La SBM Bank explique la mise sous administration judiciaire du groupe Evaco
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Evaco Ltd, un des leaders du secteur immobilier mauricien, a été mise sous administration judiciaire la semaine dernière à cause d’une créance d’environ Rs 2,4 milliards auprès de la banque SBM. Les Receivers and Managers Mushtaq Oosman et John Chung explorent les différentes options pour permettre à la compagnie de survivre et préserver les quelque 350 emplois.
Dans ce paysage de crise, la SBM Bank (Mauritius) Ltd, le principal partenaire financier du promoteur, brise le silence. À la suite de la diffusion de nombreuses informations dans les médias au sujet du groupe Evaco et de ses projets immobiliers, la banque a souhaité apporter des précisions sur sa décision d’engager, elle aussi, une procédure de receivership. C’est peu après la Silver Bank auprès de qui Evaco a contracté des emprunts de Rs 268,5 millions.
Pour la SBM Bank, sa demande de mise sous administration judiciaire n’est pas le fruit d’une réaction impulsive, mais l’aboutissement d’une stratégie de surveillance rigoureuse. La direction de l’établissement précise que la décision de placer la compagnie Evaco en receivership est « intervenue à l’issue d’un processus rigoureux d’évaluation, au cours duquel différentes options ont été examinées avec attention ». L’effondrement financier du groupe ne semble pas avoir pris la banque au dépourvu. « Depuis l’année dernière, la SBM Bank a mis en œuvre les mesures nécessaires pour suivre ce dossier et anticiper son évolution. »
Dans son communiqué, la banque insiste sur le fait qu’elle a « veillé à préserver la solidité de son bilan et à protéger les dépôts qui lui sont confiés dans le respect des intérêts des parties concernées ». Face à une exposition financière colossale — la SBM Bank réclamant à elle seule des emprunts totalisant environ Rs 2,4 milliards, dont certaines échéances courent jusqu’en 2030 —, la mise sous administration judiciaire apparaît comme l’ultime levier de protection pour les déposants de la banque.
Pour couper court aux critiques, la banque indique que la gestion de cette crise s’opère dans le cadre légal de ses activités courantes. Elle entretient ses relations d’affaires avec différents opérateurs économiques « dans le strict respect de la réglementation en vigueur ainsi que des procédures internes de gouvernance, de gestion des risques et de conformité de la banque ». La SBM Bank explique que les décisions prises à ce jour « l’ont été dans le respect des obligations contractuelles, des exigences réglementaires et des bonnes pratiques bancaires ».
Néanmoins, l’exercice de transparence de la SBM Bank se heurte rapidement aux limites du secret bancaire. L’établissement a des « obligations strictes de confidentialité ». Ces barrières juridiques « ne lui permettent pas de commenter certains aspects spécifiques de ses relations avec ses clients ou partenaires commerciaux ».
Au-delà des cercles financiers, c’est le sort des acheteurs de biens immobiliers qui suscite de vives inquiétudes à Maurice.
Consciente du trouble jeté sur le marché, la SBM Bank se dit « consciente des préoccupations que cette situation peut susciter auprès des acquéreurs de biens immobiliers liés aux projets du groupe Evaco ». Pour tenter de rassurer, elle demeure « attentive à l’évolution du dossier et examine les solutions envisageables, dans le cadre de ses responsabilités et des contraintes légales et réglementaires applicables ».
Toutefois, aucune garantie concrète ne peut être formulée à ce stade. « Il est à ce stade prématuré de se prononcer sur d’éventuelles mesures spécifiques. » Elle s’engage simplement à continuer « d’agir de manière responsable et constructive, dans le respect des intérêts des parties concernées, y compris ses déposants ».
La SBM Bank « rejette toute spéculation ou allégation non fondée mettant en cause l’intégrité de ses processus de gouvernance ou de ses équipes ».