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La reconnaissance des LGBT réclamée dans les manifestes électoraux

lgbt Les participants ont défilé dans les rues de Port-Louis, samedi.

Les représentants de la communauté LGBT ont tenu leur marche pour l’égalité annuelle à Port-Louis, samedi après-midi. Le signal a été fort et droit au but : la reconnaissance des LGBT dans les manifestes électoraux des partis politiques qui brigueront les prochains suffrages universels.

La marche, plutôt singulière cette année, a été témoin de la présence de plusieurs représentants du corps diplomatique. La force policière a, comme attendu, déployé les grands moyens afin de sécuriser la zone de la marche.

C’est en scandant « Nous sommes fiers d’être Mauriciens », « Mo pou la, nou pou la, mo bizin mo drwa », « Bizin sanz seksion 282 », ou encore « Bizin sanz seksion 250 », que les représentants de la communauté des LGBT ont manifesté dans les artères de la capitale. Une manifestation surveillée de près par des policiers en civil ou en uniforme, des drones, des officiers du Groupement d’intervention de la police mauricienne (GIPM) et de la Special Mobile Force (SMF), mais également par une vingtaine de gros bras, afin d’éviter que des opposants viennent perturber le bon déroulement de la marche. Quatre voies principales de Port-Louis ont été mobilisées pour l’occasion : les rues La Chaussée, Edith Cavell, Mère Barthèlemy et La Poudrière.

Peu après la tenue de la marche, qui a duré près d’une heure, Anais Boullé, présidente du collectif arc-en-ciel a pris la parole. Elle a été droit au but dans ses propos. « Nous sommes en 2019 et nous vivons dans un état démocratique régi par une Constitution et des lois. Certaines lois, datant de l’ère coloniale, font obstacle à notre vivre ensemble. Reconnaissez la minorité LGBT dans vos manifestes électoraux. Libérez tous les êtres humains de certaines de ces lois coloniales », a-t-elle demandé. Nicolas Ritter, le fondateur du Collectif arc-en-ciel, était également présent.

« De mémoire d’activiste, ça fait très longtemps que je n’ai pas vu autant de personnes participer à la marche du Collectif arc-en-ciel. Cela démontre que les Mauriciens sont vraiment pour les droits égaux pour tous. Il faut que les lois évoluent. Il faut que l’article 250 soit abrogé et l’article 282 abrogé et modifié », a ajouté Nicolas Ritter. « La lutte contre la discrimination, l’égalité et la liberté d’expression sont des valeurs fondamentales de l’Union européenne », a, pour sa part, fait ressortir Marjaana Sall, ambassadrice de l’UE à Maurice. Dans son intervention, Emmanuel Cohet, l’ambassadeur de France à Maurice, a, lui, expliqué que sa présence à la marche visait à démontrer sa solidarité contre toutes les formes de discrimination et pour la liberté d’expression.

Les militants écologistes Yan Hookoomsing et Carina Gounden, et la chanteuse Jane Constance étaient également parmi ceux présents lors de la marche. Yuri Rajoo, l’un des participants de la marche, s’est dit ravi de son bon déroulement cette année. « L’événement de l’année dernière s’est déroulé dans la tristesse en raison de la contre-manifestation. Chose qui est dommage. Mais nous sommes tous Mauriciens et nous sommes là pour célébrer l’amour avant tout », a ajouté Céline Huggett.

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Les ambassadeurs présents pour la marche: Keith Allen (Grande-Bretagne), Marjaana Sall (Union Européenne) et Emmanuel Cohet (France).

Deux perturbateurs arrêtés par la police

Deux contre-manifestants de la marche pour les droits de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) ont été arrêtés pendant cette marche dans les rues de la capitale, dans l’après-midi du samedi 15 juin. Ravi R., 43 ans, et Jason Christopher M., 23 ans, ont été épinglés par les hommes des inspecteurs Seewoo et Jeean, de l’Anti Robbery Squad (ARS) de la Special Support Unit (SSU) et du National Security Service (NSS).

Lors de leur apparition au Jardin de la Compagnie, l’un des suspects avait en sa possession un porte-voix. Son présumé complice avait, quant à lui, une feuille de papier sur laquelle il y avait des inscriptions en vue de propager leur message à l’encontre de la communauté LGBT. Les suspects ont affirmé qu’ils condamnaient la communauté LGBT. Et soutiennent que, tout comme les manifestants pro-LGBT, ils avaient eux aussi l’intention de faire entendre leur voix. Les policiers ont alors expliqué aux deux contre-manifestants qu’ils avaient enfreint la loi en utilisant un porte-voix.

Leur appareil a été saisi comme pièce à conviction aux fins d’enquête. Un passeport, soupçonné d’appartenir à l’un des manifestants, a aussi été saisi.

Les deux habitants de Beau-Bassin feront désormais l’objet d’une enquête concernant le délit de « using a loudhailer in a public place without due autorisation from the Commissionner of police ».

Ce dimanche 16 juin, ils seront traduits en cour.

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