La viande bovine Rs 20 en plus sur le demi-kilo dès lundi
Par
Eshan Dinally
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Eshan Dinally
Les bouchers paieront Rs 20 de plus par demi-kilo à partir du lundi 13 avril. Une augmentation qui sera bien évidemment passée aux consommateurs. SOCOVIA attribue cette hausse à la fermeture du marché sud-africain, à un approvisionnement plus coûteux en Namibie, à un fret plus élevé et à la hausse du prix du bétail sur d’autres marchés.
Les bouchers vont payer Rs 20 plus cher par demi-kilo à partir de lundi 13 avril. SOCOVIA, principal importateur de viande bovine, augmentera le prix livré aux professionnels, le demi-kilo passant de Rs 190 à Rs 210. Selon l’entreprise, cette hausse concerne la nouvelle cargaison, l’ancien stock s’étant épuisé cette semaine. Au marché central, selon des bouchers, cette augmentation sera définitivement passée aux consommateurs.
Interrogé par Le Défi Plus sur le fondement de cette augmentation, Fadil Surally, responsable de SOCOVIA, évoque une hausse « substantielle des coûts à l’importation ». Il avance trois éléments : la fermeture du marché sud-africain en raison d’une interdiction liée à une épidémie, le coût plus élevé de la nouvelle filière en Namibie, ainsi que l’augmentation du fret et du prix du bétail sur certains marchés.
SOCOVIA indique avoir dû se tourner vers la Namibie après la fermeture du marché sud-africain en raison de l’épidémie de fièvre aphteuse. « Nous avons prospecté plusieurs marchés dont le Brésil, l’Argentine et nous sommes arrêtés sur la Namibie en raison de la qualité de ses bœufs et du prix », explique Fadil Surally.
Selon lui, cette réorientation a nécessité une nouvelle organisation. « Ce pays n’exporte pas de bœufs sur pattes. Il se concentre sur l’exportation de viande bovine. Nous avons dû compter sur un de nos consultants en Afrique du Sud et sur le ministère de l’Agro-industrie, surtout le département vétérinaire, pour réussir », dit-il.
L’entreprise affirme avoir dépêché, depuis deux mois, un responsable en Namibie chargé de suivre la sélection et la préparation des animaux avant leur acheminement. Celui-ci parcourt les fermes afin de sélectionner les bêtes. Fadil Surally ajoute : « Il doit acheminer ces bœufs vers l’endroit utilisé comme quarantaine. En même temps, il doit commander nourriture, vaccin et médicaments entre autres de l’Afrique du Sud pour bien les préparer pour qu’ils soient prêts pour le voyage ».
Selon les calculs de SOCOVIA l’approvisionnement de Namibie représente une hausse d’environ 35 % des frais de préparation par rapport à l’Afrique du Sud.
SOCOVIA met également en cause l’allongement significatif du trajet maritime. Selon l’entreprise, l’acheminement depuis l’Afrique du Sud prenait environ cinq jours, contre 11 jours depuis la Namibie. « Entre l’Afrique du Sud et Maurice, le voyage dure cinq jours en mer. Depuis la Namibie, on passe à 11 jours. Forcément, les coûts augmentent — de l’ordre de 20 % », explique Fadil Surally.
SOCOVIA précise avoir anticipé cette hausse en réservant à l’avance deux navires pour le mois de mars 2026, ce qui a permis d’en atténuer l’impact à court terme. En revanche, l’entreprise avertit que les cargaisons prévues après avril 2026 devraient subir une augmentation plus marquée des coûts de fret.
SOCOVIA pointe également le Kenya comme un facteur contributif à la hausse des prix. Selon l’entreprise, la sécheresse persistante y a fortement affecté le cheptel, réduisant la disponibilité d’animaux répondant aux critères exigés par le marché mauricien. « Dans de telles conditions, les animaux perdent du poids et il devient très difficile de trouver des bêtes correspondant aux goûts des Mauriciens. Nous avons dû nous approvisionner dans les régions les moins touchées par la sécheresse », explique Fadil Surally. Cette raréfaction de l’offre a entraîné une augmentation des prix estimée à environ 25 %.
La hausse annoncée touche d’abord les bouchers. Mais sur le terrain, beaucoup s’attendent déjà à ce qu’elle se répercute rapidement sur les étals.