L’Acim plaide pour une révision des subventions universelles
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Pour Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consom-mateurs de l’île Maurice (Acim), la question n’est pas seulement celle de la hausse des prix. C’est celle d’un système de subventions structurellement mal orienté. Le constat de l’Acim est simple : les subventions sur le riz, le gaz ménager et la farine bénéficient à tout le monde, y compris à ceux qui n’en ont pas besoin : « Ceux qui ont des revenus élevés bénéficient de ces subventions croisées au même titre que les plus vulnérables. »
Résultat : une manne publique censée protéger les plus faibles se dilue sur l’ensemble de la population, sans ciblage ni efficacité réelle. « Les subventions universelles perpétuent les inégalités », tranche-t-il.
La solution qu’il préconise est claire : revoir la répartition de ces subventions pour les concentrer sur ceux qui en ont le plus besoin, plutôt que de les saupoudrer uniformément. Un redéploiement qui ne coûterait pas nécessairement plus cher à l’État, mais qui protégerait bien mieux les ménages les plus fragiles.
Les récentes hausses de prix illustrent concrètement cette inégalité de traitement. La hausse du carburant ne concerne que ceux qui possèdent un véhicule, avance-t-il. Celle du gaz ménager touche toutes les familles sans distinction. Celle du pain pèsera davantage sur les familles nombreuses. « D’une manière ou d’une autre, cela va peser lourd dans le budget mensuel de tout un chacun », reconnaît Jayen Chellum, mais pas de la même façon, selon les revenus.
Ceux qui se situent en haut de l’échelle sociale n’ont pas besoin de subventions pour absorber ces hausses. Ceux qui figurent sur le Social Registry bénéficient d’un filet de sécurité. Reste une catégorie entre les deux : la classe moyenne, qui ne reçoit aucune aide de l’État et subit de plein fouet l’effet domino des augmentations successives. « Avec les différentes augmentations, ceux de la classe moyenne qui ne reçoivent pas les aides de l’État connaissent une perte du pouvoir d’achat », déplore le secrétaire général de l’Acim.
Cette érosion, prévient-il, n’est pas conjoncturelle. Elle est durable et elle touche non seulement la classe moyenne, mais aussi ceux qui se trouvent au bas de l’échelle, même parmi les bénéficiaires de l’aide de l’État, pour qui les compensations restent insuffisantes face à la rapidité des hausses.