L’accord sur les Chagos « impossible to agree at political level », affirme Stephen Doughty
Par
Shaïmaa Kurmally
Par
Shaïmaa Kurmally
L’accord sur les Chagos est désormais « impossible à conclure au niveau politique », a déclaré Stephen Doughty, ministre d’État à l’Europe, à l’Amérique du Nord et aux Territoires d’outre-mer. Le projet de loi correspondant ne pourra pas compléter son passage au Parlement britannique. C'est ce que rapporte le journal The Guardian, lundi.
S’exprimant devant la Chambre des communes, il a indiqué que l’accord avec Maurice avait initialement été négocié en étroite coordination avec les États-Unis. Toutefois, la position de Donald Trump « semble avoir changé ».
Le gouvernement britannique a ainsi été contraint de mettre en suspens sa législation visant à restituer les Chagos à Maurice, après le retrait du soutien américain.
Dans le cadre de cet accord, le Royaume-Uni devait céder la souveraineté des îles Chagos à Maurice, tout en louant l’île de Diego Garcia — où se trouve une base militaire conjointe américano-britannique — pour une durée de 99 ans afin d’assurer la poursuite des opérations.
Stephen Doughty a rappelé que Donald Trump avait initialement qualifié le traité de « très solide et puissant », précisant que le document avait été examiné à tous les niveaux du système américain sous deux administrations et jugé robuste.
Cependant, avec le retrait du soutien des États-Unis, il est devenu impossible de mettre à jour l’accord de 1966 entre le Royaume-Uni et les États-Unis, connu sous le nom d’« échange de notes », concernant l’utilisation des territoires britanniques de l’océan Indien à des fins de défense.
Le ministre a souligné que cette mise à jour était indispensable pour ratifier le traité. En conséquence, le projet de loi sur Diego Garcia ne pourra pas être adopté au cours de cette session parlementaire.
Il a toutefois affirmé que le gouvernement britannique reste convaincu que cet accord demeure le meilleur moyen de garantir le fonctionnement de la base militaire à long terme, au bénéfice du Royaume-Uni et de ses alliés.
Ce revers intervient dans un contexte de détérioration des relations entre Londres et Washington, notamment après les critiques de Donald Trump à l’encontre du Premier ministre Keir Starmer sur sa position concernant la guerre en Iran.
Stephen Doughty a ajouté que ce retard serait une mauvaise nouvelle pour de nombreux Chagossiens, qui considèrent cet accord comme le seul moyen viable de permettre un programme durable de réinstallation sous la responsabilité de Maurice.
Source : The Guardian