Lait infantile - Anil Bachoo : «La protection des enfants prime sur les intérêts commerciaux»
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Le ministère de la Santé rappelle que le lait infantile reste accessible dans les hôpitaux publics, tout en limitant la promotion commerciale. La question de l’allaitement maternel et du soutien aux mamans est au cœur du débat à Maurice.
Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, tient à clarifier les récents débats sur le lait infantile. Sur sa page Facebook, il affirme : « Aucun bébé ne se voit refuser du lait. Aucun médecin n’est empêché de prescrire du lait infantile ». Il ajoute que le ministère continue de se procurer du lait pour bébés via des appels d’offres réglementés afin de garantir la qualité et la disponibilité dans les hôpitaux publics.
Le ministre Bachoo précise : « Ce qui a été restreint, c’est la présence de représentants d’entreprises, de matériel de marque et d’activités sponsorisées à l’intérieur des établissements de santé publique ». Selon lui, cette mesure vise à protéger les mères et les bébés et à s’assurer que les conseils médicaux sont basés uniquement sur la science, et non sur l’influence commerciale. « Lorsqu’il s’agit de la santé de nos bébés, mon ministère ne se laissera guider ni par l’influence commerciale, ni par le lobbying, ni par quelque intérêt commercial que ce soit », insiste-t-il.
Anil Bachoo rappelle également que les laits infantiles ont leur utilité lorsqu’ils sont médicalement nécessaires. « Ces produits ont leur utilité lorsqu’ils sont médicalement nécessaires, et personne ne nie cette réalité », fait-il ressortir. Cette décision s’inscrit dans le cadre du Plan d’action national pour l’allaitement maternel 2022-2027 et du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel de l’OMS, afin de protéger les mères et les nourrissons contre toute influence commerciale inappropriée.
Pour le Dr Mansoor Takun, pédiatre, l’allaitement maternel est en déclin à Maurice, avec seulement 20 % de mères pratiquant l’allaitement. Selon lui, la hausse des césariennes, dépassant 60 % des naissances, complique la mise au sein. Il déplore aussi le manque de suivi postnatal et les difficultés rencontrées pour allaiter sur le lieu de travail ou dans les espaces publics. « Le pays n’est pas ‘breastfeeding friendly’ », note-t-il. Le pédiatre plaide pour une approche globale afin d’encourager l’allaitement, tout en reconnaissant les bienfaits du lait infantile dans certaines situations.
Bina Bonomaully, conseillère en allaitement, souligne que les nouvelles mamans sont généralement bien informées des bénéfices du lait maternel. « Allaiter au sein est une décision personnelle de la maman », dit-elle, rappelant que le soutien familial et professionnel est crucial pour poursuivre l’allaitement au-delà des premiers mois.
Anil Bachoo conclut en affirmant que le ministère privilégiera toujours la protection des enfants plutôt que les intérêts commerciaux : « La protection de nos enfants primera toujours sur la protection des intérêts commerciaux ».