqué par une pression sur le coût de la vie et des incertitudes internationales, la question de l’efficacité de l’action gouvernementale s’impose avec acuité. L’émission Au cœur de l’info a ainsi ouvert un espace de confrontation entre deux lectures d’une même réalité : celle d’un pays vulnérable, mais dont les causes et les réponses à apporter divisent profondément.

D’emblée, Khushal Lobine plante le décor en évoquant une situation qu’il qualifie de critique, voire inédite. « La situation est précaire, sans précédent. Tous les économistes s’accordent à dire que Maurice est extrêmement vulnérable », dit-il, en pointant du doigt la dépendance structurelle du pays aux importations. Selon lui, cette fragilité n’est pas seulement conjoncturelle, mais le symptôme d’un modèle économique à bout de souffle.

Dans son analyse, le problème dépasse les crises extérieures. Il appelle à une remise en question fondamentale du système en place. « On ne peut pas continuer avec des stéréotypes économiques. Les méthodes actuelles sont dépassées », insiste-t-il. Pour Khushal Lobine, Maurice reste enfermé dans un modèle hérité de son passé, qu’il décrit comme « un vestige de l’administration des colonisateurs », devenu aujourd’hui inadapté aux réalités contemporaines.

Ce constat l’amène à plaider pour une rupture. « À Maurice, on change de gouvernement, mais on ne change pas le système », déplore-t-il. Il propose de jeter les bases d’une nouvelle vision économique. Celle-ci devrait, selon lui, recentrer les priorités autour de l’humain et de l’écologie, tout en réduisant la dépendance aux agences de notation internationales. La question du coût de la vie vient renforcer son argumentaire. Pour lui, l’absence de changements structurels se traduit directement dans le quotidien des Mauriciens. « La classe moyenne souffre, et il y a une disparité dans le poids des taxes », souligne-t-il, estimant que le système fiscal actuel pèse de manière inéquitable sur la population. Il propose notamment de s’inspirer de modèles étrangers, comme l’Allemagne, en envisageant des mesures temporaires de réduction des taxes pour amortir les chocs économiques.

Négociation et adaptation 

Dans cette logique, il réclame des actions rapides et concrètes.  Il insiste sur la nécessité de protéger l’entrepreneuriat et l’industrie locale afin de renforcer la résilience du pays. À ses yeux, les échéances à venir seront décisives : « 2026 doit être l’année de tous les changements. Sinon, nous allons reproduire les mêmes erreurs ». Face à cette vision de rupture, Dr Farhad Aumeer propose une lecture plus nuancée, ancrée dans les contraintes immédiates auxquelles fait face le gouvernement. Il reconnaît d’emblée la vulnérabilité structurelle de Maurice, tout en soulignant le poids des facteurs externes. « Nous sommes dépendants des importations et confrontés à une situation imprévisible au Moyen-Orient », explique-t-il, évoquant également les incertitudes liées aux grandes puissances mondiales.

Dans ce contexte, il insiste sur la complexité de la gestion économique actuelle.  Il met en avant les mesures déjà prises. Il y a le contrôle des prix pour éviter les abus. Pour lui, il serait réducteur d’attribuer les difficultés uniquement à la conjoncture internationale. 

Dès lors, la priorité, selon lui, réside dans la recherche d’équilibres. Il défend une approche pragmatique basée sur la négociation et l’adaptation.

Répondant au sentiment d’immobilisme évoqué, le Dr Farhad Aumeer appelle à relativiser. Il évoque la confiance des investisseurs. Dans cette optique, les agences de notation jouent, selon lui, un rôle incontournable. « Si nous perdons ces notations, nous perdons la confiance des investisseurs. » C’est ce qui justifie la prudence du gouvernement. Il reconnaît toutefois que cette gestion « sur une corde raide » peut donner une impression d’immobilisme. Au fil des échanges, deux visions se dessinent clairement : l’une, portée par Khushal Lobine, qui appelle à une transformation profonde et immédiate du modèle économique. L’autre, défendue par le Dr Farhad Aumeer, privilégie une gestion progressive et prudente,.

Cette retranscription n’est qu’une partie de l’émission, qui dure deux heures. Elle est disponible sur les plateformes du Défi Media et sur la chaîne YouTube de Téléplus.

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